Semaine du 16 au 22 décembre 2020 - Numéro 1354
Sport et tourisme font bon ménage
  Le sport est devenu un atout qui attire de nouvelles catégories de touristes. Le Championnat du monde de handball masculin, qui se tiendra en Egypte du 14 au 31 janvier, est une bonne occasion de le promouvoir.
Sport et tourisme font bon ménage
Dalia Farouq16-12-2020

A chaquefois qu’un championnat sportif se tient en Egypte, l’idée de promouvoir le tourisme sportif et d’exploiter l’événement surgit chez les responsables du secteur. Il s’agit cette fois-ci du Championnat du monde de handball masculin qui se tiendra en Egypte du 14 au 21 janvier avec la participation de 32 pays. « Le marché du tourisme sportif est un secteur en pleine croissance dans l’industrie mondiale du voyage et équivaut à 800 milliards de dollars par an. Il présente aujourd’hui de grandes opportunités pour les destinations émergentes », souligne Elhami Al-Zayat, ancien président de l’Union des chambres du tourisme, ajoutant que l’Egypte possède tous les atouts de la réussite dans ce domaine. « L’Etat possède les aménagements et les infrastructures pour toutes les disciplines, des stades internationaux, des hôtels, des réseaux de transport, des réseaux de communication, sans oublier les sports nautiques qui sont également un atout. En revanche, le nombre d’événements sportifs organisés n’est pas du tout satisfaisant. Il n’y a pas de comité ou d’organisme spécial pour la promotion du tourisme sportif en Egypte », se lamente Al-Zayat. C’est le ministère du Tourisme et des Antiquités, en coopération avec celui de la Jeunesse et du Sport, qui gère ce dossier. Il vient de lancer un plan qui a pour objectif de tirer profit des manifestations sportives internationales et locales pour la stimulation du tourisme égyptien.

Ce programme consiste à organiser des événements sportifs sur les grands sites archéologiques en Egypte, à exploiter les grands championnats en Egypte ou à l’étranger pour faire la promotion des sites archéologiques et touristiques égyptiens à travers des films publicitaires, des brochures ou la visite par des champions sportifs des monuments emblématiques de la civilisation égyptienne. « Le ministère du Tourisme et des Antiquités tient toujours à nouer des partenariats avec tous les organismes gouvernementaux pour favoriser le tourisme égyptien qui est un secteur crucial pour l’économie du pays. Dans ce cadre, on coordonne avec le ministère de la Jeunesse et du Sport pour promouvoir à l’étranger des sites archéologiques égyptiens, ainsi que les grands projets, tels que le Grand Musée égyptien (GEM), lors des diverses compétitions internationales auxquelles participent nos héros. On supprime également tous les obstacles entravant l’organisation des événements sur les sites archéologiques. La tenue du dernier Championnat international de squash au pied des pyramides en octobre dernier en est la preuve », souligne Khaled El-Enany, ministre du Tourisme et des Antiquités. Pour sa part, Achraf Sobhi, ministre de la Jeunesse et du Sport, a indiqué que son ministère placerait toutes les prochaines activités sportives sur l’agenda du ministère du Tourisme et des Antiquités pour faciliter la tâche promotionnelle aux acteurs du tourisme.

D’après Elhami Al-Zayat, il ne faut pas se limiter à l’accueil des championnats internationaux auxquels s’ajoutent les difficultés de procédures. « Il faut organiser et réaliser des manifestations internationales en Egypte. Parallèlement aux sites archéologiques, il faut aussi penser aux sites balnéaires où l’on peut organiser des championnats de kit surfing, de ski nautique, de parachutisme sur l’eau. Ainsi, on pourra combiner le sport, le tourisme culturel et balnéaire », suggère Al-Zayat, qui souligne que le grand problème reste le retard à rattraper pour la promotion du tourisme afin d’attirer le plus de spectateurs possibles et les persuader de venir à la fois pour supporter leurs équipes, mais aussi pour faire du tourisme en Egypte. « C’est tout un travail à entreprendre. Il faut commencer des mois à l’avance, et parfois même des années, comme dans le cas de la Coupe du monde de football. Il est indispensable d’étudier minutieusement les marchés des pays participants, leurs tendances, leurs niveaux de vie, pour ensuite envisager des voyages qui conviennent aux touristes pour répondre à leurs goûts, et enfin inviter les supporters à visiter l’Egypte par l’intermédiaire de leur sport préféré », explique Al-Zayat, avant d’ajouter que ce genre de voyage est rentable parce que, généralement, celui qui voyage pour encourager son équipe ou assister à une compétition de son sport préféré fait son compte à l’avance et n’a pas de problème financier.

Pour sa part, Hicham Nessim, membre de la Chambre des hôtels, assure que les recherches internationales montrent que les amateurs de sport sont de grands voyageurs. Il n’est donc pas surprenant que le secteur du voyage et du tourisme compte beaucoup dans le domaine sportif. « Un bon exemple a existé dans la dernière Coupe du monde de football tenue en Russie en 2018 et qui a vu le taux de fréquentation augmenter de plus de 200 % parmi certaines des 11 villes qui ont accueilli la compétition. La Russie a constaté le passage de 2,9 millions de touristes pendant la Coupe du monde qui ont engendré des revenus d’environ 14 milliards de dollars », souligne Nessim, qui affirme qu’il faut toujours rechercher de nouvelles tendances dans le monde du tourisme. « Il ne s’agit plus seulement d’accueillir des événements majeurs, mais il faut toujours chercher à parrainer (sponsoriser) des manifestations sportives qui provoquent le déplacement mondial de millions de supporters. Les leaders du tourisme de la planète sont de plus en plus convaincus du pouvoir du sport et de l’efficacité du parrainage. Ils le considèrent comme un outil de marketing qui peut améliorer l‘économie, l’image du pays et par réaction, le mouvement du tourisme vers cette destination », ajoute Nessim. En fait, les compagnies aériennes, les chaînes hôtelières mondiales et les autorités touristiques de plusieurs pays, notamment européens, augmentent chaque année leurs budgets de sponsoring.

Le tourisme sportif est désormais un modèle majeur sur le plan mondial, qui peut être rendu encore plus important avec la crise actuelle du Covid-19 car tant que la compétition va se maintenir, les fans et les supporters n’ont peur de rien, ils courent après leurs équipes quoi qu’il arrive. « Loin des championnats et des compétitions, on peut aussi considérer les safaris comme un tourisme sportif qui peut alléger un peu nos pertes, puisque leurs adeptes aussi sont pour la plupart des aventuriers qui n’ont peur de rien. En outre, il est facile d’appliquer les mesures de distanciation lors des safaris, puisqu’ils sont pratiqués en plein air dans le désert. L’hébergement s’effectue dans des tentes qui n’abritent que deux ou trois personnes tout au plus. Rester hors des sentiers battus est le secret afin de surmonter l’impasse actuelle du tourisme en Egypte », conclut Nessim.


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