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Palestine : La fin de la division

Maha Salem avec agences, Mardi, 17 octobre 2017

Après la conclusion de l'accord de réconciliation entre le Fatah et le Hamas, les deux mouvements se donnent deux mois pour résoudre les questions en suspens.

Palestine : La fin de la division
Le Fatah et le Hamas se réuniront le 21 novembre pour former un gouvernement d’union nationale. (Photo : AFP)

C’est suite à une médiation égyp­tienne que les deux mouvements palestiniens rivaux, le Hamas et le Fatah, ont finalement signé au Caire un accord de réconciliation. Un accord tant attendu non seulement par les Palestiniens, mais aussi par le monde arabe. « Même si certaines questions restent en suspens, c’est une avancée considérable. Car il est à prévoir que même ces questions en suspens seront réglées assez rapidement, notamment avec la flexibilité des deux par­ties. Cette fois, le plus important ce sont les dates fixées, le calendrier détaillé et accepté par les deux rivaux », explique Dr Ahmad Youssef, politologue et directeur du Centre des études arabes et africaines au Caire.

Si l’optimisme est aujourd’hui de mise, c’est parce que le premier obstacle devant la réconciliation palestinienne, à savoir le contrôle de la bande de Gaza, a été levé. Concrètement parlant, l’Autorité palesti­nienne assumera d’ici 1er décembre toutes les responsabilités dans la bande de Gaza, actuellement gouvernée sans partage par le Hamas. L’Autorité palestinienne, dominée par le Fatah et basée en Cisjordanie occupée, en avait été chassée en 2007. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, devrait se rendre à Gaza dans les prochaines semaines, pour la première fois depuis 2007. Le retour effectif de l’Autorité constituerait un déve­loppement attendu de longue date par la communauté internationale.

D’ici 1er novembre, les points de passage reliant Gaza à Israël et à l’Egypte seront replacés sous le contrôle de l’Autorité pales­tinienne. Et 3 000 policiers de l’Autorité vont être déployés dans l’enclave palesti­nienne. Selon le négociateur du Fatah, Azzam Al-Ahmad, la question des dizaines de milliers de fonctionnaires employés par le Hamas sera résolue d’ici février 2018. Les mesures punitives prises par l’Autorité palestinienne contre Gaza, notamment la réduction des paiements pour l’électricité, doivent être levées. Mais aucune échéance précise n’a été communiquée.

Reste à négocier les modalités pratiques du retour de l’Autorité à Gaza. Des questions aussi cruciales et compliquées que le contrôle de la sécurité à Gaza et le sort des 25 000 hommes du bras armé du Hamas semblent avoir été remises à plus tard. Evoquant l’éventualité que le Hamas reste en charge de la sécurité, Abbas avait prévenu qu’il n’ac­cepterait pas qu’on clone l’expérience du Hezbollah (mouvement chiite) au Liban. De son côté, le Hamas a signifié que la question de ses armes n’était pas négociable.

Autre avancée considérable, tous les grands mouvements palestiniens, dont le Fatah et le Hamas, se réuniront le 21 novembre au Caire pour des discussions en vue de former un gouvernement d’unité nationale.

Inflexibilité israélienne

En première réaction, Israël a rapidement signifié qu’il ne traiterait pas avec un gou­vernement d’unité palestinien si celui-ci ne reconnaissait pas Israël et ne désarmait pas le Hamas. « Une réconciliation avec le Hamas ne fait que compliquer la recherche de la paix avec Israël », a dit le premier ministre, Benyamin Netanyahu. Selon les analystes, Israël va imposer des conditions irréalisables sur les Palestiniens et la communauté inter­nationale, pour ne pas reprendre les négocia­tions de paix. « Les Etats-Unis et Israël, leur enfant gâté, ne veulent pas reprendre les négociations de paix. Ils vont imposer des conditions déjà refusées par le Hamas comme la reconnaissance de leur Etat. Ou bien ils vont exiger que le Hamas ne parti­cipe pas au nouveau gouvernement palesti­nien. Or, le principe même de poser des conditions est refusé par les Palestiniens », explique Dr Ahmad Youssef. En conclusion donc, rien n’est à prévoir quant à la reprise du processus de paix, même si les divisions palestiniennes étaient considérées comme un obstacle majeur au règlement du conflit israélo-palestinien. En effet, la légitimité du président Abbas, interlocuteur d’Israël et de la communauté internationale, est sapée par le fait que le Hamas est considéré comme terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne.

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