Semaine du 3 au 9 mars 2021 - Numéro 1364
L’économie africaine face aux défis
  La contraction de l’économie africaine (en raison du Covid-19) a été l’un des thèmes évoqués cette année par le Forum d’Assouan. Selon la Banque mondiale, le niveau de vie moyen a reculé d’une décennie en Afrique subsaharienne.
L’économie africaine face aux défis
L'Afrique doit canaliser les opportunités d'investissement pour accélérer la reprise post-Covid-19.
Marwa Hussein03-03-2021

En 2021, l’Afrique subsaharienne devrait se relever de la première récession que la région a connue depuis 25 ans et la pire survenue en un demi-siècle. Selon les prévisions de la Banque Mondiale (BM), la région connaîtra une croissance modérée mais positive de 2,7 % cette année contre une contraction économique d’environ 3,7 % en 2020. « Malgré cette prévision optimiste, l’Afrique, confrontée à la pandémie de Covid-19, aura encore d’importants défis à relever pour garantir une croissance et une prospérité durables », estime la Banque africaine de développement, soulignant que parmi les conséquences majeures de la crise sanitaire figure la hausse pour les gouvernements africains des besoins d’emprunter pour couvrir les dépenses induites par la pandémie. La dette publique a considérablement augmenté dans la région pour atteindre, selon les estimations, 70 % du PIB en moyenne au cours de l’année écoulée.

En outre, la crise du Covid-19 a eu des répercussions sévères sur le niveau de vie des habitants de la région. Celle-ci a enregistré une baisse de 6,1 % du revenu par habitant, la « contraction la plus profonde jamais enregistrée », indique la BM dans ses dernières perspectives. Cette dernière estime que la pandémie a fait reculer le niveau de vie moyen d’au moins une décennie pour un quart des économies d’Afrique subsaharienne. L’institution internationale prévoit une autre baisse de 0,2 % cette année. En effet, entre 2000 et 2018, le taux de croissance annuel moyen du Produit Intérieur Brut (PIB) des pays africains a atteint près de 7,2 %. Selon l’Agence française de développement, cette croissance élevée a permis à l’Afrique de réduire le taux de pauvreté (fait de vivre avec moins de 1,9 dollar par jour) de 9 %. Il reste cependant encore élevé avec 37,9 % de la population vivant en dessous du seuil de la pauvreté.

Les Etats les plus touchés sont ceux où la pandémie a le plus frappé, ceux qui sont fortement tributaires des secteurs du voyage et du tourisme et ceux qui exportent des produits de base, en particulier le pétrole. Malgré les difficultés endurées par les économies africaines en 2020, comparées à d’autres régions, l’économie de la région africaine a été moins touchée. Selon le Fonds Monétaire International (FMI), l’économie de l’Afrique subsaharienne a reculé de moins que la moyenne mondiale (-4,3 %, selon la BM). En fait, 11 des 24 pays, qui ont connu une croissance l’an dernier, se trouvent dans la région. Cependant, les risques de dégradation continuent de menacer l’Afrique subsaharienne, selon la Banque mondiale. Parmi ces risques, il y a la croissance des principaux partenaires commerciaux qui pourrait être inférieure aux prévisions et le fait que la distribution à grande échelle d’un vaccin contre le Covid-19 dans la région se heurte à de nombreux obstacles, notamment les insuffisances des infrastructures de transport et le manque de capacité des systèmes sanitaires.


Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire