Semaine du 14 au 20 avril 2021 - Numéro 1370
Le développement en tant que vecteur des droits de l’homme
  Intitulée « Droits de l’homme … Reconstruire le monde de l’après-pandémie », une conférence organisée par le Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques a réuni ministres, hauts responsables et représentants d’ONG et d’organisations onusiennes. Bilan.
Le développement en tant que vecteur des droits de l’homme
Aliaa Al-Korachi14-04-2021

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« Nous sommes tous dans le même bateau. Des individus aux gouvernements, de la société civile et des communautés au secteur privé, chacun a un rôle à jouer dans la construction du monde de l’après-Covid-19 ». Tel était le message lancé par les Nations-Unies en décembre 2020, mettant l’accent sur le fait que « les droits de l’homme doivent être au coeur des efforts de reprise ». Sous le titre « Droits de l’homme ... Reconstruire le monde de l’après-pandémie », le Centre de la pensée égyptienne et des études stratégiques (ECSS) a organisé, le 8 avril, une conférence-débat riche en informations à laquelle ont participé des ministres, des ambassadeurs, des députés, des experts et des représentants d’organisations internationales et locales dans le domaine des droits de l’homme, ainsi que des ONG, pour partager leurs expériences et leurs réflexions (voir Ils ont dit pages 4 et 5). Les travaux de la conférence, qui ont duré toute la journée, étaient répartis sur 3 sessions intitulées respectivement « L’objectif est l’être humain », « Les problématiques de l’égalité et l’encouragement des efforts de développement durable » et « La solidarité comme pierre angulaire ». « La conférence intervient au moment où il est question de lancer un dialogue global sur la question des droits de l’homme dans le monde de l’après-pandémie, basé sur l’agenda international lancé par l’Onu en décembre dernier. L’objectif de la conférence est de parvenir à des recommandations théoriques et pratiques sur cette question délicate », a déclaré Dr Khaled Okacha, directeur du centre, au cours de son allocution inaugurale. Et d’ajouter : « La question des droits de l’homme a un caractère participatif. C’est pourquoi le centre a tenu à ce que la représentation soit ample et diversifiée avec des représentants du gouvernement égyptien, du secteur privé, de la société civile, des conseils nationaux et des organisations des droits de l’homme, ainsi que des organisations internationales ». Quelle boussole pour l’après-pandémie ? Pour répondre à cette question, cinq ministres ont contribué aux débats et fourni leurs visions.

Le droit au développement

« Pour l’Egypte, le droit au développement est l’un des principes directeurs des droits de l’homme pour garantir l’égalité des chances à tous en ce qui a trait à l’accès aux ressources de base, à l’éducation, aux services de santé, à l’alimentation, au logement et à l’emploi », a déclaré Hala Al-Saïd, ministre de la Planification et du Développement économique, lors de son intervention à la conférence. La ministre a également souligné que l’agenda international lancé par les Nations-Unies sert de boussole qui oriente le monde entier vers les efforts nécessaires pour sortir de cette crise, avec la nécessité de redéfinir les priorités selon une perspective des droits de l’homme. Selon le rapport 2021 sur le financement du développement durable, quelque 16 000 milliards de dollars ont été investis pour combattre les pires effets de la crise, mais moins de 20 % de cette somme a été dépensé dans les pays en développement. « L’Egypte figure parmi les premiers pays au monde à adopter les objectifs de l’Onu », a déclaré Al-Saïd avant de passer en revue les politiques proactives prises par le gouvernement pour atténuer les répercussions de la pandémie sur le citoyen. « L’Egypte a récemment mis en place de nombreuses réformes : contrôle des politiques monétaires, réforme du secteur énergétique, libéralisation des taux de change, investissements dans les infrastructures et restauration de la confiance des investisseurs et du secteur privé, qui est un partenaire-clé du développement en Egypte », a souligné la ministre. C’est ainsi que le coût total des investissements publics s’est élevé à 2,7 trillions de L.E., avec une augmentation annuelle moyenne de 27 %. Les investissements dans les secteurs du développement humain (santé et éducation) se sont élevés à 220 milliards de L.E. avec une augmentation annuelle moyenne de 36 %. Les investissements visant à développer les infrastructures dans les secteurs du transport, de l’eau, de l’assainissement et de l’électricité se sont élevés à 1,7 milliard de L.E. avec une augmentation annuelle moyenne de 27 %.

La diplomatie économique

« L’année 2020 était une année exceptionnelle à bien des égards », a déclaré Dr Rania Al-Machat, ministre de la Coopération internationale. Selon la ministre, la pandémie de Covid-19 relève d’une situation d’urgence sanitaire publique, mais elle est aussi une crise humaine. Aucun pays n’a échappé à ses conséquences, quel que soit son taux de croissance économique. « Cette crise a démontré que la solidarité internationale est plus que jamais nécessaire. Elle a poussé les pays à accélérer le rythme des réformes, en particulier dans le domaine de la transformation numérique, de la protection sociale, de la sécurité alimentaire et des soins de santé », a précisé Al-Machat. Et d’ajouter : « La diplomatie économique est un nouveau concept mis en place par le ministère de la Coopération internationale pour faire progresser cette coopération multilatérale et réaliser la vision Egypte 2030. Grâce à la diplomatie économique et aux partenariats internationaux, nous avons réussi à prendre des mesures pour combler le déficit de financement en concluant des accords d’une valeur de 9,8 milliards de dollars en 2020. 6,7 milliards de dollars ont été consacrés aux différents secteurs, alors que 3,2 milliards de dollars sont allés au secteur privé ».

La continuité des services de santé pendant la pandémie

Où est situé l’accès aux soins de santé dans le système des droits de l’homme ? Hala Zayed, ministre de la Santé, a répondu à cette question en passant en revue les initiatives lancées par l’Egypte dans le domaine de la santé au cours de ces dernières années, qui n’ont pas été interrompus malgré la pandémie. « L’Egypte a lancé de nombreuses initiatives importantes, notamment la campagne 100 millions de citoyens en bonne santé, la campagne de détection précoce de l’anémie, du retard de croissance et de l’obésité et l’initiative visant à mettre fin aux listes d’attente des opérations chirurgicales », assure Dr Hala Zayed. Elle a souligné que le plus grand défi pour le monde n’est pas seulement de faire face à la pandémie, mais aussi de continuer à fournir les soins de santé essentiels. Un défi que l’Egypte a pu relever avec succès, selon la ministre. « L’initiative visant à combattre l’hépatite C était accessible à tous les résidents en Egypte sans aucune discrimination, y compris les non Egyptiens. De plus, des centres de traitement de l’hépatite C ont été créés dans un certain nombre de pays africains. En outre, les détenus ont également été inclus dans des initiatives de santé publique, en leur fournissant un soutien psychologique, ainsi que des services de santé et de prévention, en coopération avec le secteur des services médicaux du ministère de l’Intérieur », souligne la ministre.

L’éducation pour tous

Par ailleurs, au cours de son intervention, Dr Tarek Shawki, ministre de l’Education et de l’Enseignement technique, a expliqué comment le droit à l’enseignement a été préjudicié à cause de la pandémie. « L’expérience égyptienne a été classée par les organisations internationales comme faisant partie des trois meilleures expériences éducatives au monde pendant le Covid-19 », a précisé Shawki. Les efforts de l’Etat pour développer l’éducation au cours de la période pré-pandémie ont permis de surmonter les effets du Covid-19. L’Egypte a investi dans les infrastructures scolaires pour rendre Internet accessible à tous les élèves. « Sans les investissements dans l’infrastructure et le développement continu, nous n’aurions pas été en mesure de fournir une éducation à tous pendant la pandémie », a souligné Shawki.

Une stratégie nationale des droits de l’homme

« La protection des droits de l’homme est un processus continu et a un effet cumulatif », a précisé l’ambassadeur Alaa Roushdi, ministre adjoint des Affaires étrangères et chef par intérim du secrétariat technique du Haut Comité permanent des droits de l’homme, lors de son intervention devant la conférence. « Accorder un intérêt aux droits de l’homme, qu’ils soient économiques, sociaux, culturels, civils ou politiques, est au coeur du plan de développement global de l’Etat », a déclaré Roushdi. Et de conclure : « La première stratégie nationale à long terme pour les droits de l’homme, en voie d’achèvement, reflète la volonté politique d’adopter une approche globale et sérieuse à la promotion des droits et des libertés fondamentales en Egypte ».


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