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Syrie : Un processus sur les rails

Inès Eissa avec agences, Jeudi, 21 janvier 2016

En mission qui paraît difficile, l'émissaire de l'Onu pour la Syrie a entamé des consultations intensives pour assurer le maintien des négociations prévues le 25 janvier à Genève.

Syrie : Un processus sur les rails
Dans le cadre de ses efforts, De Mistura rencontre le chef de la diplomatie syrien Walid Mouallem. (Photo : REUTERS)

Déployant un maximum d’efforts dans les prépara­tions de la réunion de Genève, prévue le 25 jan­vier, l’émissaire de l’Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, doit s’entretenir en milieu de semaine de la crise en Syrie avec des responsables américains et russes, ainsi qu’avec les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

« Il y aura deux réunions différentes », a expliqué à l’AFP une porte-parole de l’émissaire onusien. La réunion tripartite, qui réunira celui-ci avec le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, et la secrétaire d’Etat adjointe américaine pour le Moyen-Orient, Anne Patterson, portera sur « la préparation des pourparlers politiques sur la Syrie », a indiqué le Département d’Etat américain dans un communi­qué. Par ailleurs, De Mistura aura une autre rencontre prépa­ratoire au niveau des ambassadeurs chinois, américain, fran­çais, britannique et russe, a annoncé le porte-parole de l’Onu à Genève, Ahmad Fawzi.

Les négociations prévues, les premières depuis 2014, devront impliquer des représentants du gouvernement et de l’opposition syriens, dans le cadre de la feuille de route adop­tée le 18 décembre par le Conseil de sécurité de l’Onu.

La semaine dernière, le gouvernement syrien s’est engagé à prendre part à ces négociations, mais les principaux groupes d’opposition sont encore dans l’expectative.

A l’issue d’une rencontre à Damas avec Staffan de Mistura, le chef de la diplomatie, Walid Mouallem, a confirmé que son gouvernement participerait à ces négociations dont l’objectif est de mettre en place une autorité transitoire négociée entre le régime et l’opposition, pour mettre fin à la guerre qui ravage le pays depuis près de 5 ans. Mouallem a quand même jugé nécessaire que son gouvernement puisse avoir connaissance des noms des groupes de l’opposition qui se rendront aux négociations.

A part ces opposants, les groupes rebelles armés seront, eux, considérés comme des « organisations terroristes ».

« Je doute fort que le régime de Bachar finisse par accepter de négocier avec les groupes extrémistes armés. En effet, ces groupes ont perpétré des massacres impardonnables contre le peuple syrien », dit le politologue Nabil Sobhi. Il estime que « toute négociation doit avoir un objectif ultime », et que l’ob­jectif de ces groupes n’est autre que la fondation d’un Etat islamique sur le sol syrien. « A mon sens, c’est un objectif inacceptable pour tous les acteurs internationaux et régio­naux », ajoute Sobhi.

Le régime considère comme « terroriste » toute personne ou tout groupe ayant pris les armes depuis le début de la révolte en mars 2011.

Par ailleurs, l’opposition syrienne hésite toujours sur sa participation aux négociations sous l’égide de l’Onu, crai­gnant que celles-ci ne soient « mal préparées » et ne « réédi­tent l’échec » des précédents pourparlers de 2014, a déclaré mardi le coordinateur de l’opposition, Riad Hijab. « Le choix est très difficile. Si nous n’y allons pas, nous serons accusés de ne pas respecter les résolutions de l’Onu. Mais en même temps, nous ne voulons pas perdre la confiance de notre peuple », a déclaré M. Hijab, lors d’une rencontre avec la presse à Paris, insistant sur le fait qu’il n’était pas possible de négocier à un moment où les civils sont bombardés et affamés. « Si les négociations ne sont pas bien préparées, et s’il n’y a pas un climat propice, il y aura un échec », a-t-il mis en garde. « Un nouvel échec serait une catastrophe pour la Syrie, cela signifierait la fin de la modération », a encore prévenu Hijab.

Marathon diplomatique

Avant sa visite en Syrie, M. De Mistura s’était rendu à Riyad.
L’émissaire onusien doit se rendre prochainement à Téhéran, avait indiqué son porte-parole, Stéphane Dujarric. Selon lui, M. De Mistura estime que la crise entre l’Arabie saoudite et l’Iran est préoccupante, et qu’elle risque d’avoir des consé­quences néfastes sur la région. « L’émissaire onusien va éva­luer l’impact de cette crise sur le processus de règlement du conflit syrien », a précisé M. Dujarric. L’Iran est avec la Russie le plus fidèle allié du régime de Bachar Al-Assad, tan­dis que l’Arabie saoudite soutient l’opposition armée syrienne et réclame le départ du pouvoir du président syrien l

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