Semaine du 13 au 19 octobre 2021 - Numéro 1394
Au Sinaï, un tourisme multiforme
  Promouvoir le tourisme au Sinaï est un autre facteur-clé pour le développement de la région. Il commence à porter ses fruits. Tournée.
Au Sinaï, un tourisme multiforme
Ola Hamdi13-10-2021

Les villes de Charm Al-Cheikh en Egypte et du Sinaï en Roumanie ont signé la semaine dernière un accord de jumelage visant à redynamiser le tourisme. « Nous voulons attirer de nouveaux marchés touristiques dans les stations touristiques du Sud-Sinaï, afin de relancer le tourisme dans la péninsule. L’accord a porté sur les moyens de redynamiser le tourisme entre les deux villes », a souligné le général Khaled Fouda, gouverneur du Sud-Sinaï. En effet, cet accord s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par l’Etat au cours des 7 dernières années pour promouvoir le tourisme dans la péninsule via 4 axes principaux : le renouvellement et l’inauguration des musées, la relance de l’itinéraire de la Sainte Famille, l’aménagement des sites des nouvelles découvertes archéologiques. C’est ainsi que le Musée de Charm Al-Cheikh a été inauguré en octobre 2020 avec un coût de 800 millions de L.E., alors que le Musée des antiquités d’Ismaïliya a rouvert en août 2015, après sa fermeture en 2008, et le Musée national de Suez en septembre 2014, après sa fermeture en 2011.

Le Musée de Charm Al-Cheikh comprend 3 salles d’exposition, une zone de divertissement, un théâtre à ciel ouvert et des espaces destinés aux événements. Il renferme 5 200 pièces datant du début des temps historiques jusqu’à l’ère moderne, en plus du patrimoine culturel du Sinaï. Il expose des pièces rares, comme une statue du dieu Eros chassant des cerfs et une autre du dieu Bès en argile. Pour Bassem Halka, président du syndicat du Tourisme, « le musée deviendra un lieu attractif pour les touristes des villes de Dahab, Taba, Noweiba, Sainte-Catherine, ainsi que pour le tourisme étranger ».

Haut lieu du tourisme religieux

Au Sinaï, un tourisme multiforme

En fuyant Bethléem, la Sainte Vierge et l’enfant Jésus ont trouvé refuge en Egypte. A dos d’âne, la Sainte Famille a traversé le Sinaï avant de se diriger vers le Delta du Nil puis la Haute-Egypte. Pour retracer l’itinéraire de la Sainte Famille en Egypte et développer chacun des 25 points où elle est passée sur une distance de 3 500 km qui forment des allers-retours entre le Sinaï et Assiout, l’Etat a alloué la somme de 41 millions de L.E. En effet, chaque site où la Sainte Famille s’est installée renferme un ensemble de monuments, qu’il s’agisse d’églises, de monastères, de puits d’eau ou d’icônes. En octobre 2017, un protocole de coopération a été signé entre l’Egypte et l’Etat du Vatican pour accréditer l’icône de la Sainte Famille et inclure l’itinéraire de la Sainte Famille dans le catalogue du pèlerinage du Vatican. « L’itinéraire de la Sainte Famille a été placé sur la carte des itinéraires touristiques religieux en Italie et en Europe », confirme le confirme père Jonathan De Marco, directeur du secteur public du tourisme au Vatican.

D’ailleurs, le Sinaï abrite au sud le mont de Sainte-Catherine, l’un des principaux piliers touristiques de la région. Le ministère du Tourisme et des Antiquités coopère actuellement avec les ministères de l’Environnement et du Logement pour le développement de la région de Sainte-Catherine. Selon Assem Al-Gazzar, ministre du Logement, le développement de ce site est l’un des projets les plus importants auxquels l’Autorité centrale pour la reconstruction à Sainte-Catherine a participé. Ce projet est actuellement mis en oeuvre avec un coût estimé à 3 milliards de L.E. Il y a aussi l’exécution de 14 autres projets, dont l’aménagement de l’aéroport, l’agrandissement et la duplication des routes intérieures et extérieures de la ville et l’implantation d’hôtels.

La région de Oyoune Moussa, qui jouit d’une sacralité auprès des trois religions célestes, a également eu sa part du développement. « Cette région est considérée comme une oasis importante pour le tourisme religieux en Egypte. Après son développement, elle est placée sur la carte du tourisme religieux », a souligné Dr Ahmad Kamal, directeur général de la restauration des antiquités et des musées du Sud-Sinaï, en ajoutant qu’elle possède des palmiers, des tamaris et 7 puits datant de l’époque byzantine. La première phase du projet de développement a été achevée en 2018 avec un coût de 3 millions de L.E. sur les 8 millions alloués aux travaux d’aménagement de toutes les phases.

Sur un autre plan, plusieurs découvertes archéologiques ont été révélées en 2015, comme les vestiges du village fortifié et de la branche Pélusiaque du Nil bleu sur le site de Tell Dafna, à l’ouest du canal, et des blocs de pierre complétant le chemin de la forteresse de Tjarou dans la région de Tell Heboua, dans le Nord-Sinaï.

Mais pour compléter le développement touristique de la péninsule, il était indispensable d’accorder un intérêt particulier aux aéroports qui desservent la région. C’est ainsi que le nouvel aéroport de Bardawil a été construit sur une superficie de 320 000 m2 avec une capacité de 300 passagers par heure, alors que les aéroports de Charm Al-Cheikh, d’Al-Tor, d’Al-Arich, de Port-Saïd, de Taba et de Sainte-Catherine ont été modernisés. De même, les vols entre Charm Al-Cheikh et Louqsor ont repris pour la première fois depuis 11 ans.

Le Sinaï vient ainsi confirmer au monde entier qu’il a vaincu le terrorisme par le développement, la reconstruction et le tourisme.


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