Semaine du 5 au 11 mai 2021 - Numéro 1373
Khaled Al-Hosseiny : Les opportunités d’investissement à la Nouvelle Capitale sont très diversifiées
  Khaled Al-Hosseiny, porte-parole de la Société de la Nouvelle Capitale administrative pour le développement urbain, fait le point sur l’évolution des travaux dans ce projet gigantesque.
Khaled Al-Hosseiny
(Photo : Mohamad Abdou)
Marwa Hussein05-05-2021

Al-Ahram Hebdo : Comment l’idée d’une Nouvelle Capitale est-elle née ?

Khaled Al-Hosseiny : L’annonce de la création de la Nouvelle Capitale administrative a eu lieu lors de la Conférence économique de Charm Al-Cheikh en mars 2015. Plusieurs raisons ont incité l’Etat à considérer ce projet. La plus importante est la croissance démographique, l’encombrement de de la capitale, ainsi que l’insuffisance des infrastructures. Les travaux de construction sur le terrain ont commencé en juin 2016. Je veux souligner que nous sommes en train de construire une capitale administrative et non pas une capitale politique. Le Caire restera Le Caire. La Nouvelle Capitale administrative sera construite sur 730 km2, c’est une grande superficie, plus grande que Singapour, donc elle ne peut pas être construite d’un coup. Les travaux de construction seront donc répartis sur plusieurs phases. La première est sur 40 000 feddans, soit environ 250 km2. Les traits de cette première phase devraient être finalisés en 2023. En juin prochain, environ 50 000 fonctionnaires seront transférés vers la Nouvelle Capitale administrative, dont la capacité résidentielle sera de 6 millions d’habitants afin de réduire le surpeuplement du Caire.

— Ces fonctionnaires qui travailleront dans la Nouvelle Capitale administrative pourront-ils y résider ?

— Les travaux de construction de 10 000 unités de logement pour les fonctionnaires ont été achevés. Ces unités leur seront offertes avec des facilités de paiement, les services et le prix des terrains ne seront pas inclus, afin que le prix de l’unité ne dépasse pas les 500 000 L.E. Les versements prendront en considération les salaires des fonctionnaires. D’autres unités seront construites plus tard et couvriront 40 % des besoins des fonctionnaires qui travailleront dans la capitale, vu qu’ils ne vont pas tous vouloir y résider.

— Quand est-ce que vous prévoyez l’arrivée des premiers résidents ?

— Les travaux dans les projets résidentiels sont en cours. Vers la fin de l’année prochaine, une grande partie de ces projets sera terminée. Bien sûr, la décision d’emménager dans la Nouvelle Capitale administrative appartient aux habitants. Mais nous prévoyons que les premiers résidents de la Nouvelle Capitale administrative arriveront en 2022, lorsque les services et les travaux d’infrastructure des quartiers résidentiels seront achevés.

— Quels sont les autres quartiers où les travaux ont progressé ?

— Les travaux de construction se déroulent d’arrache-pied dans le quartier gouvernemental qui regroupera 31 ministères. Tous les ministères, à l’exception de ceux de l’Intérieur et de la Défense dont les nouveaux sièges ont déjà été construits ailleurs, ont des édifices dans la Nouvelle Capitale administrative. Les travaux de construction du palais présidentiel sont en cours. Les travaux sont également en cours dans le quartier diplomatique qui regroupera les ambassades, ainsi que les missions des Nations-Unies et de l’Union africaine. Déjà, 60 pays nous ont accordé leur approbation pour se procurer des terrains dans la Nouvelle Capitale administrative. J’imagine que d’autres suivront.

— Quelles sont les sources de financement de la Nouvelle Capitale administrative ?

— C’est un projet d’investissement, c’est-à-dire qu’il n’est pas financé par le budget de l’Etat. Un décret présidentiel a octroyé à la Société de la Nouvelle Capitale administrative la propriété de tous les terrains. Notre entreprise vend les terrains aux investisseurs et les revenus sont utilisés pour financer les travaux d’infrastructure et de construction des routes. La construction de la Nouvelle Capitale administrative a apporté de la valeur ajoutée à l’Egypte, car des terrains désertiques ont été construits. Le prix du mètre carré tourne autour de 5 000 L.E. pour les édifices résidentiels et ceux à caractère éducatif, 4 000 L.E. pour les activités médicales, entre 15 000 et 18 000 L.E. pour les activités commerciales et administratives, alors que le prix du mètre carré au début du projet était compris entre 5 et 300 dollars. Cette hausse est le résultat des travaux qui ont été réalisés. Bien que la Société de la Nouvelle Capitale administrative ait le droit de demander des crédits bancaires, nous n’avons eu recours ni aux banques ni à la Bourse jusqu’à présent. C’est un indicateur de l’efficacité financière du projet. Nous prévoyons des profits en 2023, une fois les travaux d’infrastructure terminés.

— Qui surveille les finances de la Nouvelle Capitale administrative ?

— Les ministères de la Défense et du Logement sont les fondateurs de la Nouvelle Capitale administrative et de la société en charge de sa gestion. Notre capital est de 24 milliards de L.E. 10 % de cette somme, soit 2,4 milliards de L.E., ont été effectivement payés par les propriétaires pour fonder l’entreprise, et ce, conformément à la loi. Le budget de l’entreprise est présenté aux propriétaires et doit être révisé et surveillé par l’Organisme central des comptes à l’instar de toutes les entreprises publiques.

— Qui sont les principaux investisseurs dans la Nouvelle Capitale administrative ?

— Au total 360 entreprises investissent dans la Nouvelle Capitale administrative. Une partie importante des investissements proviennent de pays comme la Chine, la France et l’Allemagne par l’intermédiaire d’entreprises qui offrent des services, comme Electricité de France (EDF) qui gère les services d’alimentation en électricité. Les Chinois investissent dans le domaine résidentiel et administratif, notamment la construction de la plus haute tour d’Afrique, ainsi que le projet de train électrique. Nous avons également conclu des accords avec des investisseurs émiratis, saoudiens et de quasiment tous les pays du Golfe. Bien sûr, beaucoup d’investisseurs égyptiens sont présents dans la Nouvelle Capitale administrative.

— Quels sont les avantages d’investir dans la Nouvelle Capitale administrative ?

— Nous avons adopté plusieurs mesures pour attirer les investisseurs et faciliter leur tâche. La Nouvelle Capitale administrative est une communauté urbaine, les opportunités d’investissement y sont diversifiées. A titre d’exemple, nous sommes en train de construire une Cité médicale qui comprendra des hôpitaux et des facultés de médecine. En plus, nous avons simplifié les procédures et les investisseurs ont affaire à une seule instance. L’Etat a classé la Nouvelle Capitale administrative dans la catégorie A en matière d’investissement, et cela signifie que le projet bénéficie de 50 % de réduction de taxes.

Les opportunités d’investissement à la Nouvelle Capitale sont très diversifiées
Les travaux se déroulent d’arrache-pied dans le quartier central des affaires. (Photo : Mohamad Abdou)

— Quels sont les facteurs d’attraction pour les potentiels résidents ?

— L’Egypte a construit plusieurs communautés urbaines comme les villes du 6 Octobre, de Cheikh Zayed et du 10 du Ramadan. Les facteurs d’attraction de la Nouvelle Capitale administrative sont différents. Il s’agit d’une ville plus large où la gestion du trafic sera assurée par un centre de contrôle intelligent qui empêche les embouteillages. Les surfaces vertes y seront plus importantes que dans toutes les autres villes, soit 15 m2 par habitant contre 1 m2 carré au Caire. Les constructions occupent seulement 25 % de la superficie totale de la Nouvelle Capitale administrative. Les paiements des services comme l’eau, le gaz, l’électricité et même le parking seront électroniques en vertu d’un accord déjà conclu avec MasterCard. De nouvelles routes liant la Nouvelle Capitale administrative au Caire, à la ville de Suez et à Al-Aïn Al-Sokhna sont en construction. L’Etat est en train de construire deux projets de transport importants pour lier la Nouvelle Capitale administrative aux autres régions, à savoir le monorail et le train électrique. La Nouvelle Capitale administrative est située à 45 km du centre du Caire.

— Quels ont été les effets de la pandémie de coronavirus sur la progression des travaux de construction ?

— Le coronavirus a eu des effets sur le monde entier et sur la progression des travaux dans la Nouvelle Capitale administrative qui ont pris du retard. Le marketing et les ventes ont été affectés. Nous avons approuvé le rééchelonnement des paiements pour les investisseurs qui ont eu des difficultés pendant le confinement. Le confinement et les règles de distanciation sociale ont aussi retardé la mise en oeuvre de certains projets. Maintenant, nous avons retrouvé les niveaux de travail normaux et nous essayons de rattraper le retard qui a résulté de la pandémie.

— Qu’en est-il du nom de la Nouvelle Capitale administrative ?

— Le nom n’a pas encore été choisi, nous avons sollicité la participation des citoyens en leur demandant de proposer un nom et un logo pour la Nouvelle Capitale administrative. Nous avons reçu plus de 5 000 propositions. Nous allons inclure aussi les facultés d’art et de polytechnique par l’intermédiaire du ministère de l’Education. Un comité, qui regroupe le président de l’Association géographique, Zahi Hawas, le poète Farouq Goweida et d’autres personnalités du monde de la culture et des arts ainsi que des historiens, va consulter les milliers de propositions et choisir le nom et le logo, selon une vision artistique et culturelle liée à l’histoire de l’Egypte.

— Une fois la Nouvelle Capitale administrative construite, les résidents du Caire devront-ils faire le trajet jusqu’à celle-ci pour se procurer certains services ?

— Les bureaux des services des citoyens resteront en place au Caire jusqu’à ce que les applications intelligentes permettant aux citoyens d’obtenir ces services en ligne soient répandues.

— L’Etat a-t-il choisi un modèle de construction particulier pour garantir le succès de la Nouvelle Capitale administrative et éviter les lacunes ?

— Nous avons pris en considération les expériences d’autres pays, ainsi que les expériences précédentes en Egypte comme celle des villes de Sadate et du 10 du Ramadan qui n’ont pas connu de grand succès. Le problème principal des autres nouvelles villes égyptiennes était le manque de moyens de transport public. Nous avons également étudié les expériences d’autres pays comme Brasilia du Brésil, Nur-Sultan au Kazakhstan, Abuja au Nigeria et Sejong en Corée du Sud. La Chine aussi est en train de se construire une nouvelle capitale administrative. Il est important d’apprendre des expériences des autres.


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