Semaine du 5 au 11 mai 2021 - Numéro 1373
Khalafallah, roi du petit basin
  Ali Khalafallah, 24 ans, est devenu le nageur égyptien le plus rapide après avoir battu un record qui a résisté pendant 25 ans. Il est le premier Egyptien à composter son ticket olympique en 2020. Retour sur un parcours marqué par un grand succès.
Khalafallah, roi du petit bassin
Khalafallah a battu le record égyptien en s’imposant sur les 50 m libre.
Marianne Youssef05-05-2021

Le nageur Ali Khalafallah a poussé plus loin le sprint égyptien en natation deve­nant ainsi le premier et le seul Egyptien à franchir la barre de 21,98 secondes du 50 m libre. Un record qui n’a été réalisé par aucun nageur égyptien depuis 25 ans. Il a été honoré par la Fédération égyptienne de natation pour devenir le nageur égyptien le plus rapide de l’histoire de l’Egypte. Il est également le premier nageur parmi la sélection égyptienne à composter son ticket olympique au travers des Championnats du monde de Corée en juillet 2019. « Aucun nageur égyptien n’a pu battre le record de 21,98 secondes depuis longtemps. Cette épreuve de 50 m libre est ma spécialité. J’ai déployé beaucoup d’efforts dans l’entraîne­ment pour battre ce score. Je partici­pais à 3 Championnats du monde chaque année depuis 2015 pour acquérir de l’expérience », assure Khalafallah.

Les débuts de Khalafallah remon­tent à l’âge de 6 ans. Il a fait ses pre­miers pas dans les bassins au club Ahli. A l’âge de 11 ans, il accomplit sa première participation nationale où il remporte une médaille d’or aux Championnats de la République. Dès lors, il décide de déployer toute son énergie au service de sa passion qui est la natation. A 15 ans, il bat le record égyptien dans la Coupe d’Egypte et décide de partir pour­suivre ses études secondaires aux Etats-Unis. « Je n’arrivais pas à faire un équilibre entre mes études et l’en­traînement. J’ai intégré l’Académie militaire de Fork Union en Virginie. C’est une école secondaire où la natation est l'une des matières ensei­gnées dans le programme scolaire. Pendant les trois ans d’études, j’ai battu le record de l’école 7 fois en 50 m libre. Dès lors, j’ai décidé que cette épreuve serait ma spécialité. Cette épreuve, bien qu’elle soit l'une des épreuves de courte distance, est la plus difficile, car une part de seconde peut faire du nageur un gagnant ou un perdant », explique-t-il. Après avoir terminé ses études secondaires, Khalafallah intègre l’Université Indiana où il étudie le management. « Pendant les années d’université, mon niveau a nettement progressé, car j’ai participé aux Championnats NCAA. Ce sont des championnats entre les universités américaines et où la compétition est très forte. Ma meilleure performance était une 6e place en 2017 », ajoute Khalafallah.

Plusieurs exploits

Khalafallah empile les titres et les records en se faisant remarquer aux bords des bassins. En 2016, il a été classé 23e aux Jeux Olympiques (JO) de Rio en 50 m libre. En 2018, il remporte une médaille d’or aux Championnats d’Afrique d’Algérie en 50 m libre et une médaille de bronze aux Jeux méditerranéens. En 2019, il rafle une médaille d’or en 50 m libre aux Jeux africains du Maroc, une médaille d’argent en 4x100 m nage libre et en 50 m papillon. La même année, il valide son ticket olympique en remportant l’or aux Championnats du monde de Corée. « Cette qualification restera sans doute l’une de mes belles vic­toires. C’était un vrai exploit pour moi de décrocher une médaille d’or dans une telle compétition qui regroupe les grandes stars de la dis­cipline. J’ai pu devancer des adver­saires très forts, ce qui démontre que je suis sur la bonne voie et que mes efforts ont porté leurs fruits », dit-il avec fierté. Après la qualification, Khalafallah grimpe les échelons en se classant 13e mondial en 50 m libre. « Je suis le premier nageur égyptien à réaliser un tel exploit en intégrant le top 16 qui groupe les nageurs les plus rapides au monde. C’est un grand succès que mon nom figure parmi la liste des stars de cette épreuve, comme le nageur américain Klete Keller qui est pour moi un modèle », assure-t-il.

Avant de rêver à un podium olym­pique, Khalafallah doit travailler ardemment. Ainsi, les mois prochains, le jeune nageur concentrera ses efforts pour la préparation aux JO de Tokyo. « Je vais bosser avec mon entraîneur aux Etats-Unis pour être à la hauteur d’un tel événement. Je suis à la lettre un système physique, mental et nutri­tionnel pour être en bonne forme. Je participerai aussi à de nombreux stages et compétitions pour me mettre en mode JO », conclut-il.


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