Semaine du 20 au 26 janvier 2021 - Numéro 1358
Sommet égypto-jordanien pour relancer la paix
  Le Président Sissi a effectué lundi une brève visite en Jordanie où il s’est entretenu avec le roi Abdallah II. Au centre des discussions : les relations bilatérales et les dossiers régionaux.
Sommet égypto-jordanien pour relancer la paix
Séance de négociations entre le président Sissi et le roi Abdallah II, le 18 janvier, au palais de Basman à Amman.
May Al-Maghrabi20-01-2021

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi s’est rendu lundi 18 janvier à Amman pour une visite éclair à l’invitation du roi Abdallah II de Jordanie. A son arrivée, le chef de l’Etat a été accueilli par le monarque hachémite. Les deux dirigeants ont ensuite tenu une séance de pourparlers à huis clos suivie d’une séance élargie de négociations en présence des délégations des deux pays. Selon le communiqué de la présidence : « Les derniers développements dans la région et les relations bilatérales et trilatérales avec l’Iraq, ainsi que la lutte contre le terrorisme ont été, entre autres sujets, au menu des discussions. Les deux dirigeants ont été d’accord sur la nécessité de mobiliser les efforts internationaux pour trouver un règlement politique aux crises qui frappent certains pays de la région et d’endiguer le terrorisme afin de rétablir la sécurité et la stabilité et préserver l’intégrité territoriale de ces pays ».

La cause palestinienne a été un dossier prioritaire au menu des discussions entre le président Sissi et le roi Abdallah, qui ont convenu « d’oeuvrer en vue d’unifier les positions arabes et internationales destinées à relancer le processus de paix israélo-palestinien, parallèlement aux efforts visant à parvenir à une réconciliation interpalestinienne », note Bassam Radi, porte-parole de la présidence. Le président Sissi a affirmé que partant des constats de la politique de l’Egypte à l’égard de la cause palestinienne, Le Caire poursuivra ses efforts visant à établir un Etat palestinien indépendant conformément aux résolutions internationales. De son côté, le roi Abdallah a salué « les efforts de l’Egypte pour parvenir à un règlement équitable du conflit israélo-palestinien, réaliser la réconciliation interpalestinienne et améliorer la situation humanitaire dans la bande de Gaza ». Il a d’ailleurs salué « le rôle modèle du président Sissi dans la promotion d’une action arabe commune face aux défis régionaux ».

Booster la coopération

Au niveau bilatéral, les deux dirigeants ont examiné les moyens de renforcer la coopération dans les domaines du commerce, du développement et de l’investissement, ainsi que la coopération en matière de sécurité et d’échange d’informations. Soulignant la profondeur des relations entre deux « pays frères » qui partagent des visions et des enjeux communs, le président Sissi a exprimé la volonté de l’Egypte de renforcer la coopération avec la Jordanie dans tous les domaines. Volonté partagée par le roi Abdallah, qui a confirmé la volonté d’Amman de booster cette coopération de façon à « réaliser les intérêts des deux pays ». Il a de même valorisé le soutien de l’Egypte à son pays, ainsi que les contributions de la communauté égyptienne en Jordanie aux projets de développement.

A noter que sur ordre du président Sissi, un avion militaire chargé d’aide médicale d’urgence a décollé lundi d’Egypte vers la capitale jordanienne, Amman, pour aider le peuple jordanien face à la crise du Covid-19.

Par ailleurs, les deux dirigeants se sont entretenus des moyens de renforcer le mécanisme de coopération trilatérale avec l’Iraq, mise en place en 2019. Il était convenu d’intensifier la coordination conjointe en vue de la mise en oeuvre de projets et de plans de développement communs.

Pour Mohamed Hegazi, ancien diplomate, cette visite intervient au moment où la nouvelle Administration américaine prend ses fonctions le 20 janvier. « Dans un contexte d’expectation des nouvelles politiques américaines au Moyen-Orient, l’Egypte et la Jordanie, deux pays fortement engagés dans le processus de paix, coordonnent afin de former une position arabe cohérente sur les dossiers régionaux avec en tête la cause palestinienne et la réconciliation interpalestinienne ». L’Autorité palestinienne avait coupé tout contact avec l’Administration Trump après la décision de ce dernier de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017. « Mais l’arrivée de Biden au pouvoir aux Etats-Unis laisse à espérer une relance du processus de paix que l’Egypte et la Jordanie oeuvrent à promouvoir », pense Hegazi. Il indique que dans le cadre de cette coordination égypto-jordanienne, sur ce dossier prioritaire, les chefs des services de renseignements égyptien et jordanien se sont rendus le 17 janvier à Ramallah, où ils ont rencontré le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. D’ailleurs, Le Caire a accueilli le 11 janvier les ministres français, allemand et jordanien des Affaires étrangères pour discuter des moyens de relancer les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens.


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