Semaine du 3 au 9 février 2021 - Numéro 1360
Agriculture : A la conquête du desert
  Le président Sissi a récemment inspecté le projet Mostaqbal Misr (avenir de l’Egypte) de bonification d’un demi-million de feddans à Dabaa. L’occasion de jeter un coup de projecteur sur la stratégie agricole de l’Etat destinée à réaliser l’autosuffisance alimentaire et stimuler les exportations agricoles.
Agriculture : A la conquête du désert
Le président Sissi sur les chantiers du projet de bonification d’un demi-million de feddans sur le long de l’axe d’Al-Dabaa au nord-ouest du pays.
Yasser Moheb03-02-2021

Mi-janvier, le président Abdel-Fattah Al-Sissi a inspecté le projet Mostaqbal Misr (avenir de l’Egypte) de la bonification de 500 000 feddans sur le long de l’axe d’Al-Dabaa au nord-ouest du pays. Un nouveau projet prometteur qui s’ajoute à celui d’un million et demi de feddans, et qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie de l’Etat visant à conquérir les déserts pour assurer l’autosuffisance alimentaire et maximiser les exportations agricoles. « Il s’agit de maximiser la bonification des terres et de la production agricole. Ce projet vient s’ajouter à la gamme des projets nationaux de développement, mis en place dans tous les domaines en Egypte », selon le communiqué de Bassam Radi, porte-parole de la présidence. « Le projet vise à assurer des produits agricoles de haute qualité et à des prix convenants et à combler le fossé entre la production et l’importation sur le marché local, ce qui permettra d’assurer les devises étrangères et se répercutera positivement sur l’économie nationale. De même, il permettra de créer des milliers d’emplois directs et indirects aux différentes tranches sociales du peuple, vu les activités diversifiées et les nombreuses opportunités d’investissement qu’il assurera », énumère le communiqué, expliquant que l’exécution du projet inclut nombre de grandes sociétés agricoles spécialisées du secteur privé, et dont les terres agricoles sont irriguées par un système de pivot.

Situé sur le long de l’axe d’Al-Dabaa, au nord-ouest du pays, le site du projet a été choisi soigneusement sur le plan géographique, étant donné qu’il est proche des ports destinés à l’exportation, des aéroports et des zones industrielles. Ce qui pourra certainement faciliter le transport et l’accès des produits agricoles aux différents gouvernorats ou à l’extérieur du pays. Le président du syndicat des Agriculteurs égyptiens, Sayed Khalifa, souligne que les travaux de l’exécution du projet Avenir de l’Egypte ont commencé en avril 2017, sous la supervision des forces armées égyptiennes, indiquant que la superficie cultivée du projet jusqu’à aujourd’hui est de 200 000 feddans, regroupant des cultures toutes stratégiques, dont 17 000 de blé, 25 000 de betteraves à sucre et 35 000 de pommes de terre, en plus de quelques autres légumes y compris les tomates. Khalifa souligne aussi que l’exécution de ce projet se fait conformément à la technologie la plus avancée et les techniques les plus modernes au monde, tout en indiquant que 8 autres feddans d’arachides sont également cultivés parmi les superficies du projet, ce qui représente une source d’huiles fort consommables, et dont l’Egypte importait 90 % de ses besoins de l’étranger, ce qui aide à réaliser l’autosuffisance d’un grand nombre des besoins de l’Etat des légumes et fruits et des denrées alimentaires.

De un à quatre millions de feddans

Dans un pays où plus de deux tiers de sa superficie est désertique, le défi de l’Etat, ainsi que des agronomes est d’exploiter ces terrains désertiques pour les cultiver et y créer de nouvelles agglomérations basées sur l’agriculture. Ce qui contribuera par conséquent à répondre aux besoins accrus qu’impose la croissance démographique, mais aussi à réaliser les objectifs du plan du gouvernement pour le développement durable.

C’est ce qui explique l’intérêt accordé aux projets de bonification des terrains comme a déclaré le premier ministre, Moustapha Madbouli, indiquant que le président Sissi suit régulièrement les avancées des projets de développement et de bonification des terres et qu’il a enjoint au gouvernement d’accélérer l’achèvement de l’infrastructure du projet de bonification et de remise en état de 1,5 million de feddans dans différents secteurs et zones géographiques. Le président a notamment chargé les organismes concernés de finaliser tous les travaux d’infrastructure nécessaire pour ce projet, y compris les routes, les systèmes de drainage agricole et les réseaux de télécommunications, tout en appelant à faciliter l’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises.

L’objectif de ce projet est passé d’un million de feddans, (1 feddan = 1,038 acres, 0,42 hectare), pour devenir 1,5 million de feddans comme première phase de la bonification de 4 millions de feddans, dans un mouvement qui vise à corroborer le plus grand secteur économique du pays, celui agricole, qui représente plus de 17 % du Produit Intérieur Brut égyptien (PIB, indicateur économique mesurant la valeur de tous les biens et services produits dans un pays sur une année). Le général Amr Abdel- Wahab, président de la société Tanmiyate Al-Rif Al-Mesri Al-Gadid (développement de la nouvelle campagne égyptienne), entité responsable de la direction et de l’exécution du méga-projet national de bonification de 1,5 million de feddans, passe en revue l’état d’avancement du projet, faisant état de la mise en application de nouvelles mesures en faveur des petits agriculteurs et des jeunes, ainsi que pour les investisseurs dans le secteur de l’agriculture et du développement durable. « Nous avons réussi à frayer et créer plus de 80 km d’autoroutes dans les deux régions Al-Moghra et l’ouest de Minya, pour un coût de plus de 400 millions de L.E., en plus de 325 km de routes secondaires au service des agriculteurs participant au projet », souligne Amr Abdel-Wahab. Il ajoute que deux zones de services ont été planifiées et installées, renfermant des magasins, des bâtiments consacrés aux ateliers, d’autres aux sièges administratifs des sociétés, en plus de deux unités de santé et postes de police, dans le but de créer autour des terres agricoles, des communautés intégrées et commerciales, basées sur l’agroindustrie. Le président d’Al-Rif Al-Mesri Al-Gadid affirme d’ailleurs que le projet comprend la restauration de vastes terres à nombre de sites désertiques, dont 620 000 feddans dans la région Al-Moghra au gouvernorat de Matrouh, et qui sera l’extension agricole de la nouvelle ville d’Al-Alamein. Cette région se caractérise par sa terre plate et la salinité de l’eau, ce qui a conduit au succès de nombreuses cultures, en plus de 100 000 feddans dans l’ouest de Minya, ainsi que 30 000 feddans à Siwa, consacrés aux olives et aux dattes. Les surfaces restantes à offrir varieront entre 250 000 et 300 000 feddans dans les deux régions Farafra et Tochka dans le sud du pays, et seront disponibles, à la fois, pour la propriété directe ou la location.

« Toute une zone de recherches scientifiques et agricoles sera créée à Al-Moghra, en coopération avec l’Académie égyptienne des recherches scientifiques et de la technologie, alors qu’on oeuvre actuellement à transformer la région de l’ouest de Minya en le plus grand bloc agricole en Egypte », espère Abdel-Wahab, tout en soulignant que ce projet jouera un rôle majeur dans la réalisation de l’autosuffisance des cultures agricoles et de la réduction du déficit alimentaire. Un objectif tant attendu par l’Etat que par tous les citoyens.


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