Semaine du 15 au 21 septembre 2021 - Numéro 1390
Hussein Haridi : Cet accord est une victoire pour le Liban, la Syrie, l’Egypte et la Jordanie
  4 questions à L’ambassadeur Hussein Haridi, ancien ministre-adjoint des Affaires étrangères, explique l’importance de l’accord d’approvisionnement en gaz égyptien via la Syrie.
Hussein Haridi
Ola Hamdi15-09-2021

Al-Ahram Hebdo : Quelle est, selon vous, l’importance de l’accord conclu entre les ministres de l’Energie et du Pétrole de la Jordanie, de l’Egypte, de la Syrie et du Liban pour acheminer le gaz au Liban ?

Hussein Haridi : Cet accord donne l’exemple d’un modèle gagnant-gagnant de coopération arabe. Le Liban traverse une crise sans précédent dont les répercussions sont plus dramatiques que celles qui sont engendrées par la guerre civile. Les pénuries de carburant et d’énergie ont paralysé tous les services vitaux y compris les hôpitaux. Si le Liban est sorti vainqueur par cet accord, la Syrie l’est aussi. Car plusieurs pays, notamment occidentaux, qui se sont maintes fois opposés à l’acheminement du gaz via le territoire syrien vers le Liban sous prétexte d’exercer des pressions sur le régime syrien, ont changé d’avis. En fait, cet accord est une victoire pour les quatre pays : le Liban, la Syrie, l’Egypte et la Jordanie. De même, il envoie un message fort et clair de solidarité arabe. Ces quatre pays se sont empressés pour sauver le peuple et réduire le fardeau qui pèse sur le Liban qui traverse une période délicate.

— Comment voyez-vous la position des Etats-Unis vis-à-vis de cet accord ?

— Les démarches pour conclure cet accord n’ont été entamées qu’après que les Etats-Unis avaient donné leur accord à une exception à la loi César qui impose des sanctions à l’encontre de la Syrie. En outre, le gaz égyptien n’aurait pas pu traverser le territoire syrien sans le consentement implicite de l’Occident. Il s’agit d’une certaine reconnaissance internationale non déclarée du régime syrien. Nous espérons que cette vision occidentale ouvrira la porte pour des contacts directs futurs entre l’Occident et la Syrie.

— Cet accord pourrait-il réduire les risques d’ingérence iranienne au Liban ?

— Limiter la présence iranienne au Liban est l’une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis ont accepté cette dérogation à la loi César, afin que cet accord barre la route devant l’acheminement du gaz iranien vers le Liban. Washington vise également à affaiblir politiquement Hezbollah et à l’empêcher d’exploiter la crise et à apparaître comme un sauveur devant le peuple libanais.

— Le Liban s’est parallèlement doté d’un nouveau gouvernement. Est-ce l’ébauche d’une solution politique et économique ?

— C’est une première étape dans un long processus de réforme politique et économique du Liban. Et les questions après la nomination du gouvernement libanais sont nombreuses : comment ce nouveau gouvernement va-t-il coopérer avec la présidence et les forces politiques afin de répondre aux aspirations du peuple libanais ? Pourra-t-il mettre en oeuvre l’initiative française afin de remplir les conditions des pays donateurs pour le Liban pour apporter leur aide financière nécessaire, afin de faire sortir le Liban de sa crise économique étouffante ? Et quel est le rôle des acteurs internationaux et régionaux pour aider le gouvernement libanais à relever les défis ? Les pays arabes ont aussi un très grand rôle à jouer pour soutenir économiquement et politiquement ce gouvernement pour réussir dans sa mission.


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