Semaine du 16 au 22 septembre 2020 - Numéro 1341
Constructions : Halte à l’anarchie
  Tandis que la campagne de démolition des constructions illégales se poursuit, le gouvernement a annoncé qu’aucun bâtiment occupé ne sera démoli et que la porte des réconciliations est ouverte pour les contraventions « non dangereuses ».
Constructions : Halte à l’anarchie
Madbouli étaye la politique de l'Etat vis-à-vis des infractions de construction lors d'une conférence de presse à Qalioubiya.
May Al-Maghrabi16-09-2020

Alors que la campagne de démolition des constructions contrevenantes, lancée il y a plusieurs mois, se poursuit, le gouvernement a annoncé des facilités pour les propriétaires contrevenants qui souhaitent se réconcilier avec les autorités à condition que les contraventions ne soient pas « dangereuses ». Ainsi, les frais de réconciliation appliqués en cas de constructions illégales ont été revus à la baisse dans tous les gouvernorats pour « alléger le fardeau qui pèse sur le citoyen ». Exhortant les propriétaires contrevenants à régulariser rapidement leur situation avant l’expiration du délai fixé par le gouvernement, le 30 septembre, le premier ministre, Moustapha Madbouli, a souligné : « Les frais de réconciliation ne sont pas une sanction, mais une chance offerte aux contrevenants, qui ont investi dans l’immobilier, de régulariser leur situation. La réconciliation permet d’obtenir un certificat garantissant les droits du propriétaire, alors que les unités contrevenantes ne pourront plus, si elles sont vendues, bénéficier des services », a alerté Madbouli, soulignant que les prix des logements régularisés augmenteront rapidement. « La réduction des frais de réconciliation est comprise entre 20 et 70 %. Dans les villages, ces frais s’élèvent à 50 L.E. pour le m2. Ceux qui payeront la somme complète de la réconciliation bénéficieront d’une réduction supplémentaire de 25 % », a ajouté le premier ministre. Les contrevenants qui souhaitent se réconcilier peuvent présenter les documents dont ils disposent et ils bénéficieront d’un autre délai de deux mois pour présenter le reste des papiers exigés.

Madbouli avait averti que « l’Etat ne tolérera plus les empiétements sur les terrains de l’Etat et les terrains agricoles et s’attaquera à ce problème avec fermeté ». La campagne de démolition en cours a permis à l’Etat jusqu’à présent de récupérer 2,9 millions de m2 de constructions illégales et 211 000 feddans de terrains. La construction non planifiée représente aujourd’hui 50 % du paysage urbain en Egypte. Le phénomène a fait son apparition dans les années 1970 et a pris de l’ampleur avec la croissance démographique, alors que les conditions économiques et politiques ne permettaient pas à une certaine époque de construire des logements convenables pour assimiler cette croissance, ce qui a obligé l’Etat à fermer les yeux, a déclaré Madbouli. Aujourd’hui, l’Etat est déterminé à en finir avec ce problème. Fin août, lors de l’inauguration de projets à Alexandrie, le président Sissi avait fermement dénoncé les infractions en matière de construction.

Des terrains agricoles perdus

Madbouli a révélé que la construction sur les terrains agricoles a fait perdre à l’Egypte 400 000 feddans de terrains agricoles en 40 ans dont 90 000 depuis 2011. « Une perte de taille sachant que le coût de la bonification d’un seul feddan varie entre 150 000 et 200 000 L.E., ce qui veut dire que l’Etat a besoin de 18,7 milliards de L.E. pour récupérer les 90 000 feddans perdus, sans compter que la bonification nécessite beaucoup de temps », a expliqué le premier ministre. « Outre le déficit alimentaire, dont souffre le pays à cause du manque de terrains agricoles, les constructions anarchiques sapent les infrastructures surtout dans les villages et les villes où la population a redoublé. C’est pourquoi l’Etat a décidé de mettre un terme à ce phénomène », a dit Madbouli. Et de conclure : « La nouvelle politique de l’Etat consiste à arrêter les constructions anarchiques et à créer des villes de la quatrième génération capables d’assimiler la croissance démographique sans nuire aux infrastructures et à l’environnement ».


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