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Soudan du Sud : une crise en crescendo

Sabah Sabet avec agences, Mardi, 31 décembre 2013

Malgré les tentatives de médiation entre les parties en conflit au Soudan du Sud, les combats se poursuivent et risquent de s'intensifier.

Alors que les efforts de médiation pour éviter la guerre civile piétinent, la tension devient de plus en plus palpable au Soudan du Sud. L’Onu a exprimé dimanche son inquiétude d’un possible « bain de sang » face à l’avancée d’un groupe de miliciens connu pour sa brutalité vers la ville de Bor, la capitale de l’Etat du Jonglei. Pour sa part, Juba a accusé samedi l’ex-vice-président Riek Machar de mobiliser jusqu’à 25 000 jeunes miliciens de l’ethnie Lou Nuer, membres, selon lui, d’un groupe surnommé « l’Armée blanche », prêts à « attaquer à n’importe quel moment » dans le Jonglei (est).

Le porte-parole des rebelles Moses Ruai Lat n’a pas démenti la présence de forces hostiles au gouvernement dans l’Etat. Il a cependant affirmé qu’il ne s’agissait pas de Lou Nuer mobilisés par Riek Machar mais de soldats de l’armée qui ont décidé de se retourner d’eux-mêmes contre le gouvernement. En fait, au milieu de ces échanges d’accusations, les pays voisins ont essayé de réagir par des tentatives de médiation et ont demandé un arrêt de la violence, une perspective qui paraît aujourd’hui bien lointaine. Le gouvernement sud-soudanais a, lui, proposé samedi un cessez-le-feu, et a menacé les rebelles de représailles s’ils n’acceptent pas.

Le 15 décembre, des combats alimentés par une rivalité entre le président Salva Kiir et son ex-vice-président, Reik Machar, se sont transformés en un conflit ethnique. En effet, la rivalité entre Kiir et Machar utilise et exacerbe les différends ethniques entre Dinka, tribu du premier, et les Nuer, celle du second.

Des informations émergent désormais sur des violences entre communautés : meurtres, viols et massacres. Le bilan est déjà de plusieurs milliers de morts et l’Onu a annoncé la découverte d’au moins un charnier. Plus de 120 000 personnes ont été déplacées. En outre, au-delà des dirigeants régionaux, d’autres pays s’activent pour tenter d’enrayer la crise. Les Etats-Unis, parrains de l’indépendance du Soudan du Sud et leur principal soutien, ont dépêché un envoyé et la Chine, qui possède des intérêts dans le secteur pétrolier sud-soudanais, a annoncé l’envoi d’un émissaire.

Débordée aux premiers jours des combats, l’Onu a décidé de doubler à 12 500 ses Casques bleus et d’envoyer des moyens aériens supplémentaires pour mieux protéger les civils. Les renforts ont commencé à arriver au compte-goutte. « Toutes les violences, attaques et violations des droits de l’homme doivent cesser immédiatement », a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon. Et d’ajouter : « Les responsables (des exactions) devront répondre de leurs actes » .

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