Semaine du 24 au 30 mars 2021 - Numéro 1367
La femme égyptienne à l’honneur
  A l’occasion de la Fête des mères, le président Abdel-Fattah Al-Sissi a salué le rôle de la femme égyptienne et affirmé que son autonomisation est une priorité de l'Etat. Le chef d’Etat a appelé à une loi « équilibrée » sur le statut personnel.
La femme égyptienne à l’honneur
Le président Sissi et son épouse à la cérémonie de la Fête des mères honorant les mères idéales.
May Al-Maghrabi24-03-2021

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi et son épouse Entissar Al-Sissi ont assisté, dimanche 21 mars, à la célébration de la Fête des mères en présence du premier ministre, du grand imam d’Al-Azhar, de députés et de hauts responsables. Le chef d’Etat a honoré les « mères idéales » en leur offrant boucliers et médailles. Le président a appelé les participants à se lever une minute, en guise de respect à la femme égyptienne. Le président a tenu à saluer la petite Maya qui avait exprimé le souhait de le rencontrer. « Au cours des dernières années, la célébration de la Fête des mères est devenue une tradition qui me touche particulièrement au coeur. L’Etat y rend hommage à la femme égyptienne pour ses efforts, ses sacrifices et sa participation active à la reconstruction de la patrie. Vous êtes le bouclier de l’Etat et la clé de son avenir », a dit le président dans son discours prononcé à cette occasion. « Bonne fête à celle dont les sacrifices et les contributions sont interminables, bonne fête à toute mère égyptienne inspirante, militante et lucide », a écrit, pour sa part, Entissar Al-Sissi, sur son compte officiel Facebook, félicitant les mères égyptiennes à leur fête.

La cérémonie a commencé par la diffusion d’un documentaire intitulé « L’arbre du futur », étalant les contributions et le rôle de la mère égyptienne dans la société. Le documentaire a mis la lumière sur plusieurs initiatives de sensibilisation destinées à promouvoir les droits politiques, constitutionnels et économiques de la femme, ainsi que sur les campagnes nationales contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF).

Dans son discours, le président Sissi a exprimé son aspiration à ce que le nouveau projet de loi sur le statut personnel soit équilibré. « L’Etat veut une loi sur le statut personnel qui fait l’équilibre entre les droits des femmes et ceux des hommes. Ce projet doit être soumis à un vaste débat social permettant d’explorer les revendications des parties concernées », a indiqué le président Sissi, soulignant l’importance de créer un climat approprié pour les enfants en cas de séparation de leurs parents. Le président a tenu à remercier le grand imam d’Al-Azhar, cheikh Ahmad Al-Tayeb, pour les contributions de l’institution religieuse au projet de loi, et a exhorté le parlement à adopter une loi qui interdit le phénomène très répandu du mariage précoce.

La femme égyptienne à l’honneur
Le président répond favorablement au souhait de la petite Maya qui voulait le rencontrer.

Ces déclarations du président interviennent alors que le nouveau projet de loi sur le statut person­nel — réglementant les questions de mariage, de divorce, de tutelle et de garde des enfants — est au centre d’une vive controverse depuis l’an­nonce de ces clauses, fin février, par le Conseil des députés. La semaine dernière, un hashtag intitulé « La tutelle (des enfants) est mon droit » a été lancé sur la toile. De nombreuses femmes ont partagé des histoires personnelles sur la façon dont la loi actuelle sur le statut personnel entrave leur droit de prendre des décisions pour elles-mêmes et leurs enfants.

Mesures de soutien à la femme

« Depuis que j’ai pris mes fonctions, j’ai fait de l’autonomisation et de la protection de la femme un axe principal du plan de développement. Aujourd’hui, la femme égyptienne, qui a réussi dans tous les domaines, est devenue un exemple à suivre dans le monde entier. La femme égyptienne est l’héroïne des plans de réforme de l’Etat qui n’auraient pas abouti sans la volonté et la persévérance des femmes à qui je voue un grand respect », a déclaré le président Sissi. Il a appelé le ministère du Transport à fournir aux femmes les mesures de protection nécessaires dans les transports en commun. Il a de même expliqué que les efforts continus de l’Etat pour déplacer les habitants des bidonvilles vers des logements résidentiels sûrs s’inscrivent dans le cadre d’une volonté de protéger les femmes.

Pour renforcer l’autonomisation économique de la femme, le président a enjoint à la Banque Centrale de faire barrage à toute discrimination basée sur le sexe en ce qui concerne l’octroi des crédits et les financements des projets, et de faciliter les procédures aux femmes les plus nécessiteuses. Il a de même ordonné à l’Organisme de développement des petits et moyens projets et au ministère de la Solidarité sociale, en coopération avec le ministère de l’Agriculture et le Conseil National de la Femme (CNF), de mettre en place des programmes d’aide à la femme rurale par le biais des crédits. « C’est la voie la plus sûre vers l’égalité des sexes, l’éradication de la pauvreté et la croissance économique inclusive », a affirmé le président.

Sur un autre niveau, le président a chargé le ministère de la Planification et le CNF de suivre le statut des femmes qui occupent des postes-clés ou qui siègent au sein des conseils d’administration des entreprises privées et publiques. Par ailleurs, il a demandé aux ministères concernés de prendre les mesures nécessaires pour réduire le phénomène des femmes endettées et faciliter les initiatives lancées en leur faveur.

Une meilleure représentativité

La femme égyptienne à l’honneur
Le président exprime son estime aux mères idéales.

Des engagements sincères en faveur de la femme, ont estimé dans leur discours Maya Morsi, présidente du CNF, et Névine Al-Qabbag, ministre de la Solidarité sociale. « Grâce à la volonté du président, les droits sociaux, économiques et politiques des femmes sont assurés », a affirmé Morsi. Exprimant sa fierté de voir aujourd’hui des dizaines de femmes membres du Sénat et du Conseil des députés, Morsi a fait savoir que l’Egypte est classée aujourd’hui au 66e rang mondial en ce qui concerne la représentation des femmes dans les organes parlementaires, alors qu’elle était au 135e rang récemment. Elle a salué les récentes démarches des organes judiciaires visant à permettre aux femmes d’accéder au Conseil d’Etat et au Parquet général, autrefois réservés aux hommes. De son côté, Al-Qabbag a abordé les efforts de l’Etat pour améliorer les conditions de vie des gens, en particulier les femmes. Chiffrant ses efforts, elle a indiqué, à titre d’exemple, que 14,3 millions de personnes bénéficient du programme d’aide sociale « Takafol wa Karama » dont 75 % de femmes. Elle a ajouté que le gouvernement, en coopération avec les organisations de la société civile, travaille sur le remboursement des dettes de 50 % des femmes endettées. Des mesures parmi d’autres qui s’inscrivent dans le cadre de l’engagement du président de la République à soutenir la femme.


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