Semaine du 9 au 15 juin 2021 - Numéro 1377
Boom des exportations du secteur agroalimentaire
Amani Gamal El Din02-06-2021
 
  Malgré des problèmes persistants, les exportations non pétrolières ont, elles aussi, progressé, enregistrant une hausse de 11% pendant les 4 premiers mois de 2021.

« Les exportations non pétrolières ont atteint 9,9 milliards de dollars contre 8,8 milliards de dollars au cours de la même période de 2020. Ceci est dû au soutien du gouvernement qui a prévenu les arrêts de production et a préservé les destinations vers lesquelles le pays exportait pendant la pandémie », a déclaré Névine Gamea, ministre du Commerce et de l’Industrie. Ismaïl Gaber, président de l’Organisation du contrôle des exportations, a de son côté décortiqué les secteurs responsables de cette hausse: le secteur médical, l’artisanat, le prêt-à-porter, la maroquinerie et l’agroalimentaire. Alia Mamdouh, analyste en chef auprès de la banque d’investissement Beltone, a renvoyé cette hausse à des raisons logistiques. « Le moteur de cette croissance a été le secteur agroalimentaire. Il y a une évolution des exportations agroalimentaires, car nos critères sont conformes à leurs similaires mondiaux. Nous avons vu certains pays comme l’Arabie saoudite, la Jordanie et la Russie lever leurs restrictions sur les produits alimentaires en provenance de l’Egypte », explique Mamdouh.

En effet, la structure des exportations non pétrolières a toujours souffert d’un déficit chronique. Elles ont emprunté une tendance à la baisse qui était parfois alternée par des hausses insignifiantes entre 2017 et 2020. « Le taux annuel du déficit de la balance non pétrolière de 2018 à 2020 était de 25% du PIB en moyenne, ce qui était alarmant », renchérit Mona Bedeir.

Remédier à un problème structurel

Malgré la hausse des exportations, il y a toujours un problème, puisque le dernier rapport de la BCE sur la balance de paiement paru la semaine dernière indique que le déficit de la balance commerciale non pétrolière a augmenté de 6,6% pour enregistrer 19,1 milliards de dollars au cours du premier semestre jusqu’au deuxième trimestre de l’année fiscale 2020-2021. Gamea a déclaré qu’en définitive, les importations non pétrolières ont connu une hausse légère de 5 % dans les 4 premiers mois de 2021 à 23 milliards de dollars contre 21,9 milliards la même période de 2020. « Malgré ce déficit, on peut se féliciter d’une légère amélioration dans la croissance des exportations non pétrolières. En général, la posture des exportations non pétrolières nous donne une référence exacte du processus de l’industrialisation dans un pays donné. Afin de donner un élan aux exportations, il faut des mesures structurelles pour promouvoir l’industrie et les différentes industries auxiliaires relevant des différents secteurs », a déclaré Mamdouh.

Pour pallier ce déficit chronique, l’un des secteurs économiques que les politiques publiques veulent stimuler est les exportations. En effet, le gouvernement égyptien est sensibilisé quant à l’importance de l’industrie, qui est intrinsèque à la promotion des exportations, et la ministre de la Planification Hala Al-Saïd a dévoilé cela dans le nouveau programme de réforme structurelle, qui cible le secteur industriel et prévoit l’augmentation de sa contribution dans le PIB de 11,7% en 2020 à 15% en 2024, en attirant des investisseurs en vue de conclure des accords sous forme de partenariats. Le programme prévoit également la hausse de la part des exportations des biens industriels du total des exportations à un taux annuel dépassant 15 %. Il prévoit aussi le dédoublement de la part des exportations des Petites et Moyennes Entreprises (PME) du total des exportations de 10% en 2020 à 20% en 2024.

Vu ces plans d’action de l’Etat auxquels il faut ajouter la mise en application des programmes de promotion des exportations (d’ailleurs un nouveau programme sera annoncé la semaine prochaine), de bonnes perspectives attendent les exportations non pétrolières. « Il est prévu que les exportations non pétrolières passeront de 8 à 12 % fin 2021 pour atteindre 28,33 milliards de dollars fin 2021 contre 25,29 milliards de dollars fin 2020 », selon Khaled Aboul-Makarem, président du Conseil de l’exportation des industries chimiques et des engrais.

Chérif Al-Sayad, président du Conseil des exportations des industries polytechniques a, quant à lui, déclaré que la hausse des exportations non pétrolières prévue en 2021 serait soutenue par le recul des approvisionnements des produits non pétroliers en provenance de la Chine vu les retombées de coronavirus. Beijing deviendra incapable de satisfaire les besoins des pays voisins de la région. Ce qui amènerait ces pays à importer les produits non pétroliers de l’Egypte.

Outre le programme de promotion des exportations, pour lequel l’exercice actuel du budget égyptien 2021-2022 consacre environ 7 milliards de L.E., l’Egypte exécute parallèlement un nombre de programmes pour soutenir les composantes locales dans la production industrielle et met en place des villes industrielles et des usines sur des superficies atteignant 20 millions de m2.


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