Semaine du 28 juillet au 3 août 2021 - Numéro 1383
Pékin refuse de nouvelles investigations sur l’origine du Covid
  Excluant l’hypothèse d’un dysfonctionnement de ses laboratoires, la Chine a rejeté une proposition de l’OMS de procéder à des investigations supplémentaires sur l’origine du coronavirus.
Pékin refuse de nouvelles investigations sur l’origine du Covid
Chérif Albert28-07-2021

L’organisation Mondiale de la Santé (OMS) a appelé, vendredi, tous les pays à travailler ensemble pour enquêter sur les origines du coronavirus, un jour après le rejet par la Chine d’une proposition de contrôles supplémentaires des laboratoires et des marchés sur son territoire.

L’OMS avait proposé plus tôt ce mois-ci un suivi des enquêtes menées en Chine. Mais le vice-ministre de la Commission nationale chinoise de la santé, Zeng Yixin, a affirmé, jeudi, que Pékin n’accepterait pas la proposition dans sa présente formulation. Zeng a déclaré qu’il avait été surpris lorsqu’il a lu pour la première fois la demande de l’OMS, car elle évoque l’hypothèse selon laquelle une violation chinoise des protocoles relatifs aux laboratoires aurait provoqué la fuite du virus pendant la recherche. « Nous n’accepterons pas de tel plan de recherche des origines car, à certains égards, il ignore le bon sens et défie la science », a déclaré le responsable chinois. Avec d’autres responsables et experts chinois, il a exhorté l’OMS à étendre les efforts de recherche de l’origine au-delà de la Chine vers d’autres pays.

Les premiers cas humains de Covid-19 ont été signalés dans la ville centrale de Wuhan en Chine en décembre 2019. Certains pays, dont les Etats-Unis, et des scientifiques ont demandé une enquête plus approfondie, en particulier sur l’Institut de virologie de Wuhan, mais Pékin a toujours farouchement combattu la théorie selon laquelle le Covid-19 aurait pu s’échapper d’un de ses laboratoires.

Longtemps balayée d’un revers de la main par la plupart des experts, cette théorie portée aux Etats-Unis par l’ex-administration Trump (2017-2021) revient néanmoins en force ces derniers mois.

Un élément-clé de la théorie des fuites de laboratoire repose sur la décision de l’Institut de virologie de Wuhan de mettre hors ligne sa séquence de gènes et ses bases de données d’échantillons en 2019. Interrogé sur cette décision, Yuan Zhiming, professeur à cet institut et directeur de son laboratoire national de biosécurité, a déclaré qu’à l’heure actuelle, les bases de données n’étaient partagées qu’en interne en raison de problèmes de cyberattaque.

« Ce n’est pas une accusation mais une exigence »

Réagissant au refus chinois, le porte-parole de l’OMS, Tarik Jasarevic, a déclaré qu’il ne s’agissait ni de politique, ni d’une accusation, mais d’une exigence. « Nous devons tous essayer de comprendre comment l’agent pathogène est passé à la population humaine. En ce sens, les pays ont vraiment la responsabilité de travailler ensemble et de travailler avec l’OMS dans un esprit de partenariat », a-t-il ajouté.

Une équipe dirigée par l’OMS ayant passé quatre semaines à Wuhan et dans ses environs, a déclaré dans un rapport conjoint avec des scientifiques chinois, publié en mars dernier, que le virus avait probablement été transmis des chauves-souris à l’homme par un autre animal, mais que des recherches supplémentaires étaient nécessaires.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que le travail de cette équipe avait été entravé par le manque de données.

Il a également déclaré la semaine dernière qu’il mettait en place un groupe consultatif international pour les recherches sur les origines des nouveaux agents pathogènes pour aider à faire avancer la prochaine phase d’études sur les origines du SRAS-CoV-2.

Le panel, qui sera composé d’experts indépendants, vise à aider à atténuer certaines pressions politiques sur l’OMS, ont déclaré des observateurs.


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