Semaine du 9 au 15 juin 2021 - Numéro 1377
Opérations de maintien de la paix : L’engagement fort de l’Egypte
  Présidente actuelle de la Commission de consolidation de la paix de l’Onu et septième contributeur aux opérations de maintien de la paix, l’Egypte s’active sur plusieurs fronts, afin de maintenir et construire la paix.
Opérations de maintien de la paix 
Aliaa Al-Korachi02-06-2021

« L’Egypte déploie des efforts concertés pour maintenir et instaurer la paix dans le cadre de sa présidence de la Commission de consolidation de la paix de l’Onu », a souligné le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ahmad Hafez, dans un communiqué publié la semaine dernière à l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus, le 29 mai. Cette journée commémore la première mission onusienne de maintien de la paix (ONUST) qui a commencé ses opérations en Palestine en 1948. L’Egypte est aujourd’hui le 7e contributeur en personnel des opérations de maintien de la paix de l’Onu. Elle participe actuellement aux six missions de paix en Afrique, avec plus de 3200 militaires et policiers: en République Centrafricaine, au Congo, au Mali, au Soudan, au Soudan du Sud et au Sahara occidental. La Journée internationale des Casques bleus a été établie par l’Assemblée générale des Nations-Unies en 2002 pour rendre hommage aux hommes et aux femmes servant dans les opérations de maintien de la paix de l’Onu et pour honorer la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour la cause de la paix.

Opérations de maintien de la paix 

« L’Egypte n’oubliera jamais ses martyrs qui ont sacrifié leur vie pour réaliser la paix et la stabilité dans le monde. Ces grands sacrifices sont une preuve éclatante de l’engagement de l’Egypte pour soutenir la paix et la sécurité internationales », souligne le communiqué. La pandémie de coronavirus a imposé des charges supplémentaires aux forces de maintien de la paix qui opèrent dans un environnement sécuritaire et humanitaire difficile et dangereux. « Le défi auquel ces forces font face aujourd’hui est l’un des plus grands qu’elles n’aient jamais eu à relever. Il s’agit de remplir leurs mandats en matière de paix et de sécurité tout en aidant les pays à lutter contre la pandémie de Covid-19 », souligne Hafez. Cette année, cinq Casques bleus égyptiens figuraient parmi les soldats de la paix qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leurs fonctions et qui ont été honorés par l’Onu. Mais qui sont les Casques bleus? Ce sont les acteurs des opérations de maintien de la paix sur le terrain. Ils font partie des forces multinationales placées sous l’autorité des Nations-Unies.

Celles-ci sont formées de civils, de militaires et de policiers et sont chargées d’assurer la sécurité et de fournir des services humanitaires à la population du pays dans lequel elles travaillent. La participation égyptienne aux missions de maintien de la paix a commencé en 1960 au Congo (ONUC). Les observateurs militaires égyptiens avaient la responsabilité d’assurer le retrait des forces belges du Congo et à aider le gouvernement national à préserver l’ordre public. A ce jour, l’Egypte a contribué à 37 missions de paix onusiennes avec la participation de plus de 30000 Casques bleus, déployés dans 24 pays en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Europe.

Une participation active

Opérations de maintien de la paix

« C’est un honneur d’être un soldat de la paix. Protéger les civils innocents contre les risques est le rôle principal de toute mission de maintien de la paix de l’Onu », déclare le major Ahmad Al-Gohary, un officier égyptien de la Mission de maintien de la paix des Nations-Unies en République centrafricaine (MINUSCA). Faisant partie des 3 000 Egyptiens servant sous le drapeau des Nations-Unies, Al-Gohary a commencé son travail en rejoignant la Mission hybride Nations-Unies-Union africaine au Darfour (MINUAD). La participation active et accrue de l’Egypte aux Casques bleus s’inscrit dans une stratégie plus large dont l’objectif est la reconstruction et le développement après les conflits en Afrique. Selon Nasr Salem, expert stratégique, le rôle de l’Egypte dans les opérations de maintien de la paix est « efficace et très apprécié des Nations-Unies et de l’Union africaine ». Les Casques bleus égyptiens ont joué un rôle central en Afrique, dans les zones les plus chaudes au Mali, en Somalie et au Darfour, et aussi en Europe, notamment en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo. En outre, selon l’expert, ces opérations visent à renforcer les capacités militaires des forces égyptiennes et à étudier de nouveaux terrains d’opérations, en particulier dans les zones importantes du point de vue de la sécurité nationale égyptienne. La contribution de l’Egypte ne se limite pas au maintien de la paix, elle participe aussi à la lutte contre le terrorisme, comme l’explique Nasser. Les forces égyptiennes qui prennent part aux missions de paix se distinguent également par leur grand professionnalisme et leur attachement aux normes de conduite et de performance les plus élevées. Ces soldats de la paix sont choisis selon des critères très spécifiques comme la formation académique de haut niveau ainsi que la capacité de s’adapter aux circonstances difficiles et d’agir dans les situations d’urgence.

Des centres de formation pour consolider la paix

L’Egypte compte un certain nombre de centres de formation et d’entraînement aux opérations de maintien de la paix. Ces institutions « font de l’Egypte un centre régional et international de formation aux opérations de maintien de la paix avec ses composantes civile, policière et militaire », précise Ahmad Hafez.

En fait, la Journée des opérations de maintien de la paix intervient quatre mois après l’inauguration d’un centre de formation aux opérations de maintien de la paix pour les Casques bleus au siège de l’Académie de police au Caire. Ce centre a pour mission de former des cadres nationaux et internationaux des deux sexes aux missions de maintien de la paix. Et de faciliter l’échange d’expériences avec les centres homologues partout dans le monde.

Autre initiative. Fondé en 1994 par le ministère égyptien des Affaires étrangères, puis réanimé en juin 2017 par un décret du premier ministre, le centre de formation au règlement des conflits et au maintien de la paix est reconnu internationalement. Ce centre situé au Caire développe des accords de coopération avec d’autres institutions de maintien de la paix et de résolution des conflits comme le centre « Pearson » au Canada, le « United Kingdom Staff College » à Camberly et « The Austrian Peace Academy » à Vienne. Le centre du Caire collabore également avec le Mécanisme de Prévention, de Gestion et de Résolution des Conflits de l’Union africaine pour une meilleure coordination régionale dans la prévention des conflits. En outre, depuis 2014, le nombre de femmes Casques bleus égyptiennes ne cesse de croître. L’Egypte compte une cinquantaine de femmes Casques bleus dans les missions onusiennes (voir page 3).

Tous ces efforts ont pavé le chemin à l’élection de l’Egypte comme présidente de la Commission de Consolidation de la Paix de l’Onu en février 2021 (CCP) en succession au Canada. L’élection de l’Egypte est intervenue après que le groupe africain à New York avait soutenu sa candidature pour occuper ce siège onusien important, selon le ministère des Affaires étrangères.

Réformer le système

La complexité des environnements sécuritaires dans lesquels opèrent les opérations de maintien de la paix et les menaces auxquelles les forces de maintien de la paix sont confrontées nécessitent une intensification des efforts pour améliorer l’efficacité du système du maintien de la paix et renforcer la sécurité. C’est dans ce contexte que l’Egypte a élaboré en 2019 la « feuille de route du Caire pour développer la performance des opérations de maintien de la paix », qui vise à améliorer l’efficacité du système de maintien de la paix. Cette initiative égyptienne a été adoptée à l’unanimité par l’Union africaine en février 2020. Cette feuille était l’une des conclusions de la Conférence régionale de haut niveau sur les opérations de maintien de la paix organisée au Caire en 2018. Elle a été adoptée par les ministres africains de la Défense lors de leur réunion en Egypte en décembre 2019. En fait, l’Egypte a donné corps à nombre de recommandations proposées par les pays africains et qui se sont concrétisées dans la feuille de route, avec l’objectif de maintenir la paix en Afrique, le continent qui accueille le plus grand nombre de Missions de maintien de la paix. Les soldats de la paix africains représentent la grande majorité au sein des Missions de maintien de la paix des Nations-Unies .



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