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Khaled Al-Torgoman : Nous nous attendons à ce que le blocus contre les armes soit levé

Osman Fekri, Mardi, 30 avril 2019

Khaled Al-Torgoman, président du Groupe de travail national libyen et ancien conseiller du président du parlement de Tobrouk, explique que l’offensive lancée par le maréchal Khalifa Haftar est destinée à combattre les milices armées et les groupes terroristes présents à Tripoli. Il estime que l’Armée Nationale Libyenne (ANL) va bientôt contrôler l’ensemble du territoire libyen.

Khaled Al-Torgoman

Al-Ahram Hebdo : Tout d’abord, pouvez-vous nous dire précisément ce qui se passe actuellement sur le terrain ?

Khaled Al-Torgoman : L’opération militaire lancée pour libérer la capitale Tripoli des milices armées et pour lutter contre le terrorisme se tient conformément aux critères internationaux. Elle a été lancée contre les éléments terroristes qui contrôlent Tripoli depuis des années et elle se poursuivra jusqu’à ce qu’elle atteigne son objectif. L’Armée Nationale Libyenne (ANL) a déjà enregistré des succès contre les milices armées, elle est capable de répondre à toute action menée par les groupes terroristes. Ce qui se passe aujourd’hui à Tripoli est la dernière étape de la fin du contrôle des milices armées sur l’ensemble du territoire. Le maréchal Khalifa Haftar a promis qu’il libérerait toute la Libye du terrorisme.

— Pourtant, certains médias avancent des informations d’un tout autre genre …

— Il existe, en effet, des médias contrôlés par les Frères musulmans qui lancent des rumeurs et de fausses informations. Et ce n’est pas nouveau. Cela s’est déjà fait à l’époque de la bataille de Derna, et après la libération de la ville, la vérité a éclaté au grand jour.

— Pensez-vous que l’ANL soit en mesure de sécuriser l’ensemble du territoire libyen ?

— Oui, bien sûr. L’ANL a fait des miracles au cours de ces dernières années. D’abord, il a été possible de reconstruire une armée alors qu’elle a commencé avec 310 hommes autour du maréchal Haftar contre plus de 30 000 membres de différentes milices présentes dans l’est du pays. L’ANL a pu libérer Benghazi, le croissant pétrolier, Ajdabiya, Derna où pullulaient les terroristes, et d’autres régions. Elle a aussi libérer le sud des mercenaires étrangers. Et, aujourd’hui, elle encercle la capitale et avance avec précaution pour défendre les civils. Tout cela, alors que l’embargo sur les armes se poursuit et que le Qatar et la Turquie, eux, arment les milices.

— Qu’attendez-vous aujourd’hui de la communauté internationale ? Que peut-elle faire ?

— Maintenant qu’il est clair pour tous à qui on a affaire, que ce sont des milices armées terroristes, nous nous attendons à ce que le blocus contre les armes soit levé pour que nous puissions combattre le terrorisme. Et ce, d’autant plus que le Qatar et la Turquie fournissent des armes aux groupes armés.

— Et comment voyez-vous le rôle de l’Egypte, qui vient d’accueillir un sommet sur la Libye, dans le règlement de la crise libyenne ?

— L’Egypte s’est toujours tenue à nos côtés, elle n’a jamais lésiné sur les efforts destinés à aider la Libye et les Libyens, son rôle ne se limite pas au sommet qu’elle a présidé la semaine dernière au Caire, ce n’est qu’une continuité du soutien de l’Egypte à l’unité et à la stabilité de la Libye. L’Egypte a aussi un rôle phare dans la lutte contre le terrorisme. Elle a toujours soutenu toute tentative visant à instaurer en Libye un Etat civil, souverain et stable qui répond aux aspirations du peuple libyen.

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