Semaine du 13 au 19 octobre 2021 - Numéro 1394
Un festival qui avance d’un pas sûr
  Intishal Al-Timimi, directeur du Festival international du film d’Al-Gouna, fait le tour de la 5e édition, prévue du 14 au 22 octobre, et fait le bilan des années précédentes.
Un festival qui avance d’un pas sûr
Intishal Al-Timimi est parmi les moteurs du festival.
Dalia Chams13-10-2021

Le festival du film d’Al-Gouna souffle sa 5e bougie, après presque 20 mois de Covid-19. Il doit redonner confiance et incarner un bonheur retrouvé, à l’heure où les festivals se réinventent pour survivre à la crise sanitaire. Son directeur depuis août 2017, l’Iraqien Intishal Al-Timimi, a réussi à créer une dynamique de groupe et à maintenir la cohésion de l’équipe, toujours aussi motivée, en dépit de la crise. Dans les coulisses du festival, tout le monde l’appelle « cher Intishal », car il s’adresse à tout un chacun en utilisant le mot « cher », en guise de respect et de considération.

Calme et posé, ce critique de cinéma, diplômé en journalisme de l’Université de Moscou dans les années 1980, aborde le contenu de la nouvelle édition, prévue du 14 au 22 octobre. « Nous projetons cette année 78 films, contre 65 l’an dernier, car l’édition passée nous avons opté pour un format allégé, qui nous permettait de respecter la distanciation sociale, en multipliant le nombre de séances pour la plupart des films. Cette fois-ci, nous avons acquis de l’expérience quant à l’application des mesures de précaution », indique Al-Timimi, soulignant que « vu les circonstances de la production et de la distribution, plusieurs films, arabes ou étrangers, créés l’an dernier n’ont pas été lancés sur le marché, ce qui nous a laissé l’embarras du choix. La participation arabe aux trois compétitions officielles ne doit pas dépasser le tiers des films présentés. Ainsi, nous avons sélectionné 5 longs métrages de fiction, 3 documentaires et 7 courts métrages ».

Les succès de la plateforme de Gouna

Ces films ont été déjà donnés avec succès dans d’autres festivals internationaux, comme celui de Cannes ou la Mostra de Venise, et sont déjà attendus en Egypte, en première arabe à Gouna. C’est le cas d’Amira de l’Egyptien Mohamad Diab, qui a récolté trois prix à Venise, et Feathers (plumes), premier long métrage de l’Egyptien Omar El-Zoheiry, qui a remporté le prix de la Semaine de la Critique à Cannes, en juillet dernier. Intishal Al-Timimi ne manque pas d’ailleurs de faire le point sur ces films : « Pas mal de ces films étaient aussi notre découverte ! Car quelques-uns ont déjà bénéficié de l’aide de la plateforme de Gouna, visant à soutenir les cinéastes afin de développer leurs oeuvres au stade de la postproduction. Le documentaire Captains of Zaatari de l’Egyptien Ali Al-Arabi, Costa Brava de la Libanaise Mounia Al-Akl et The Sea Ahead du Libanais Ely Dagher en sont des exemples ». Et d’ajouter fièrement : « Entre 60 et 70 % des films arabes donnés dans des festivals internationaux, au cours des cinq dernières années, ont été soutenus par la plateforme de Gouna ».

Un pourcentage assez satisfaisant pour les organisateurs, lesquels ont pu tenir le coup, sans réinventer le modèle économique du festival lancé par deux milliardaires égyptiens, Naguib et Samih Sawiris, et accueilli dans la station balnéaire de ce dernier, au bord de la mer Rouge.

A la 2e édition du festival, les deux frères avaient versé 60 % du budget total, qui se situait autour de 80 millions de L.E., et compté sur 10 sponsors pour payer le reste. L’année dernière, le nombre de ceux-ci avait baissé, mais cette fois-ci leur part d’engagement financier a doublé par rapport à l’édition précédente. « Nous avons pu fidéliser quelques entreprises et établissements et les convaincre qu’ils pouvaient profiter de ce rendez-vous cinématographique, car la continuité du festival dépend de sa capacité de créer des intérêts communs avec d’autres parties. Nous y avons réussi en cinq ans », conclut le directeur du festival, qui a géré les détails de l’organisation à distance pendant six mois, puisqu’il vit essentiellement aux Pays-Bas.

NOS COUPS DE COEUR

Captain Volkonogov Escaped

1

La fiction de Natasha Merkulova et Aleksey Chupov nous plonge dans la Russie de 1938, lorsque Staline purgeait ses propres rangs. Les hommes du NKVD qui mettaient en oeuvre la répression sont eux-mêmes arrêtés et exécutés. Capitaine Volkonogov se savait parmi les condamnés, alors il s’est échappé. Dans sa fuite, il a cherché à expier ses fautes.

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Sundown

2

Ecrit et réalisé par Michel Franco, le film met en scène un antihéros énigmatique. Un homme aisé, passant des vacances en famille à Acapulco, le Saint-Tropez mexicain, décide de tout abandonner et de bouleverser l’ordre établi. Il laisse sa famille prendre l’avion pour rentrer sous prétexte d’avoir oublié son passeport à l’hôtel. C’est le début d’une grande aventure, mettant à nu les disparités sociales.

The French Dispatch

3

Cette comédie dramatique met en scène un recueil d’histoires tirées du dernier numéro d’un magazine américain, publié dans une ville française fictive du XXe siècle. Le rédacteur en chef envoie ses journalistes enquêter sur des sujets divers : les événements de Mai 68, une investigation gastronomique qui vire au polar. Comme d’habitude, le réalisateur Wes Anderson a fait tourner plusieurs comédiens qu’il connaît très bien, tels Timothée Chalamet et Léa Seydoux.


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