Semaine du 6 au 12 janvier 2021 - Numéro 1356
L’antiquité sous une lumière modern
  Les musées égyptiens ont commencé depuis des années un processus de modernisation, notamment sur le plan de la digitalisation et de l’usage de la technologie. De quoi se mettre au diapason avec les jeunes visiteurs.
L’antiquité sous une lumière modern
L'aventure et l'expérience vécues sont un moyen important pour attirer la génération Z aux sites culturels. (Photo : Ministère du Tourisme et des Antiquités)
Nasma Réda06-01-2021

Le numérique fait son chemin dans les sites culturels et les musées du monde entier, et sur ce plan, l’Egypte, avec son patrimoine hors pair, ne fait pas exception. Depuis des années déjà, le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités déploie de grands efforts afin de séduire les jeunes générations, notamment par le biais de la technologie.

L’antiquité sous une lumière modern
Les enfants de cette génération ne connaissent que les smartphones comme source d'informations. (Photo : Ministère du Tourisme et des Antiquités)

« La technologie numérique a fait son chemin dans plusieurs musées égyptiens », explique Névine Nizar, adjointe du ministre du Tourisme et des Antiquités pour les affaires muséales. « On essaye tout le temps d’innover afin d’attirer les nouvelles générations qui vivent dans leur bulle électronique », insiste de son côté Asmaa Moawad, directrice du secteur des expositions au Musée égyptien de la place Tahrir, premier musée égyp­tien à se doter de sa propre applica­tion. « Cette application a été lancée en 2018 lors de l’inauguration des salles de Youya et Touy, au premier étage, où était également exposé le deuxième plus grand papyrus du monde. Depuis leur téléphone por­table, les visiteurs pouvaient ainsi lire les inscriptions traduites en plusieurs langues et suivre les détails des rites funéraires », explique-t-elle. A part cette plateforme, le musée a mis à jour son guide numérique en y ajoutant de nombreuses lan­gues. « Ce guide a donné satis­faction notamment aux jeunes visiteurs qui débarquent sans guide et qui aiment se balader d’une salle à l’autre en prenant des selfies », dit Moawad.

Les nouveaux musées

L’antiquité sous une lumière modern
Le musée de Dar Al-Kotob a équipé toutes ses salles par des écrans tactiles afin de permettre de s'informer des pièces exposées. (Photo : Mohamed Maher)

Par ailleurs, les nouveaux musées récemment inaugurés, tels ceux d’Hurghada, de Charm Al-Cheikh ou des Carrosses royaux, ont été dotés non seule­ment de pièces rares, mais aussi d’écrans géants diffusant des documentaires relatant l’his­toire d’un monument ou d’une époque. « L’exposition des répliques des tombes est sou­vent accompagnée d’un spec­tacle son et lumière reconstituant le cadre de la tombe originale. Une idée admirée par la Gen Z qui aime ainsi exploiter le monde », souligne Nizar.

En novembre 2020, le ministère du Tourisme et des Antiquités a signé un protocole de coopération de trois ans avec le ministère des Télécommunications et de la Technologie de l’information, dans le cadre d’un projet de numérisation des données relatif aux trésors antiques de l’Egypte. Ce projet est dédié aux jeunes étudiants en archéologie et égyptologie, ainsi qu’à tous les pas­sionnés de l’histoire et de la civilisa­tion égyptiennes où qu’ils soient. C’est autant une invitation aux jeunes générations à découvrir notre pays.

Le ministre du Tourisme et des Antiquités, Khaled El-Enany, a mis à profit la pandémie de coronavirus pour diffuser des visites virtuelles de certains lieux touristiques et sites archéologiques sur les différentes pla­teformes des réseaux sociaux. « L’initiative a rencontré une grande réussite et a été vivement saluée. Nous avons actuellement une diversi­té de visites accessibles au grand public et on tente d’en ajouter d’autres », souligne Nizar. Elle note également la création du nouveau site egymonuments.gov.eg et de comptes Facebook, Instagram et Twitter de plusieurs musées égyptiens. « Instagram est devenu très à la mode et très fréquenté par la génération Z. Les musées égyptiens ont réussi à s’assurer une place sur cette plate­forme. Des solutions innovantes, comme la diffusion des mini-vidéos, ont permis aux utilisateurs de décou­vrir la richesse de notre patrimoine », assure Asmaa Moawad.

L’antiquité sous une lumière modern
La jeune génération est toujours devant l'écran à la recherche des meilleures destinations. (Photo : Ministère du Tourisme et des Antiquités)

Elle rappelle que les musées rivali­sent entre eux pour montrer leur richesse par différentes manières et attirer le plus grand nombre possible de visiteurs. Les uns lancent des concours et des offres gratuites, d’autres organisent des ateliers et des soirées musicales destinés aux plus jeunes. « C’est bien dans le cadre de cette compétition que le Musée égyp­tien a organisé de nombreuses expo­sitions-ateliers où un visiteur peut lui-même façonner des objets antiques », dit-elle, donnant l’exemple de l’exposition organisée l’année dernière au Musée égyptien où les visiteurs ont reproduit des souliers avec l’aide des conserva­teurs. « Bien que cette idée soit loin de la nouvelle technologie, elle a eu un écho positif auprès des partici­pants », ajoute-t-elle. Lors d’une activité similaire portant sur la tein­ture et l’utilisation des cou­leurs dans l’Egypte Ancienne, les participants ont utilisé les filtres de leurs portables pour obtenir la « bonne couleur », se rappelle-t-elle.

Le Musée de la place Tahrir n’est pas le seul dans ces tentatives innovantes destinées à la jeune généra­tion. D’après les respon­sables concernés, tous les nouveaux musées, dont celui de la civilisation à Fostat qui sera inauguré en 2021, seront équipés de toutes sortes d’outils numé­riques modernes dignes du XXIe siècle et des attentes des nouvelles générations.


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