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Iraq: Le spectre de Daech plane de nouveau

Sabah Sabet avec agences, Dimanche, 31 mai 2020

Trois ans après sa défaite, Daech tente de refaire surface en Iraq.Les autorités ont lancé une opération militaire pour faire face à l’organisation terroriste.

Iraq:

Officiellement vaincu en 2017, le groupe terroriste Daech tente un retour en Iraq, où plusieurs attaques signées Daech ont eu lieu ces dernières semaines. Pour faire face à la menace avant qu’elle ne prenne de l’ampleur, Bagdad a lancé une nouvelle opération militaire, « Les Lions d’Al-Jazeera », dimanche 17 mai, avec l'objectif de pourchasser les membres de ce groupe djihadiste. Dans le cadre de cette opération menée dans trois provinces (Al-Anbar, Ninive et de Salaheddine jusqu’aux frontières internationales avec la Syrie), les forces iraqiennes ont pu tuer 14 djihadistes et arrêter 7 autres. Cette offensive intervient alors que Daech tente dernièrement de refaire surface en Iraq, avec une succession d’attaques meurtrières. Vendredi 15 mai, les militants extrémistes de Daech ont mené une attaque à la zone de Jillam, près de la ville de Samarra, à quelque 120 km au nord de Bagdad, tuant 6 membres d’une seule famille et blessant 8 autres. Début mai, dans la province de Salaheddine, une autre attaque a tué 10 combattants du Hachd Al-Chaabi, les Forces de mobilisation populaire (PMF), une coalition paramilitaire chiite récemment intégrée aux Forces de sécurité iraqiennes (ISF). Il s’agissait de l’action la plus meurtrière depuis des années en Iraq, un pays où la situation sécuritaire s’était nettement améliorée depuis que les forces de sécurité sont venues à bout de Daech à travers le pays fin 2017.

Mais pourquoi Daech réapparaît-il maintenant? Souffrant de manque de sources financières, Daech a profité de la pandémie de coronavirus, qui présente une crise globale, pour tenter de remonter en puissance et multiplier les attaques, exploitant le vide sécuritaire et le retrait de la coalition internationale. Même si, selon plusieurs analystes, ces attaques en hausse sont la suite du « changement de stratégie » qui dure depuis 2019, il est possible de dire que le coronavirus et d’autres crises politiques et économiques ont facilité la tâche à Daech. Car l’Iraq est traversé par une crise politique due à la contestation populaire face à la mauvaise situation économique, surtout avec la chute du prix du pétrole qui est catastrophique pour les finances fédérales du pays. Bien qu’un premier ministre ait été nommé et qu’un gouvernement durable ait été formé, la contestation populaire se poursuit, offrant un terrain fertile à Daech. Ce dernier tente de refaire surface pas seulement en Iraq, mais aussi en Syrie. Rarement depuis trois ans, l’Iraq et la Syrie n’avaient connu de telles attaques. Or, depuis la perte de ses territoires, Daech aurait reconstitué des cellules clandestines terrées dans des zones montagneuses ou désertiques et cachées dans des tunnels. Entre 2500 et 3000 hommes circuleraient dans la zone entre l’Iraq et la Syrie. Les extrémistes profitent du désordre dans cette vaste région et des mesures de confinement pour mieux étendre leur ancrage local. Pourtant, selon les analystes, Daech ne peut pas retrouver sa force.

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