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La colonisation, témoin de l’impunité israélienne

Abir Taleb avec agences, Dimanche, 01 mai 2016

La colonisation reste l’un des obstacles majeurs à la solution des deux Etats. Bien qu’elle soit illégale et internationalement condamnée, Israël la poursuit sans relâche

Palestine

Alors que le processus de paix est au point mort, la seule chose qui avance de manière fulgurante, c’est la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 270 000 colons israéliens en 1993 lors du lancement du processus de paix, près de 700 000 aujourd’hui, dont la moitié environ à Jérusalem-Est, censée être la capitale d’un futur Etat palestinien. Cela signifie de perpétuelles expropriations de terres palestiniennes qui se font de manière brutale, avec des colons toujours plus nombreux qui, assurés de leur impunité, s’en prennent violemment à leurs voisins palestiniens. Certains vont jusqu’à incendier leurs maisons et même à brûler vives des familles palestiniennes, comme celle de Ali Dawabcheh à Duma en juillet 2015.

Mi-avril, dans un nouveau geste de provocation, le gouvernement israélien a donné son feu vert à plus de 200 nouvelles habitations. C’est ce qu’a affirmé l’organisation anti-colonisation La Paix maintenant. « Il semble que le gouvernement israélien ait changé de politique, peut-être parce que c’est la dernière année au pouvoir du (président américain) Barack Obama », a estimé Hagit Ofran, porte-parole de l’ONG, faisant allusion à une relance du rythme des constructions après une baisse relative en 2005. Avant d’ajouter : « De toute façon, Benyamin Netanyahyu ne manque jamais une occasion de construire dans les territoires palestiniens ».

Les autorités israéliennes n’ont pas commenté les informations de l’ONG. Mais si ces informations étaient justes, et tout porte à croire qu’elles le sont, elles s’inscriraient dans un contexte de relance de la colonisation en Cisjordanie. Entre janvier et mars, les plans de 674 logements ont passé une des étapes nécessaires avant leur mise en chantier, contre 194 au premier trimestre de l’an dernier. Avec ces 229 logements supplémentaires, le nouveau total serait donc de 903.

Cette politique de grignotage territorial n’est donc pas près de finir. Les derniers développements « doivent servir de rappel à la communauté internationale, quant à sa responsabilité pour mettre fin à ces crimes, et sur l’importance d’utiliser tous les forums, y compris le Conseil de sécurité des Nations-Unies, pour mettre fin à l’occupation israélienne de la Palestine et honorer les droits inaliénables des Palestiniens », a déclaré Saëb Erakat, négociateur en chef palestinien.

En effet, la résolution 446 du Conseil de sécurité des Nations-Unies condamne la colonisation israélienne des territoires occupés, « comme un obstacle à atteindre une paix juste et durable ». Pire encore, la colonisation est jugée illégale au regard du droit international et, plus précisément, de l’article 49 de la IVe Convention de Genève. Le Conseil de sécurité des Nations-Unies ainsi que la Cour internationale de justice se sont formellement prononcés sur ce point de principe. De plus, cela constitue un crime de guerre au regard de la Convention de Rome de 1998 portant statut de la Cour pénale internationale. Autant de textes qu’Israël viole sans scrupules, sûr de l’impunité exceptionnelle et sans précédent historique dont il jouit depuis sa création.

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