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Atef Ali : L’Iran peut avoir deux attitudes opposées

Maha Salem , Mercredi, 27 avril 2022

3 questions à Dr Atef Ali, spécialiste des affaires iraniennes, sur les dessous des discussions sur le nucléaire iranien.

Atef Ali

Al-Ahram Hebdo : A plusieurs reprises, on dit qu’on est très proche d’un accord, puis rien. Pourquoi ?

Dr Atef Ali : L’Iran insiste sur une revendication : le retrait du corps des Gardiens de la Révolution islamique de la liste des groupes terroristes. Cette revendication est dure pour les Américains car, pour eux, il est responsable de plusieurs opérations contre les intérêts américains et plusieurs assassinats de responsables américains. En avril 2019, Washington l’a inscrit sur la liste des organisations terroristes. Donc, la revendication a provoqué un débat à Washington, les démocrates peuvent l’accepter, mais la plupart des républicains refusent. Alors, des discussions sont en cours pour arriver à une solution. Car c’est un corps important. Il s’agit d’une organisation paramilitaire de la République islamique d’Iran dépendant directement du guide suprême. Les Gardiens de la Révolution sont le plus grand groupe d’influence économique en Iran. Entre autres, ils contrôlent des ports et aéroports. Ils détiennent ou contrôlent des entreprises dans le secteur du bâtiment, de la construction navale et des télécommunications. Alors que l’armée régulière iranienne est chargée de la défense des frontières du pays et du maintien de l’ordre dans le pays, les Gardiens de la Révolution sont chargés de protéger le système de la République islamique.

A part cette question, quels sont les points les plus problématiques ?

— Une autre revendication pose problème, mais cette fois, elle vient de la Russie. Après les sanctions imposées sur la Russie depuis le conflit ukrainien, Moscou a demandé la poursuite des échanges commerciaux avec l’Iran en échange de quoi la Russie apporte son soutien aux négociations sur le nucléaire. Et après un mois de négociations, Washington a accepté la demande russe. Pour l’Iran, cet accord est essentiel pour sauver son économie et augmenter les investissements étrangers. Car, une fois l’accord signé, les fonds iraniens gelés dans les banques japonaises et sud-coréennes estimés à 120 milliards de dollars seront débloqués.

— Au-delà de la question du nucléaire, que peut changer un éventuel accord dans la région ?

— L’Iran peut avoir deux attitudes opposées : soit profiter de ces fonds débloqués pour renforcer son influence et sa présence dans la région et pour financer ses alliés au Liban, au Yémen, en Iraq et en Syrie. Dans ce cas, après la signature de l’accord, l’Iran peut augmenter ses activités dans la région, ce qui causera plus d’instabilité dans plusieurs pays ; soit se concentrer sur ses affaires internes pour sauver son économie et améliorer ses relations avec ses voisins.

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