Semaine du 17 au 23 novembre 2021 - Numéro 1399
La Bourse revitalisée
  Le Conseil des ministres a adopté des mesures visant à soutenir la Bourse, notamment des exonérations fiscales et une réduction du coût des échanges boursiers. Explications.
photos : Reuters
Les exonérations fiscales des fonds d’investissement vont inciter ces derniers à injecter plus de liquidités en Bourse. (photo : Reuters)
Gilane Magdi17-11-2021

Le gouvernement a enfin répondu aux appels des autorités boursières et des investisseurs en faveur d’exonérations fiscales pour revitaliser la Bourse égyptienne. La semaine dernière, le Conseil des ministres a pris une série de mesures visant à soutenir le marché financier allant des exonérations fiscales pour les investisseurs particuliers et institutionnels à la réduction du coût des échanges boursiers. « La coordination entre le ministère des Finances, la direction de la Bourse égyptienne, l’Autorité de surveillance financière et les différents acteurs du marché financier a abouti à un ensemble de mesures qui soutiendront le marché boursier égyptien et amélioreront sa position dans les indicateurs mondiaux, ainsi que sa capacité à attirer plus d’investissements étrangers », affirme un communiqué de presse publié le 10 novembre par la Bourse égyptienne.

Il s’agit notamment de supprimer la taxe des droits de timbre, mise en application il y a 4 ans, qui serait remplacée par celle des plus-values avec l’objectif de mettre fin au cauchemar des investisseurs qui souffrent des taxes. « Le ministère des Finances a répondu aux demandes de la Bourse et des acteurs du marché en appliquant l’impôt sur les plus-values qui entrera en vigueur début janvier 2022. Le droit de timbre sur les opérations boursières a été supprimé et des garanties ont été données aux investisseurs résidents qu’ils ne paieront pas l’impôt en cas de perte.

Les nouvelles décisions consistent à déduire tous les frais et à calculer ensuite les taxes sur les profits seulement », affirme le communiqué. Et d’ajouter que les impôts sur les bénéfices réalisés dans les nouvelles offres des entreprises cotées en Bourse seront réduits de moitié au cours des deux premières années d’échanges en Bourse. « De même, aucun dossier fiscal n’est prévu pour les particuliers qui investissent en Bourse. La taxe sera perçue après déduction des dépenses à la fin de chaque année et sur l’ensemble des transactions du portefeuille d’investissement », a indiqué le porte-parole du Conseil des ministres, Nader Saad, dans un communiqué de presse. Et d’ajouter que les taxes sur les investisseurs individuels seront réduites à 5 % sur le bénéfice réalisé. Quant à la réduction des coûts des échanges, le premier ministre a insisté sur l’importance de réduire les frais remboursés par les investisseurs au marché financier. D’après le site de la Bourse égyptienne, le marché financier reçoit une commission de 0,01 % (10 livres pour 100 000 livres) de la valeur de chaque transaction. Celle-ci est payée par le vendeur et l’acheteur séparément, avec un maximum de 5 000 livres égyptiennes. Jusqu’à présent, les nouvelles réductions des coûts des échanges n’ont toujours pas été affichées par la Bourse.

Les exonérations et les réductions fiscales ne se limitent pas aux investisseurs particuliers. Elles comprennent aussi les investisseurs institutionnels à travers l’exonération des fonds d’investissement de toutes les taxes.

Impact remarquable

Les différents acteurs en Bourse ont applaudi les nouvelles décisions se disant optimistes quant à leur impact sur l’investissement en Bourse et l’augmentation des échanges à l’avenir. « Les décisions du gouvernement stimuleront le marché des capitaux et auront un impact positif sur les échanges dans la période à venir », affirme à l’Hebdo Mohamad Maher, directeur exécutif de la banque d’investissement Prime Holding. Il explique que la réaction des investisseurs aux nouvelles décisions est lente en raison de l’état d’agitation qui règne à la Bourse.

« La Bourse a connu, au cours des deux dernières semaines, des circonstances très difficiles en raison de la suspension des opérations de négociation pour certains investisseurs, poussant ainsi les investisseurs particuliers à accentuer la vente de leurs titres financiers. La valeur quotidienne des échanges a baissé passant sous la barre des 600 millions de L.E. contre un milliard de L.E. auparavant », affirme Maher, qui prévoit un retour de la valeur quotidienne des échanges à son niveau normal de 1,5 et 2 milliards de L.E. au cours de la prochaine période après l’application des nouvelles décisions. Dès l’annonce des nouvelles mesures, les indices de la Bourse ont légèrement augmenté. L’indice EGX30 a augmenté de 0,8 % et de 0,78 % les 11 et le 15 novembre, clôturant ainsi à 11 573 points et 11 662 points respectivement. Maher insiste notamment sur l’importance d’activer l’offre et la demande en Bourse pour que les décisions soit effectives. « Au niveau de l’offre, le premier ministre a promis d’introduire une à deux entreprises publiques en Bourse chaque mois. L’objectif est d’augmenter le volume de la Bourse où 220 entreprises seulement sont cotées. Ce chiffre devrait atteindre entre 700 et 1 000 entreprises », souligne-t-il.

Hanan Ramses, directrice du département de l’analyse économique au sein de la société de courtage Al-Horrya, révèle à l’Hebdo que la réduction de l’impôt sur les nouvelles offres publiques de 50 % va relancer le programme d’offres du gouvernement et augmenter la demande des investisseurs. En plus, la réduction des coûts des négociations obligera le client à injecter de nouvelles liquidités. Elle explique que le règlement du dossier fiscal en particulier va calmer les investisseurs qui retrouvent l’enthousiasme d’investir en Bourse l

220 Le total des sociétés cotées en Bourse


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