Semaine du 13 au 19 octobre 2021 - Numéro 1394
Au fil des pages
13-10-2021
 
 

Chroniques d’une libraire cairote

Chroniques d’une libraire cairote

L’autobiographie de Nadia Wassef, Shelf Life: Chronicles of a Cairo Bookseller (une vie sur les étagères. Chroniques d’une libraire cairote) est sortie en anglais, aux éditions Macmillan, le 5 octobre. L’auteure est l’une des trois fondatrices de la librairie Diwan au Caire, en 2002. A l’époque, c’était la première librairie-café du pays, elle est vite devenue un succès et a fini par avoir 10 branches partout en Egypte, avec environ 150 employés. L’Egypte avait hâte d’accueillir des espaces culturels indépendants, loin de la mainmise de l’Etat. Et le contexte sociopolitique y était favorable. En racontant ses mémoires et ses anecdotes, Wassef taille le portrait d’un pays qui allait droit à la révolution.

Les maux du Liban contemporain

Les maux du Liban contemporain

Née à Bcharré en 1960, Najwa Barakat est l’une des figures marquantes de la littérature libanaise et arabe. Son dernier roman, Monsieur N., sorti récemment en français chez Actes Sud, est l’un des plus prenants et des plus ingénieux publiés ces dernières années en langue arabe. Monsieur N., un écrivain, vit reclus dans une chambre d’hôtel. Il tente de surmonter l’aversion que lui inspire toute forme d’écrit et se met à consigner péniblement un récit intelligible mais décousu de sa vie. Il ne trouve d’autre remède à son dégoût existentiel que de déambuler dans les bas-fonds de Beyrouth pour provoquer voyous et marginaux et se faire tabasser. Et c’est dans l’un de ces quartiers qu’il tombe sur Loqmane, un ancien seigneur de la guerre reconverti en patron de cybercafé. Il le fuit d’abord, paniqué à l’idée d’être reconnu, puis revient, comme aimanté. Tout se confond dans sa mémoire : les événements vécus, les intrigues de ses anciens romans, ses rêves et ses cauchemars. Ce thriller psychologique n’omet pas de dénoncer la violence et la corruption qui rongent le Liban depuis des décennies.

Des zones d’ombre de l’Histoire

Des zones d’ombre de l’Histoire

Le Visage de Pierre de William Gardner Smith raconte la vie d’un écrivain noir dans le Paris des années 1950 et de la guerre d’Algérie. Fuyant le racisme des Etats-Unis, Simeon, un noir américain, arrive à Paris, où les noirs ne craignent pas pour leur vie. Dans les cafés, on refait le monde entre deux morceaux de jazz, on discute de politique en séduisant des femmes … Tout semble idyllique dans la plus belle ville du monde. Mais Simeon s’aperçoit bien vite que la France n’est pas le paradis qu’il cherchait. La guerre d’Algérie fait rage, et un peu partout, les Algériens sont arrêtés, battus, assassinés. En rencontrant Hossein, un militant algérien, Simeon comprend qu’on ne peut pas être heureux dans un monde cerné par le malheur, il ne peut pas rester passif face à l’injustice. Ecrit en 1963, Le Visage de Pierre fut le seul livre de William Gardner Smith à n’avoir jamais été traduit en français. Il vient de paraître aux éditions Christian Bourgois, et pour la première fois, un roman décrit en français l’un des événements les plus indignes de la guerre d’Algérie, le massacre du 17 octobre 1961.


Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire