Semaine du 15 au 21 septembre 2021 - Numéro 1390
El Professor Queiroz prend la barre des Pharaons
  Le célèbre technicien portugais Carlos Queiroz a été nommé à la tête de la sélection avec pour mission de la qualifier à la Coupe du monde 2022. Un objectif qu’il a déjà réalisé à quatre reprises.
El Professor Queiroz prend la barre des Pharaons
Karim Farouk15-09-2021

Carlos queiroz, c’est l’homme qui a présenté au monde la prestigieuse génération du Portugal de Luis Figo et Rui Costa, qui a amené et développé Cristiano Ronaldo à Manchester United, qui a été aux commandes des Galacticos du Real Madrid et qui a révolutionné le foot iranien. C’est la valeur sûre dont avait besoin la sélection d’Egypte pour regagner confiance et prestige après deux années d’incertitudes. « C’est avec grand honneur, reconnaissance et ambition que j’accepte l’invitation de la Fédération égyptienne de football pour devenir l’entraîneur de la sélection nationale. Je veux exprimer mon engagement à utiliser toute mon expérience et connaissance pour achever les buts et rêves d’une telle prestigieuse nation de football et de ses supporters passionnés et dédiés », a dit le technicien portugais sur son compte Twitter, suite à sa nomination le mercredi 8 septembre.

A l’image d’un sauveur, l’arrivée de Queiroz (68 ans) fait unanimité dans le pays des Pharaons. « Carlos Queiroz est le meilleur entraîneur qui ait jamais mis pied en Egypte et il faut lui donner un contrat à long terme et pas seulement jusqu’à la Coupe du monde 2022 », a dit Walid Al-Husseini, critique sportif. Un profil reconnu et respecté qui possède une énorme expérience après avoir déjà entraîné 5 sélections et réussi 4 qualifications en Coupe du monde.

Son odyssée, il l’a tracée aux quatre coins du monde. Né à Nampula en Mozambique d’un père travailleur dans les chemins de fer, il a émigré au Portugal à l’âge de 20 ans suite à son indépendance. Sa carrière de joueur n’a jamais décollé et il a fait ses études de sports à l’Université technique de Lisbonne, tout comme José Mourinho, pour entamer sa carrière d’entraîneur. En charge de la sélection portugaise de moins de 20 ans, il a réalisé l’exploit de remporter la Coupe du monde junior en 1989 et 1991. Il a eu des séjours au Portugal, aux Etats-Unis, au Japon et aux Emirats arabes unis, avant de revenir en Afrique pour prendre en charge l’Afrique du Sud qu’il avait qualifiée à la Coupe du monde 2002. Un poste qu’il avait pourtant quitté avant le Mondial suite aux différences avec Jomo Sono, directeur technique de la Fédération sud-africaine alors. Ensuite, c’était l’un des chapitres les plus marquants de sa carrière ayant forgé une grande partie de son caractère en étant adjoint du légendaire entraîneur de Manchester United, Sir Alex Ferguson. « Carlos Queiroz était brillant. Exceptionnel, intelligent et méticuleux, il a eu une merveilleuse contribution à notre sacre en championnat (2003) », a dit Ferguson dans sa biographie. C’est pour ceci qu’il a fait exception de l’accepter de nouveau à Old Trafford après une saison sans éclats au Real Madrid. De retour au Portugal, il a qualifié la Selecao à la Coupe du monde 2010 sans pour autant franchir le seuil des 8es de finale. En 2011, il met pied en terre perse pour sa plus longue et remarquable aventure. Alors que l’Iran ne comptait que 3 qualifications en Coupe du monde en plus de 60 ans d’histoire, Queiroz les a menés aux éditions de 2014 et 2018.

L’aventurier portugais a ensuite traversé l’Atlantique pour prendre en charge la Colombie en 2019 en pleine crise de la pandémie du Covid-19. Il a été remercié en novembre 2020 après les lourdes défaites contre l’Uruguay 3-0 et l’Equateur qui ont gravement diminué leurs chances de qualifications au Mondial du Qatar. Il a ensuite été sollicité par l’Iraq et l’Afrique du Sud, mais il a finalement été séduit par l’attraction égyptienne.

Leader incontestable

« El Professor », comme il est surnommé, est un expert tacticien qui adopte une approche assez prudente. Ce n’est pas un entraîneur aux méthodes purement défensives à la Hector Cuper, mais plutôt quelqu’un qui ne laisse pas sa défense exposée et ne prend pas trop de risque à l’attaque comme Guardiola. Il possède des préférences tactiques, mais il a aussi montré une grande flexibilité. « Il s’adapte en fonction des qualités et des joueurs à sa disposition. Par exemple, en Afrique du Sud, on avait 2 bons attaquants en 2001 et ainsi, il a décidé d’ajuster le schéma pour jouer en 4-4-2 », explique l’ancien international sud-africain Matthew Booth.

Mais sa contribution dépasse de loin les limites du terrain. Défiant les conditions du blocus, Queiroz a changé la culture des joueurs, mis en place un système et cherché de nouveaux joueurs pour mener l’Iran à ses meilleurs exploits. Sa recette de succès est bien simple : discipline et esprit de l’équipe. Queiroz est une personnalité très exigeante et son autorité sur l’équipe doit être incontestable. S’il y a quelque chose qu’il n’aime pas, il le dit. C’était le cas avec l’Afrique du Sud, l’Iran et la Colombie, lorsqu’il avait rendu public ses plaintes contre le manque de support ou l’intervention dans son travail.

« Bobby Charlton m’a une fois dit que le secret de Manchester United c’est que les dirigeants ont une énorme loyauté et confiance envers les personnes qui travaillent pour le club, dans les bons et surtout les mauvais moments. Un autre conseil que m’avait dit Alex Ferguson sur le succès de Manchester United c’est que rien et personne n’est au-dessus de l’équipe. Ce sont deux très importantes leçons », a dit Queiroz dans une interview à la radio en décembre dernier. Il devra vite mettre en oeuvre tout son expérience et savoir-faire, surtout avec l’épreuve de la Libye en qualification de la Coupe du monde en octobre prochain, car les supporters égyptiens ne veulent plus vivre une nouvelle traversée du désert pour se retrouver parmi l’élite.


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