Semaine du 13 au 19 octobre 2021 - Numéro 1394
ESCALES : Le rap, un art majoritaire
  Loin des noms médiatisés du rap égyptien, Raka Studio est une expérience modèle avec ses membres rappeurs, compositeurs et réalisateurs. Focus.
Le rap, un art majoritaire
Okka collabore avec Raka Studio.
Dina Kabil13-10-2021

« Je ne suis pas un chanteur. Je rappe ». C’est la réplique commune de tous les rappeurs lorsqu’on leur demande de se présenter au grand public. Connu comme étant un sous-genre du hip-hop et comme un art du refus, le rappeur se définit par une série de négations : « Je n’appartiens pas à une génération en particulier, je ne suis pas censé avoir la voix de Abdel-Halim Hafez, je ne joue pas de la musique, mais je produis des tracks » (voir l’encadré du lexique du rap).

Né dans les années 1970, le rap se développe rapidement à partir des années 1990 et connaît une deuxième vague en 2005-2006, mais reste un art marginal qui relève de l’underground, même si certains rappeurs sont devenus des têtes d’affiche comme Marwan Moussa ou comme Marwan Pablo, le premier rappeur égyptien à figurer sur les charts et classé n° 12 au monde. Les rappeurs semblent se plaire à être dans leurs niches, dans leur statut à l’opposé du mainstream.

Loin du regard porté sur le rap en tant que discipline underground consommée par une jeunesse fougueuse, rebelle et hippie, cet art penche vers la simplicité et l’accessibilité, il suffit d’avoir chez soi des textes à réciter syllabés, rimés et un ordinateur pour réaliser des beats. C’est tout ce qu’il faut pour produire la Rythmic African Poetry (RAP). Ensuite, il appartient à chacun de rapper à sa manière, comme les storytellers ou comme le cinéma d’auteur où chaque réalisateur se distingue par une vision autonome.

C’est sans doute ce rêve « abordable », et surtout le boom du streaming qui ont fait qu’aujourd’hui qu’il y a des milliers de rappeurs. Ce rêve a incité un groupe de jeunes à monter leur propre studio, baptisé Raka. Fondé par le rappeur Hema en 2019, au début dans une chambre minuscule, Raka est devenu l’endroit de préférence des rappeurs les plus jeunes, où ils enregistrent, font la composition musicale et règlent les problèmes de son. En plus de Hema et de 7GZ, l’équipe comprend Tee Smoke, producteurs et rappeurs. Il y a aussi Yéhia Alaa, photographe et réalisateur, et Youssef, monteur. Hema, Tee et Yéhia étaient salariés et avaient des carrières plus ou moins stables dans des boîtes de publicité. Mais ils ont sacrifié la stabilité pour l’art. « Ce n’est pas seulement une passion, mais un travail professionnel. Le rap c’est notre carrière ! », conclut Yéhia.


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