Semaine du 20 au 26 octobre 2021 - Numéro 1395
Hicham Al-Gazzar : Turathna ouvre de nouveaux marchés aux artisans
  Hicham Al-Gazzar, vice-président de la Chambre de l’artisanat, souligne l’importance de l’exposition Turathna pour promouvoir l’artisanat égyptien et les obstacles qui entravent l’épanouissement des métiers artisanaux.
Turathna ouvre de nouveaux marchés aux artisans
Racha Darwich20-10-2021

Al-Ahram Hebdo : Quelle est l’importance de l’exposition Turathna dans la promotion de l’artisanat égyptien ?

Hicham Al-Gazzar

Hicham Al-Gazzar : L’exposition Turathna est organisée par l’Organisme du développement des projets et bénéficie du parrainage exclusif du président de la République qui l’inaugure tous les ans et lui accorde un intérêt particulier, ainsi qu’un énorme budget. C’est d’ailleurs cet intérêt qui a permis à l’exposition de grandir de la sorte. Aujourd’hui, l’exposition accueille près de 1 500 exposants des quatre coins du pays avec une énorme diversité de produits. L’exposition est subventionnée par l’Etat, car l’organisation d’un événement aussi grandiose coûte très cher. Le mètre carré est loué aux exposants à 1 500 L.E. au lieu de 7 000 L.E. L’exposition ouvre de nouveaux marchés face aux artisans et leur permet de connaître les besoins des clients et leurs goûts.

— Comment l’Etat apporte-t-il son soutien aux artisans ?

— L’Etat encourage les artisans via les expositions qu’il leur consacre à des prix modestes. Une autre exposition nommée Diarna est organisée par le ministère de la Solidarité sociale plusieurs fois par an à différents emplacements. Cet été, elle a été organisée sur la Côte-Nord, puis début octobre, dans la cité du 6 Octobre. Une version plus petite de Turathna a également été organisée l’année dernière sous le nom de Bazar au terrain des expositions à Madinet Nasr dans la salle du Fonds social du développement. Le projet national Hayah Karima (vie digne) oeuvre également en vue de développer l’artisanat. Et cette année, un grand compartiment est consacré gratuitement aux artisans de Hayah Karima dans Turathna. Sans oublier le projet de développement de la Haute-Egypte mené dans deux gouvernorats : Sohag et Qéna. Il s’agit d’un projet national mené avec l’aide de la Banque mondiale qui finance partiellement les projets de développement des communautés avec le gouvernement égyptien sous l’ombrelle du ministère du Développement local. Grâce à ces projets, nous avons accueilli cette année à Turathna 5 exposants de ces communautés comme Al-Tally pour les tissus brodés, Al-Ferka qui expose des châles, Akhmim avec ses broderies, Al-Fokhar et les produits en terre cuite et les meubles de Tahta, surnommée la Damiette de la Haute-Egypte. Ces 5 communautés exposent gratuitement leurs produits sur une superficie de 500 m2, le plus grand compartiment de l’exposition. L’Etat leur fournit aussi des conseillers qui travaillent sur le développement des produits, l’emballage et le branding.

— Quel est donc le rôle de la Chambre de l’artisanat ?

— En fait, la Chambre de l’artisanat, affiliée à l’Union des industries égyptiennes, est l’organisme responsable de ce secteur en Egypte, elle mène actuellement des concertations avec l’Organisme général de l’investissement afin de consacrer des places aux artisans dans la zone d’investissement de la région d’Al-Saf au gouvernorat de Guiza, et ce, à des prix adéquats. Quelques petites entreprises investissent aussi dans le secteur de l’artisanat, mais il s’agit essentiellement des efforts de l’Etat.

— Le coronavirus a eu un impact direct sur les activités économiques de par le monde. Est-ce que la pandémie a aussi influencé l’artisanat égyptien ?

— Bien évidemment, car ce secteur dépend essentiellement du tourisme et des expositions qui ont été complètement interrompues pendant plus d’un an. De même, le client qui vient acheter un produit artisanal doit avoir un surplus d’argent et une bonne humeur pour s’offrir un produit artisanal qui n’est pas essentiel. Mais durant l’année 2020, les gens n’avaient ni l’argent ni l’humeur pour s’offrir ce luxe. Pendant toute une année, les artisans ont été au chômage. Certains ont même complètement abandonné le métier.

— Mais la pandémie a créé un essor du commerce électronique. Est-ce que l’artisanat égyptien a réussi à en profiter ?

— Non, malheureusement, rares sont les artisans qui ont réussi à vendre leurs produits sur Internet, à travailler avec les compagnies de livraison et les différents systèmes de paiement. La majorité de nos artisans vivent en Haute-Egypte et ne sont pas qualifiés pour utiliser la technologie électronique. Cependant, nous avons commencé à travailler avec eux pour leur apprendre à photographier leurs produits de manière professionnelle, à exposer leurs produits en ligne et à conclure des transactions avec les différentes plateformes.

— Quels sont les principaux obstacles qui entravent le développement de l’artisanat égyptien ?

— Le plus grand obstacle est premièrement la diversité des organismes qui travaillent dans le développement de l’artisanat égyptien sans aucun lien entre eux. Nous avons besoin de conjuguer les efforts en premier lieu. Deuxièmement, le manque de liaisons avec l’étranger. Nous avons besoin de présenter nos produits au monde. Nous avons fortement besoin d’organiser des expositions à l’étranger ou d’y participer pour non seulement ouvrir de nouveaux marchés à nos produits, mais aussi permettre à nos artisans de découvrir les produits des autres pays, de connaître les demandes des clients étrangers, ainsi que la qualité requise, ce qui leur permettra d’améliorer leurs produits pour les exporter à l’étranger et être à la hauteur de la demande.


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