Semaine du 10 au 16 février 2021 - Numéro 1361
Mohamed Fateen : Les donneurs doivent effectuer une gamme d’analyses pour s’assurer de leur bonne santé
  L’Egypte élabore une loi pour réglementer la production, et éventuellement l’exportation, du plasma. Le docteur Mohamed Fateen, professeur d’hématologie à l’Université du Caire, explique les vertus thérapeutiques de cette composante du sang.
Les donneurs doivent effectuer une gamme d’analyses pour s’assurer de leur bonne santé
May Atta10-02-2021

Al-Ahram Hebdo : Une loi pour régulariser la production du plasma sanguin et de ses dérivés figure sur l’ordre du jour du par­lement égyptien. C’est quoi le plasma et quelles en sont les fonc­tions thérapeutiques ?

Docteur Mohamed Fateen : Disons d’abord que le sang est formé de glo­bules rouges, de globules blancs et de plaquettes. Le plasma est le liquide dans lequel baignent ces composants. Le plasma transporte les substances nutritives (protéines, glucides, lipides et des sels minéraux) ainsi que les hormones aux divers organes du corps pour qu’ils puissent fonction­ner. Le plasma peut aussi être frac­tionné pour la fabrication de nom­breux dérivés, tels l’albumine ou les fractions anti-hémophiliques.

— Le projet de loi en question traite en détail la création et la gestion des centres de collecte du plasma. Comment expliquez-vous cet intérêt en ce moment précis ?

— Les services d’urgence dans les hôpitaux utilisent le plasma dans les cas de patients ayant subi une impor­tante perte de sang due à une maladie ou de graves blessures. Dans ces cas, les médecins recourent à une transfu­sion de plasma. Mais il faut aussi noter que l’utilisation du plasma dans le traitement du coronavirus lui a donné une importance nouvelle.

— Pouvez-vous nous donner des exemples de maladies traitées avec le plasma ou ses dérivés ?

— Outre les situations d’urgence déjà mentionnées, les transfusions plasmatiques sont utilisées dans le traitement de certains cancers du sang.

Quant aux dérivés du plasma, ils sont utilisés dans le traitement de cer­taines maladies immunitaires, pour la plupart des maladies génétiques chro­niques dont la plus connue est l’hé­mophilie.

Aussi, certaines maladies rénales et hépatiques sévères entraînent une réduction des taux d’albumine dans le sang, ce qui nécessite une transfusion d’albumine.

— Quels sont les risques infectieux d’une transfusion plasmatique et comment les éviter ?

— Les risques les plus sérieux concernent une transmission des virus A et B de l’hépatite, ainsi que le virus VIH responsable du sida. Il existe aussi un risque d’infection bactérienne. Pour limiter ces risques, les mesures d’hygiène doivent être suivies, notamment en ce qui concerne le stockage des produits sanguins, aussi les centres de collecte de sang doivent enregistrer l’identité et l’historique médical des donneurs lesquels devront effectuer une gamme d’analyses pour s’assurer de leur bonne santé et des intervalles à respecter entre deux dons qui sont dans l’ordre de 8 semaines.

— Qu’en est-il de l’utilisation du plasma dans le traitement des personnes atteintes du coronavirus ?

— Ce traitement, appelé plasma thérapie, a été testé sur des malades du Covid-19, notamment lors de la première vague de l’épidémie au printemps 2020. Il s’agit de leur apporter des anticorps en leur transfusant du plasma de patients guéris. Ces derniers devaient être dans leur premier mois de convalescence, là où les niveaux d’anticorps protecteurs sont encore élevés. Mais malheureusement, les résultats de cette intervention de dernier recours n’ont pas été très prometteurs.


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