Semaine du 2 au 8 juin 2021 - Numéro 1376
Fatma Elshikh : Il faut toujours consulter le médecin avant de commencer un traitement
  La majorité des patients atteints du coronavirus sont conseillés de se soigner à la maison. Dr Fatma Elshikh, membre d’une équipe de médecins qui se sont dédiés au suivi de ces cas, donne quelques explications.
Fatma Elshikh
May Atta02-06-2021

AL-Ahram Hebdo : A l’apparition des premiers symptômes comment peut-on savoir s’il s’agit du coronavirus ou d’une simple grippe ?

Dr Fatma Elshikh : C’est très difficile de faire la différence, mais à la limite, la perte du goût et de l’odorat sont des symptômes caractéristiques du coronavirus, à moins que l’on souffre de sinusite chronique. D’autres symptômes sont associés au coronavirus, notamment la diarrhée, les nausées, les vomissements et les éruptions cutanées. Dans tous les cas, le patient ne doit pas hésiter à appeler son médecin s’il a une inflammation de la gorge, de la fièvre, de la toux ou des courbatures.

— Quels tests médicaux faut-il effectuer pour exclure ou confirmer le coronavirus ?

— C’est le médecin qui décidera, au cas par cas, les examens nécessaires. Pour les patients qui présentent des symptômes légers, le médecin peut demander une formule sanguine complète, ainsi que des tests CRP, ferritine et D-dimère pour évaluer l’état inflammatoire du patient. Dans certains cas, il faut effectuer ces examens dès l’apparition des symptômes, alors que dans d’autres cas, il est conseillé d’attendre deux ou trois jours. Si les résultats de ces analyses n’indiquent rien d’alarmant, et si la personne ne souffre pas de maladies chroniques, il n’y aura pas besoin d’aller plus loin. En revanche, si le patient souffre d’essoufflement, de difficultés respiratoires, de fatigue, ou si son visage prend un teint pâle ou bleuâtre, une radiographie pulmonaire sera indiquée. La radiographie s’avère également importante chez les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques, ou d’obésité.

— Qu’en est-il des tests PCR ?

— Ce test est important pour les cas qui présentent des symptômes diffus ou complexes, et pour certains cas graves qui nécessitent une prise en charge particulière. Pour la plupart des cas, les examens susmentionnés suffisent pour établir un diagnostic. Concernant la fiabilité des tests PCR, il faut noter que le taux de « faux négatifs » s’élève à 40 %, c’est pourquoi ce test est indiqué en complément avec les autres examens et avec une évaluation de l’état clinique du patient.

— La cortisone, les antibiotiques et les anticoagulants sont malheureusement souvent pris en automédication. Comment le protocole de traitement est-il décidé ?

— Pour les cas qui présentent des symptômes légers et dont les analyses sont rassurantes, le médecin prescrit un antipyrétique, comme le Paracétamol, pour faire baisser la fièvre, de la vitamine C et du zinc. Le patient doit aussi boire au moins deux litres d’eau par jour pour éviter une déshydratation. Si la fièvre ne baisse pas au bout de plusieurs jours, des antibiotiques sont prescrits. Pour les cas légers chez les patients de plus de 60 ans et de moins de 5 ans, on prescrit systématiquement des antibiotiques pour les protéger contre une infection bactérienne.

Concernant les cas plus grave, si la radiographie montre que les poumons sont sévèrement touchés ou si le taux d’oxygène baisse en dessous de 94 %, on prescrit des corticoïdes et des antiviraux, et une mise sous oxygène est envisagée. Dans ces cas-là, si le patient n’est pas hospitalisé, l’accompagnement à domicile par une infirmière ou un infirmier est vivement conseillé.

Quant aux anticoagulants, ils ne sont prescrits que pour les personnes à risque de développer une thrombose. Les analyses et l’examen clinique permettent au médecin d’en décider. Pris en automédication, les anticoagulants peuvent causer des hémorragies, alors qu’une prise de cortisone mal dosée ou inadaptée est très dangereuse, surtout pour les patients qui souffrent d’hypertension et de diabète. C’est pourquoi il faut toujours consulter le médecin avant de commencer un traitement.

— Pour les personnes souffrant de maladies chroniques, doiventelles consulter leur médecin traitant avant de commencer le traitement ?

— Tout à fait, le médecin traitant avec le pneumologue sont les deux spécialistes qui devront être consultés pour la mise au point du protocole approprié.

— Quand faut-il arrêter le traitement ?

— Les médicaments, qui atténuent les symptômes comme les antitussifs et les antipyrétiques, sont arrêtés avec la disparition des symptômes. L’arrêt des autres médicaments, comme les antibiotiques, les anticoagulants, etc. doit être décidé par le médecin.

— A quel moment peut-on dire qu’un patient est guéri et qu’il ne représente plus de danger pour son entourage ?

— La contagiosité du patient rétabli est réduite à partir du 10e jour après l’apparition des symptômes. Pour les cas sévères et hospitalisés, la période d’auto-confinement recommandée pourrait aller jusqu’à trois semaines. Il faut toujours consulter le médecin avant de terminer l’isolement.

Fatma Elshikh


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