International > Monde Arabe >

A Palmyre, une offensive russe d'un nouveau genre

Mardi, 10 mai 2016

Cette fois, c’est une offensive artis­tique que Moscou a lancée. Le théâtre Mariinsky a organisé un concert sur­prise jeudi dernier dans l’amphi­théâtre de la cité antique de Palmyre, dans le centre de la Syrie, reprise voici un peu plus d’un mois aux djiha­distes du groupe Etat Islamique (EI) grâce à l’appui aérien russe.

Palmyre
AFP

L’orchestre avait à sa tête Valery Guerguiev, proche associé du prési­dent russe, Vladimir Poutine. Le maître du Kremlin s’est adressé aux spectateurs par visioconférence, à partir de la station balnéaire russe de Sotchi, au bord de la mer Noire, où il séjournait jeudi. Il a parlé du terro­risme comme d’une contagion dont le monde doit se débarrasser. « L’événement d’aujourd’hui (le concert) a lieu malgré de grandes difficultés et des dangers pour chacun, car il se déroule dans un pays en guerre, non loin de secteurs où des hostilités font rage. Cela a demandé beaucoup de force et de courage à chacun d’entre vous. Merci beaucoup ! », a dit le numéro un russe. Valery Guerguiev a estimé, quant à lui, que ce concert ait été une manière de s’élever contre la barba­rie et la violence dont ont fait preuve les membres de l’EI, qui ont dynamité une partie des ruines de Palmyre et ont procédé à des exécutions dans l’amphithéâtre romain.

Mais le concert a aussi été critiqué. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond, l’a qua­lifié de « tentative de mauvais goût de détourner l’attention des souffrances continues de millions de Syriens ». Selon Londres, le régime syrien est respon­sable des frappes aériennes contre un camp de déplacés qui ont tué au moins 28 civils, selon une ONG, jeudi, près de la frontière turque. « Cela montre que le régime est capable de toutes les bassesses. Il est temps pour ceux qui ont de l’influence sur Assad de dire que cela suffit », a ajouté M. Hammond, en référence à la Russie.

Lien court: