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Israël-Palestine Comme un air de déjà-vu

Maha Salem , (avec Agences) , Mercredi, 13 avril 2022

Après quatre attaques en Israël, l’armée israélienne a mené plusieurs opérations dans le camp palestinien de Jénine. Un climat de tension plane sur les territoires occupés.

Les opérations menées par l’armée israélienne à Jénine ont fait au moi
Les opérations menées par l’armée israélienne à Jénine ont fait au moins un mort. 24 Palestiniens ont été en outre arrêtés.(Photo : AFP)

Considéré comme bastion des factions palestiniennes armées, selon l’armée israélienne, le camp de Jénine, en Cisjordanie occupée, est depuis vendredi dernier la cible d’opérations militaires et de raids israéliens quotidiens. Pour l’armée israélienne, ces factions sont l’origine des auteurs de récentes attaques meurtrières à Tel-Aviv. L’armée s’est aussi déployée dans d’autres secteurs de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël. Et pour hausser le ton, Israël a annoncé une série de mesures afin de resserrer l’étau sur le secteur de Jénine, en fermant notamment les points de passage israéliens se rendant à cette ville, en limitant les entrées et les sorties de la ville et en « multipliant » les contrôles de sécurité sur place. Le ministère palestinien de la Santé a fait état d’un mort et de dix blessés palestiniens, dont trois à Jénine et quatre à Tulkarem, et le club des prisonniers palestiniens a recensé 24 arrestations par les forces israéliennes.

Depuis le 22 mars, quatre attaques ont eu lieu en Israël, les deux premières perpétrées par des Arabes israéliens Daech et les deux dernières par des Palestiniens originaires du secteur de Jénine, un bastion historique des factions palestiniennes armées. Ces attaques ont fait 14 morts et des dizaines de blessés israéliens. La dernière attaque en date, jeudi 7 avril, en plein coeur de la métropole Tel-Aviv, a fait trois morts israéliens et une dizaine de blessés. L’attaque de Tel-Aviv avait été saluée par les mouvements palestiniens islamistes armés, le Djihad islamique et le Hamas, mais condamnée par le président palestinien, Mahmoud Abbas, qui est aussi le chef du parti laïc Fatah. Le lendemain, le premier ministre israélien, Naftali Bennett, a indiqué avoir donné carte blanche aux forces de sécurité pour agir après cette série d’attaques.

Le Ramadan, un mois à haut risque

« Pour Israël, c’est un lourd bilan, le gouvernement va donc accentuer la pression et mener des opérations fortes, d’autant plus que c’est le premier grand défi qu’il affronte. Et on peut s’attendre à une escalade, mais légère, car le Hamas ne veut pas d’une nouvelle confrontation. Israël va cependant augmenter la pression durant tout le mois du Ramadan », estime Dr Tarek Fahmy, politologue et professeur de sciences politiques à l’Université américaine du Caire.

En 2021, des heurts entre Palestiniens et policiers israéliens en marge des rassemblements du Ramadan à Jérusalem-Est, territoire occupé depuis 1967 par Israël, avaient conduit à une guerre de 11 jours entre le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, et l’armée israélienne. « Comme chaque Ramadan, des affrontements ont lieu entre Palestiniens et Israéliens car chaque soir, des dizaines de milliers de fidèles se rassemblent sur l’esplanade des Mosquées de Jérusalem pour les Tarawih, prières nocturnes spécifiques au mois du Ramadan. Après ces dernières, des Palestiniens manifestent contre l’occupation israélienne. Autre raison derrière le déclenchement de ces attaques, les deux réunions qui ont groupé les leaders arabes et israéliens à Charm Al-Cheikh et au Néguev. Ces deux réunions ont provoqué la colère des Palestiniens qui voient leur question négligée par la communauté internationale », explique Dr Tarek Fahmy, tout en ajoutant que « ces attaques sont alimentées par le Hamas et le Djihad islamique pour pouvoir attirer de nouveaux membres, recevoir de nouveaux fonds et attirer l’attention aux Palestiniens sur leur cause. Mais, il faut noter que le président palestinien Abbas a condamné l’attaque, après un appel téléphonique de Washington. En plus, au cours de la dernière semaine, les président et ministre de la Défense israéliens se sont rendus en Jordanie pour discuter avec le roi Abdallah II qui a, lui, rencontré à Ramallah le président palestinien ».

Depuis la guerre de mai 2021, les tirs de roquettes depuis Gaza ont chuté drastiquement et le nouveau gouvernement israélien a augmenté le nombre de permis de travail en Israël pour les Palestiniens de ce territoire sous blocus israélien et au chômage avoisinant les 50%. La semaine dernière, le gouvernement a annoncé faire passer le nombre de permis de 12000 à 20 000, dans l’espoir de redonner un souffle économique à Gaza, mais aussi de pousser le Hamas à éviter une nouvelle confrontation. Implanté en Cisjordanie occupée, le Djihad islamique compte aussi des milliers de membres dans la bande de Gaza sans toutefois gérer le gouvernement local sous le contrôle du Hamas. Si Israël mène de nouvelles opérations, cela risque de mener à une escalade militaire, mais avec le Djihad islamique .

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