Semaine du 4 au 10 août 2021 - Numéro 1384
Nouveau Canal, 6 ans après : Nouvelle impulsion en perspective
  Les allocations financières destinées à la zone économique du Canal de Suez passeront de 9,1 milliards de L.E. en 2020-2021 à 15,1 milliards de L.E. en 2021-2022. Un fait qui reflète la volonté du gouvernement de lui donner un nouvel élan.
Nouvelle impulsion en perspective
Les responsables doivent miser sur les avantages comparatifs que peut générer la zone économique en comparaison avec ses similaires, comme les ports de Dubaï.
Amani Gamal El Din04-08-2021

Le développement de la région économique du Canal de Suez est une priorité pour le gouvernement égyptien. La zone et ses ressources sont incontournables pour l’économie nationale. Le gouvernement a augmenté les allocations financières consacrées à la zone dans le budget de l’année fiscale 2021-2022 à 15,1 milliards de L.E. contre 9,1 milliards de L.E. en 2020-2021.

La zone économique du Canal de Suez a entamé son second plan quinquennal 2020-2025. La pandémie de Covid-19 a retardé la progression du plan, mais les responsables sont déterminés à avancer. « Ce nouveau plan quinquennal est basé sur une vision qui va de pair avec les changements économiques », affirme la direction de la zone dans un communiqué. Le plan est basé sur 8 fondements : la création de nouvelles opportunités d’investissement dans des secteurs industriels et maritimes, la localisation des industries prioritaires, l’adoption des clusters économiques, la transformation de la région en un centre logistique au niveau des chaînes d’approvisionnement mondiales, le développement des activités portuaires pour attirer davantage d’investissements, la modernisation des services maritimes et des services d’approvisionnement des bateaux et enfin la création de nouvelles plateformes pour les petites et moyennes entreprises et de centres commerciaux et financiers.

Plusieurs industries seront localisées comme l’industrie chimique dans la région industrielle d’Al-Aïn Al-Sokhna, qui devrait devenir une plateforme internationale. Mentionnons aussi la fabrication des équipements des wagons des chemins de fer dans la région industrielle de l’Est de Port-Saïd pour répondre aux besoins du marché local et régional. Ajoutons à cela une panoplie d’industries diversifiées comme le textile, l’électronique, les pièces de rechange pour automobile, les panels solaires et les industries agroalimentaires.

Une stratégie à trois niveaux

Le plan quinquennal vise à « faire de la zone un centre international de transport maritime, de services logistiques et un centre industriel », selon le communiqué de presse. Mohamad Shady, macro-économiste au Centre de la pensée et des études stratégiques, affirme que plusieurs mesures ont été prises afin de réaliser cet objectif : « On a augmenté la capacité de stockage des conteneurs dans les régions d’Al-Aïn Al-Sokhna, d’Al-Qantara et de l’Est de Port-Saïd. Le nombre de régions industrielles horizontalement et verticalement intégrées à la zone est en augmentation. Et la loi sur l’investissement dans la zone a été amendée accordant plus de stimuli, d’avantages et de facilités aux investisseurs ».

« D’autres mesures doivent être prises pour éviter que la zone ne devienne une enclave isolée de l’économie égyptienne », souligne une étude sur la zone élaborée par la Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED). L’une de ces mesures est de développer une stratégie intégrale de connectivité à trois niveaux. Le premier reliant les politiques commerciales, l’investissement et les infrastructures, le deuxième renforçant la coordination entre les ministères et les organismes de l’Etat et le troisième reliant la zone aux chaînes d’approvisionnement mondiales « à travers des accords de libre-échange et une meilleure performance des clusters industriels ». « Les réformes étatiques prévoient une augmentation des contributions de l’industrie dans le Produit Intérieur Brut (PIB) de 11,7 % en 2020 à 15 % en 2024 », explique Hoda Al-Mallah, directrice du Centre international pour les consultations économiques et les études de faisabilité.

L’autre mesure est de « miser sur les avantages comparatifs que peut générer la zone économique en comparaison avec les zones similaires comme les ports de Dubaï, de Panama et de Tanger au Maroc ». La troisième mesure est de liquider les barrières administratives et logistiques qui entravent l’essor des investissements. Enfin, la zone doit adopter un modèle de gouvernance basé sur la performance et l’évaluation des résultats.


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