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Soudan - Soudan du sud : Les conflits perdurent

Maha Salem avec agences, Mardi, 29 janvier 2013

Sous forte pression de la communauté internationale, les délégations de ces deux pays se sont rencontrées pour régler leurs divergences, mais sans grand succès.

A l'ouverture cette semaine du 20e Sommet de l’ Union africaine, le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki- moon, a exhorté le Soudan et le Soudan du Sud à accomplir de nouveaux progrès dans les négociations. « Le Soudan et le Soudan du Sud ont certes accompli des progrès pour régler les questions en suspens. Mais ils doivent faire encore plus pour conclure un accord global. Je suis particulièrement préoccupé par la situation humanitaire désastreuse dans les Etats du Nil Bleu et du Kordofan du Sud », a déclaré Ki- moon, en appelant les dirigeants du Soudan et du Soudan du Sud à reprendre immédiatement leurs négociations. Et le dirigeant onusien a menacé que son organisation peut imposer de nouvelles menaces.

Pour répondre à cet appel, les délégations des deux pays se sont rencontrés une nouvelle fois à Addis-Abeba lundi dernier. Mais les analystes prévoient que ce nouveau cycle échouera comme les précédents. Il s’agit de la deuxième rencontre des négociations en quelques jours. Vendredi dernier, les présidents soudanais, Omar Al-Béchir, et sud-soudanais, Salva Kiir, ont entamé un nouveau face à face, le troisième depuis septembre, pour tenter de régler les différends qui opposent leurs pays. Mais, les deux Soudan ne semblent pas prêts à signer une paix durable et régler le contentieux frontalier qui empoisonne leurs relations depuis la proclamation officielle de l’ indépendance du sud en juillet 2011. Les dirigeants des deux anciens frères-ennemis, qui se sont rencontrés à huis clos à Addis-Abeba, en Ethiopie, ne sont pas arrivés à un compromis autour du tracé frontalier et du partage des ressources pétrolières, et la question de la région d’ A byeï, en attente, depuis deux ans, de la tenue d’un référendum d’autodétermination.

Les deux parties continuent à s’ accuser mutuellement de l’échec des pourparlers, ce qui ne fait qu’ accentuer les tensions entre Khartoum et Juba qui affirment, selon son chef de délégation Pagan Amum, que cet énième échec relève de la responsabilité du président soudanais Omar Al-Béchir, qui a refusé un compromis lors de sa rencontre, vendredi dernier, avec son homologue sud-soudanais, Salva Kiir. « La rencontre entre les présidents en Ethiopie n’a abouti à aucune décision, car la partie soudanaise a renoncé aux accords conclus entre les deux pays », a déclaré M. Amum. Rejetant ces accusations, le ministre des Affaires étrangères soudanais, Ali Karti, a souligné que « le Soudan du Sud dressait des obstacles à la mise en œuvre des ententes intervenues », a affirmé Karti. Pour rappel, Omar Al-Béchir et Salva Kiir ont évoqué la création d’ un mécanisme permettant de contrôler la sécurité à la frontière entre les deux pays, l’inclusion de la région dite des « 14 miles » dans la zone frontalière démilitarisée et la formation d’un Parlement de la région disputée d’ A byeï. Cependant, les chefs des deux Etats soudanais ne sont pas parvenus à s’entendre sur aucune de ces questions. Des affrontements ont eu lieu régulièrement dans cette zone frontalière, depuis l’ indépendance de Juba, qui a accusé Khartoum d'avoir bombardé à l'intérieur du territoire sud-soudanais.

De son côté, Khartoum accuse Juba de soutien matériel et financier aux rebelles du Kordofan du Sud et du Nil Bleu, qui réclament le ralliement de leurs provinces au Soudan du Sud. Les deux parties ont conclu l’automne dernier une série d’accords qui restent lettre morte. Ces accords prévoient notamment le retrait des troupes des deux pays déployées le long de leur frontière commune, la création d’une zone tampon démilitarisée et la reprise de la production pétrolière interrompue par Juba suite à ses divergences avec Khartoum sur la taxe de transit. Les Soudanais lient la reprise du transit du pétrole du Sud par leur territoire au règlement des questions sécuritaires, notamment les problèmes du Nil Bleu et du Kordofan. Or, sur ces deux points, aucun compromis n’a pu être trouvé. Mais, en dépit d’un deuxième sommet début janvier à Addis-Abeba, la reprise ne s’est toujours pas matérialisée. La fermeture des vannes pétrolières a porté un sévère coup aux économies des deux pays. Les tensions persistantes entre les deux anciens ennemis inquiètent aussi la communauté internationale, qui craint un nouvel embrasement : l’ an dernier, des affrontements frontaliers avaient menacé de dégénérer en nouveau conflit ouvert.

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