Semaine du 25 novembre au 1er décembre 2020 - Numéro 1351
Ahli et Zamalek sur le toit de l’Afrique
  Ahli et Zamalek, les deux plus grands clubs d’Egypte et d’Afrique, s’affrontent vendredi 27 novembre au Stade du Caire dans une finale historique de la Ligue d’Afrique. Un épisode majeur de la rivalité centenaire de ces deux ténors.
Ahli et Zamalek sur le toit de l’Afrique
Karim Farouk25-11-2020

Le Caire bouillonne déjà depuis presque un mois, et cette ville qui respire le foot retient son souffle avant le grand derby Ahli et Zamalek le 27 novembre en finale de la Ligue d’Afrique. La ferveur est à la hauteur de l’événement: les deux superpuis­sances du football égyptien se dispu­tent la suprématie de l’Afrique dans une première de l’histoire de la com­pétition. Un événement historique à tous les niveaux, surtout que c’est la première fois que deux équipes du même pays s’affrontent dans un match final depuis la création de la compéti­tion en 1964. Cet événement sera accueilli par le mythique Stade du Caire, l’un des plus anciens et plus prestigieux temples d’Afrique.

La « Finale du siècle », comme elle a été nommée par tout un pays, oppo­sera non seulement les deux ténors du football national égyptien, mais aussi du football continental africain. Ahli et Zamalek sont au sommet du classe­ment africain avec respectivement 8 et 5 titres de Ligue d’Afrique. Au niveau local, l’écart s’accentue avec des Rouges ultra-dominateurs en ayant remporté 42 titres de Championnat national contre 12 seulement pour leurs concitoyens.

Et dans un pays où la population de 100 millions d’habitants est partagée entre « Ahlaoui » et « Zamalkaoui », ce derby prend une proportion hors normes. C’est ainsi que l’Autorité nationale des médias a lancé une cam­pagne sous le slogan « Non au fana­tisme » dans tous les médias égyp­tiens, afin d’apaiser la tension entre les deux camps et d’amortir toute onde de choc résultant de ce sommet. Car, pour beaucoup de fans, cette finale est devenue une source d’in­quiétude plus que de passion ou de joie. La pression est devenue trop forte. « Bien sûr que c’est un match de foot, mais ce n’est pas un match ordi­naire. Le vainqueur récoltera toute la gloire tandis que le perdant et ses supporters prendront des années pour se rétablir. C’est quelque chose qui va marquer leur histoire », affirme Hassan Mestékawi, l’analyste sportif.

Un derby équilibré

Mais ce vendredi au Stade du Caire, les deux rivaux seront sur un pied d’égalité. En effet, c’est l’un des der­bys les plus équilibrés de leur longue histoire qui s’échelonne sur plus d’un siècle. Ahli et Zamalek ont fait une démonstration de puissance en demi-finales aux dépens des Marocains du Wydad de Casablanca (5-1 sur l’en­semble des 2 matchs) et du Raja (4-1 sur l’ensemble des deux matchs) a porté au crédit des nouveaux entraî­neurs. Les deux clubs phare d’Egypte ont subi un changement d’entraîneurs soudain à quelques semaines seule­ment de cet événement grandiose. Le Portugais Jaime Pacheco a pris les commandes à Zamalek en septembre dernier après le départ du Français Patrice Carteron vers l’Arabie saou­dite, tandis que le Sud-Africain Pitso Mosimane a succédé début octobre au Suisse René Weiler qui, victime de sa nostalgie, a insisté sur le fait de rentrer au pays, afin d’être proche de sa famille.

Sur le plan technique, chacun a son style. Ahli privilégie le collectif avec un jeu de possession grâce à la fluidité et l’harmonie du groupe. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: les Rouges ont brisé le record de buts de cette compé­tition en ayant inscrit jusqu’à présent 34 buts en 14 rencontres lors de cette édition.

Dans l’autre camp, Zamalek semble plus conservateur. Pacheco, comme son prédécesseur, adopte plutôt une philosophie prudente en fermant sa défense et en faisant confiance aux individualités du milieu tunisien Ferjani Sassi, de l’ailier marocain Achraf Bencharki et de l’attaquant international des Pharaons, Moustapha Mohamad, pour lancer ses contre-attaques. C’est une stratégie qui s’est révélée efficace à deux reprises contre les Rouges cette année lors de la Supercoupe d’Egypte en février dernier (0-0, 4-3 t. a. b.) et en championnat 3-1 en septembre der­nier. En dressant une défense com­pacte et solide, Zamalek a fermé tous les espaces devant les joueurs d’Ahli tandis que ses attaquants ont pu exploiter les lacunes de la défense exposée.

Au niveau des absences, Ahli a reçu un coup dur après une série d’infec­tions au Covid-19 qui a touché 5 joueurs, dont notamment l’attaquant expérimenté Walid Soliman et l’ailier Mahmoud Abdel-Moneim « Kahraba ». Il est vrai qu’aucun d’eux ne porte l’étiquette de titulaire indiscutable, mais ce sont deux options très importantes dans l’équipe.

Les deux groupes se sont isolés dans des stages fermés dès dimanche der­nier, après avoir franchi le seuil des quarts de finale de la Coupe d’Egypte. Ahli et Zamalek, préoccupés par leur finale, ont affiché de petites victoires contre Abouqir Lé Al-Asméda (D2) et FC Masr (relégué à la D2) respective­ment sur le score identique de 2-1.

« Je suis fier de l’esprit et du carac­tère que les joueurs ont montrés aujourd’hui (contre FC Masr). On s’est trouvé dans une situation très délicate après l’expulsion d’Emam Achour et après avoir concédé un but dans les 5 dernières minutes de la partie. Mais les joueurs se sont battus jusqu’à la dernière seconde pour décrocher l’égalité, et enfin, le but de la victoire lors des prolongations. Je suis confiant quant à apporter la gloire et la joie aux supporters », a dit Pacheco sur le site officiel du club.

L’enjeu est énorme et dépasse de loin les frontières du pays et du conti­nent. Pour chacun de ces deux géants, ce vendredi verra soit la gloire pour lui et ses fidèles… soit l’humiliation l


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