Semaine du 18 au 24 août 2021 - Numéro 1386
Une nouvelle crise migratoire ?
 
Une nouvelle crise migratoire ?
Abir Taleb avec agences18-08-2021

Aux bouleversements politiques en Afghanistan s’ajoute le risque humanitaire. La question des réfugiés inquiète plus d’un. Le 9 août déjà, le Haut-Commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR) s’est dit extrêmement préoccupé par l’escalade qui a forcé des centaines de civils à fuir les zones de combat. Une partie de la population veut trouver refuge ailleurs, chez les voisins d’abord, mais certains sont aussi candidats à l’exil en Europe. D’ores et déjà, on parle de rassemblements aux frontières avec le Pakistan et l’Iran. Ce dernier redoute une vague de réfugiés massive, il compte déjà plus de 3 millions de réfugiés afghans, et selon les autorités iraniennes, plusieurs milliers d’Afghans ont déjà été installés dans des camps à la frontière. De l’autre côté, la Turquie a les yeux rivés sur sa frontière orientale et les observateurs locaux parlent de rassemblements à la frontière côté iranien. Ankara fait construire un mur de béton sur des centaines de kilomètres le long de sa frontière avec l’Iran pour prévenir ce qui pourrait se transformer en une nouvelle vague migratoire. L’inquiétude est d’autant plus grande que le Département d’Etat américain a récemment dit que des milliers d’Afghans supplémentaires pourraient trouver refuge aux Etats-Unis à condition d’en faire la demande depuis un pays tiers, en citant la Turquie. Une déclaration qui passe mal, jugée « irresponsable » par Ankara, qui estime qu’elle provoquera une « grande crise migratoire » dans la région. Les Etats-Unis ont en effet promis d’accueillir des milliers d’autres personnes qui risquent de subir les représailles des Talibans, mais le processus s’annonce complexe : les candidats au statut de réfugié doivent ainsi être recommandés par leur employeur actuel ou ancien. A l’inverse des demandeurs de visas spéciaux, Washington n’a pas prévu d’évacuer ces futurs réfugiés, et ils doivent quitter l’Afghanistan par leurs propres moyens. Ce n’est qu’une fois qu’ils auront rejoint un pays tiers que leur demande commencera à être examinée, ce qui prend ensuite 12 à 14 mois.


Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire