Semaine du 11 au 17 novembre 2020 - Numéro 1349
Biden et le Proche-Orient
Al-Ahram Hebdo11-11-2020
 
 

Après de longues tractations et au terme d’une course très serrée où l’écart entre les deux candidats à la Maison Blanche ne tenait qu’à un mouchoir, le démocrate Joe Biden a été déclaré 46e président des Etats-Unis. Que faut-il attendre du nouveau maître de la Maison Blanche ? Un bouleversement de la politique américaine au Proche-Orient ? Assurément non, car la politique américaine est soumise à des impératifs bien définis. Ainsi, la sécurité d’Israël est une ligne rouge aussi bien chez les républicains que chez les démocrates. Même chose pour l’Iran. Les deux camps sont d’accord sur la nécessité de conte­nir le régime iranien et de l’empê­cher de se procurer l’arme nucléaire. Le changement aura donc lieu au niveau de la manière de traiter les dossiers et non pas sur les questions de fond. Joe Biden suivra probablement une approche moins frontale que celle de son prédécesseur. Sur le nucléaire ira­nien, par exemple, Biden, qui était le second de Barack Obama entre 2008 et 2016, a toujours soutenu l’accord conclu avec l’Iran en 2015, seul moyen selon lui d’empêcher l’Iran de se procurer l’arme nucléaire. Il est donc probable que le nouveau président des Etats-Unis privilégie le dialogue avec l’Iran et rompt avec la politique isolationniste de Trump. Ce dernier était allé tellement loin dans cette politique qu’il s’était mis à dos les alliés traditionnels des Etats-Unis en Europe. Trump avait retiré les Etats-Unis de l’accord nucléaire, rétablissant dans un premier temps les sanctions imposées à l’Iran, avant de les renforcer. Une poli­tique que Biden va sans doute s’employer à démonter.

La paix au Proche-Orient est l’autre grand dossier à suivre. Donald Trump a soutenu à outrance Israël et galvanisé la droite israélienne avec ses décisions hautement provocatrices à l’égard des Palestiniens, comme la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, l’annexion du Golan, le plan Kushner et la fin des subventions américaines à l’Unrwa. Mais Biden suivra une approche plus retenue et plus mesurée à l’égard de la paix au Proche-Orient. La solution de deux Etats sera probablement à nouveau remise sur la table. « Nous ne pouvons pas avoir peur de dire la vérité à nos amis les plus proches (...) La solution à deux Etats est la meilleure, sinon l’unique solution pour garantir un futur pacifique à l’Etat juif et démocratique d’Israël », avait déclaré Biden lorsqu’il était le vice-président des Etats-Unis sous Barack Obama (2009-2017).

Biden ne va certainement pas ramener l’ambassade américaine à Tel-Aviv ou reconnaître Jérusalem comme capitale des Palestiniens, mais il pourrait s’opposer à l’annexion de terres palestiniennes par Israël.

Mais là encore, que l’on ne se trompe pas. Un changement de fond de la politique américaine au Proche-Orient semble exclu. Et tout geste du nouveau président américain sur le dossier de la paix n’aura a priori qu’une valeur symbolique .


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