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UA : Un sommet axé sur les effets de la pandémie

Sabah Sabet avec agences, Mercredi, 10 février 2021

Tenu en visioconférence les 6 et 7 février, le 34e sommet de l’Union africaine a été consacré au Covid-19 et ses conséquences économiques, ainsi qu’aux moyens de fournir les vaccins. Au détriment des maux classiques du continent.

Actualité oblige, la pandémie de Covid-19 a été à la une du 34e sommet de l’Union Africaine (UA), qui s’est tenu samedi 6 et dimanche 7 février, exceptionnellement en ligne. La lutte contre le Covid-19, de ses différentes facettes, l’approvisionnement vaccinal du continent et les nombreuses crises reléguées au second plan par le virus se sont imposés comme les principaux sujets abordés à cette réunion africaine. A ce propos, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a annoncé la désignation de 6 éminentes personnalités en vue de la mobilisation des ressources financières pour lutter contre la pandémie. Il a aussi présenté les efforts actuels du continent face à la pandémie. C’est le président de la République Démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, qui lui succède à la présidence tournante annuelle de l’organisation de l’UA. Pour Tshisekedi, les efforts entrepris par différents chefs d’Etat dans la lutte contre cette pandémie et la capacité de résilience des Africains doivent être consolidés.

En fait, la propagation de la pandémie en Afrique avait fait craindre une explosion des fragiles systèmes de santé du continent — un scénario apocalyptique qui ne s’est pas réalisé. L’Afrique reste pour l’instant relativement épargnée par le nouveau coronavirus, avec 3,5 % des cas et 4 % des morts officiellement recensés dans le monde, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’UA (Africa CDC). Mais de nombreux pays sont actuellement confrontés à une seconde vague préoccupante et ont du mal à accéder aux vaccins. Et les leaders africains se montrent de plus en plus agacés face à la course effrénée actuellement en cours, dans laquelle ils ne peuvent pas lutter à armes égales. Le président de la commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a ainsi dénoncé le « nationalisme vaccinal » et les « pays riches qui s’arrogent la priorité, certains précommandant même plus que ce dont ils ont besoin ». Selon les chiffres, l’enjeu est énorme : à raison de deux doses par personne, l’Afrique aura besoin de 1,5 milliard de doses pour vacciner 60 % de ses quelque 1,3 milliard d’habitants et espérer une immunité collective.

En outre, les Etats membres ont également été occupés par les élections internes à l’UA, un enjeu crucial pour déterminer sa capacité à faire face à la pandémie et affronter les défis du continent en matière d’économie et de sécurité. Sans surprise, Moussa Faki Mahamat, ancien premier ministre du Tchad, seul candidat à sa succession à la tête de la commission, l’organe exécutif de l’union, a été réélu pour quatre ans. Une lourde tâche affrontera les nouveaux élus de la commission, qui doivent tenter de régler de nombreuses crises internes au continent que l’UA est accusée de négliger. Le Conseil de paix et de sécurité n’a, par exemple, quasiment pas abordé le conflit entre le gouvernement camerounais et les séparatistes anglophones, ni l’essor inquiétant des islamistes radicaux dans le nord du Mozambique.

De plus, la crise au Tigré qui secoue depuis 3 mois l’Ethiopie, pays qui abrite le siège de l’UA, fait-elle partie des dossiers les plus sensibles. Dès le déclenchement des combats, début novembre, Moussa Faki Mahamat avait appelé à la cessation des hostilités entre le gouvernement d’Addis-Abeba et les autorités dissidentes du Tigré, une région du nord de l’Ethiopie. Mais le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a refusé toute médiation de l’UA dans une opération « de maintien de l’ordre » relevant de la souveraineté du pays.

Ce sommet coïncide également avec l’annonce d’une nouvelle politique diplomatique des Etats-Unis par Joe Biden, qui souhaite renouer des liens avec les institutions multilatérales comme l’UA. Dans une vidéo publiée vendredi 5 février, le nouveau président américain a promis que son administration va mettre en oeuvre « une diplomatie au long cours, en lien avec l’UA, pour faire face aux conflits qui font des victimes à travers l’ensemble du continent ».

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