Semaine du 18 au 24 août 2021 - Numéro 1386
Amira Al-Adli : Le CCJPP incarne l’intérêt de l’Etat à l’autonomisation des jeunes
  A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la jeunesse, Amira Al-Adli, députée et coordinatrice du Comité de Coordination des Jeunes Partis et des Politiciens (CCJPP), revient sur les efforts déployés pour autonomiser les jeunes.
Amira Al-Adli
Malak Moustafa18-08-2021

Al-Ahram Hebdo : La Journée mondiale de la jeunesse est célébrée le 12 août, à cette occasion, comment évaluez-vous le rôle du CCJPP depuis sa création il ya trois ans pour autonomiser et inclure les jeunes dans la vie politique ?

Amira Al-Adli : Le CCJPP est venu incarner l’intérêt qu’accorde l’Etat ces dernières années à cette question à laquelle le président Abdel-Fattah Al-Sissi est fort engagé, comme il l’a affirmé à cette occasion sur son compte Facebook, exprimant « sa pleine confiance en la capacité des jeunes qui représentent la moitié du présent et tout le futur ». Le CCJPP représente une plateforme permettant aux jeunes de dialoguer, d’exprimer leur vision et de participer à la prise des décisions. D’autant plus qu’il s’agit d’une expérience unique dans l’histoire de l’Egypte, dans la mesure où il a été créé pour devenir une plateforme regroupant les jeunes de tous les partis sous l’ombrelle d’un projet destiné au développement de la vie politique et à l’autonomisation des jeunes. Auparavant, ce genre de coalition entrait dans le cadre d’un événement provisoire ou électoral comme c’était le cas du mouvement Tamarrod, formé à l’issue de la Révolution de 2011.

— Mais cette divergence des tendances politiques au sein du comité ne représente-t-elle pas un obstacle au travail du comité ?

— Au contraire, cette divergence est devenue l’un des facteurs de la force du comité et enrichit la vie politique. Le but de la création du comité est de permettre aux jeunes d’exercer la politique selon un nouveau concept qui respecte les divergences d’idéologies et ne les transforme pas en des différends, mais plutôt en terrains d’entente. C’est l’exemple qu’il faut donner pour encourager les jeunes à se lancer dans la vie politique.

— Comment le CCJPP a-t-il réussi à atteindre ses principaux objectifs, dont l’inclusion des jeunes à la vie politique, le renforcement des partis et l’installation d’un pont de dialogue entre eux et l’Etat ?

— On a réussi à faire bouger l’eau stagnante même s’il reste beaucoup à faire. Le CCJPP a motivé la participation des jeunes, et la preuve, c’est que nous recevons chaque jour des dizaines de demandes pour rejoindre le comité. Ce dernier met en place régulièrement des programmes de formation et des ateliers destinés à accroître la culture politique des membres et élargir leur participation à la vie politique. Cette formation se répercute certainement sur leur exercice au sein de leurs partis, leur permettant d’avoir une présence plus palpable dans la rue. Et là, il faut savoir que l’une des plus importantes raisons de la passivité politique des jeunes, c’est l’incapacité de certains partis de motiver la participation politique. Et c’est l’un des axes les plus importants sur lequel travaille notre comité en sensibilisant les jeunes quant à l’importance de devenir acteurs sur la scène politique.

— Comment les membres du comité contribuent-ils à concrétiser leurs visions politiques, économiques et sociales ?

— Ils participent à des conférences, des ateliers, des réunions avec les responsables et organisent des salons et des activités politiques, tous des événements qui leur permettent de dialoguer, de débattre et de s’exprimer sur les diverses questions. Aujourd’hui, avec la représentation de plusieurs membres du CCJPP au parlement avec ses deux chambres, les jeunes du comité jouent un rôle plus actif au niveau législatif en présentant des projets de lois et en participant à la discussion des projets de lois présentés. Le fait que des jeunes du comité ont remporté un nombre de sièges au parlement reflète la confiance de la rue en notre expérience. D’ailleurs, les jeunes du comité ont occupé des postes exécutifs au sein des municipalités, et certains d’entre eux sont devenus vice-gouverneurs, ce qui est certes un succès satisfaisant. Nous envisageons d’élargir cette représentation en nous présentant en force aux prochaines élections municipales.

— Et quels sont vos plans dans la période à venir ?

— Il reste encore beaucoup à faire. Nos aspirations sont grandes aux niveaux exécutif et législatif pour renforcer l’autonomisation des jeunes et des femmes, leur formation, ainsi que pour transmettre notre expérience aux jeunes générations.


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