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En Somalie, la menace Shebab persiste toujours

Sabah Sabet avec agences, Mardi, 30 juillet 2019

A un mois des élections présidentielle et locales en Somalie, le mouvement terroriste Shebab est revenu à la charge en attaquant un hôtel au sud du pays.

26 personnes ont été tuées et 56 autres bles­sées dans une attaque par les militants extré­mistes Shebab, visant un hôtel de la ville portuaire de Kismayo, dans le sud de la Somalie, au terme d’un siège qui a duré près de 12 heures, commençant vendredi 12 juillet et prenant fin le lendemain matin. Parmi les tués figurent des étrangers: 3 Kényans, une journaliste canado-somalienne, dont la mort a provoqué une vive émotion, un Britannique, 2 Américains et 3 Tanzaniens. Il y a aussi 2 citoyens chinois blessés, a déclaré, en confé­rence de presse, Ahmed Madobe, président de la région semi-autonome du Jubaland.

L’attaque a commencé vendredi en fin d’après-midi, quand un véhicule piégé a explosé à l’entrée du Medina, un hôtel très fréquenté du centre de Kismayo, selon des sources sécuritaires. Des hommes armés ont ensuite pénétré dans le bâtiment, où ils ont affronté les forces de sécurité présentes. Les Shebab, qui ont revendiqué l’assaut, ont reproduit là un schéma qu’ils ont l’habitude d’utiliser dans la capitale Mogadiscio. Le siège s’est terminé samedi 13 juillet en début de matinée. « Les forces de sécurité ont maintenant le contrôle (de l’hôtel), le dernier terroriste a été tué », a déclaré à l’AFP un responsable local de la sécurité, Abdiweli Mohamed. « Nous pensons que 4 hommes armés étaient impliqués dans l’attaque, et le bilan pourrait s’aggraver », a-t-il précisé. Un autre responsable sécuritaire, Abdi Dhuhul, avait confirmé vendredi soir, auprès de l’AFP, la mort d’un ancien ministre de l’Administration locale et d’un député. Selon plusieurs sources locales, l’hôtel abritait sur­tout des hommes d’affaires et des hommes politiques qui étaient en ville pour la prépara­tion de l’élection du président du Jubaland, prévue fin août.

Les Shebab, qui ont à plusieurs reprises mené ce type d’opérations à Mogadiscio, ont revendiqué, dans un communiqué, l’attaque contre les « officiels apostats de l’adminis­tration du Jubaland ». Chassés de Mogadiscio en 2011, les Shebab ont ensuite perdu l’es­sentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales, d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécu­ritaires ou civils. Affiliés à Al-Qaëda, ils ont juré la perte du gouvernement somalien, sou­tenu par la communauté internationale et par les 20000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Les régions du Jubaland et du Kismayo avaient été, pen­dant quatre ans, à partir de 2008, une place forte des Shebab, qui tiraient de substantiels revenus du port. La ville avait été reprise en 2012 par des milices locales épaulées par les forces kényanes. Le port, situé à environ 500 km au sud-ouest de Mogadiscio, et la région du Jubaland alentour sont désormais dirigés par un gouvernement local affilié aux autori­tés fédérales somaliennes. Après avoir perdu le contrôle du Kismayo, les Shebab avaient continué à lancer des attaques contre l’armée somalienne et les forces de l’Amisom dans la région. Mais c’est la première fois qu’ils mènent une telle opération dans la ville. Une attaque, selon les analystes, visant à trans­mettre un message menaçant à quelques semaines d'une élection présidentielle prévue en août. Bien que le gouvernement somalien jouisse du soutien international et africain, il n’a pas pu empêcher la menace de ce groupe extrémiste

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