Semaine du 15 au 21 septembre 2021 - Numéro 1390
Droits de l’homme, une approche plus globale
  Le président Sissi a lancé la stratégie nationale des droits de l’homme. Celle-ci reflète la volonté de l’Etat de faire bouger ce dossier.
Droits de l’homme, une approche plus globale
May Al-Maghrabi15-09-2021

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a lancé, samedi 11 septembre, la première stratégie nationale des droits de l’homme 2021-2026. Première stratégie intégrale en matière des droits de l’homme, ce document d’environ 100 pages renferme un certain nombre d’engagements gouvernementaux pour améliorer les droits socioéconomiques, culturels et politiques dans le pays au cours des cinq prochaines années. « C’est un pas sérieux vers la nouvelle République qui respecte les principes de la citoyenneté et l’égalité entre les Egyptiens en ce qui a trait aux droits et aux devoirs », s’est félicité le président Sissi.

Pour la concrétiser, le président a enjoint au gouvernement et au Haut Comité permanent des droits de l’homme, créé en 2020 et présidé par le ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri, de mettre en place des politiques et des programmes destinés à soutenir les droits des citoyens. La stratégie est fondée sur quatre axes principaux, à savoir les droits civils et politiques, les droits économiques, sociaux et culturels, les droits de la femme, des enfants, des personnes âgées et des handicapés et enfin, la sensibilisation et la formation des cadres dans ce domaine. Elle accorde un intérêt particulier aux droits des femmes, des enfants, des personnes handicapées, des jeunes et des personnes âgées. Elle renforce la citoyenneté et la liberté de culte et vise à intégrer les principes des droits de l’homme aux plans de développement de l’Etat. Pour rappel, le rapport du Programme des Nations-Unies pour le développement de 2012 mentionne la nécessité « d’appliquer le concept d’intégration des droits de l’homme dans les politiques de développement ». Elle devrait être accomplie en coopération avec la société civile que le président a qualifiée d’« élément-clé dans le renforcement et la protection des droits de l’homme aux niveaux politique, économique et social ». Le chef de l’Etat a déclaré 2022 « année de la société civile ». Il a appelé les ONG à « sensibiliser la société aux droits de l’homme, à la culture du volontariat et à la lutte contre l’extrémisme et les tendances qui sont contre les valeurs de la société égyptienne ».

Volonté sincère

Selon Essam Chiha, président de l’Organisation égyptienne des droits de l’homme, cette stratégie, qui est le fruit d’une coordination entre le gouvernement, les partis politiques et la société civile, reflète la vision égyptienne sur les droits de l’homme et est conforme à la Déclaration universelle des droits de l’homme et à la Constitution de 2014. « Elle reflète la volonté sincère de l’Etat et des organisations des droits de l’homme de garantir les droits des citoyens dans un concept global ».

« L’Egypte a déployé des efforts palpables en matière des droits de l’homme au cours de ces dernières années, notamment en ce qui a trait à la protection sociale, à l’autonomisation des femmes et des jeunes et à la consolidation de la citoyenneté », affirme Chiha. Il souligne que la stratégie inclut un engagement à améliorer les droits politiques. « Le débat sur les droits de l’homme est permanent. Le lancement de la stratégie est un début. La société civile doit aider le gouvernement à améliorer la situation des droits de l’homme », indique-t-il.

De son côté, le directeur général adjoint du Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques (ECSS), le général Mohamad Ibrahim Al-Deweri, salue une stratégie qui est « pleinement en accord avec les développements positifs qu’a connus le pays ». Selon lui, cette stratégie a été rédigée « loin de tout diktat » et ne vise pas seulement à répondre aux critiques de l’Occident comme le prétendent certains. « Il ne faut pas abréger la notion des droits de l’homme dans les droits politiques uniquement, qui sont par ailleurs importants et garantis par la Constitution de 2014 », conclut Al-Deweri.


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