Semaine du 6 au 12 mai 2020 - Numéro 1323
D'anciennes rivales en face-à-face
  Inspiré de The Golden Girls (les craquantes), sitcom amé­ricain à succès datant des années 1980, le feuilleton Sokkar Ziyada (trop sucré) réunit de grandes comé­diennes qui ont gagné en âge et perdu de leur aura.
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May Sélim06-05-2020

Le feuilleton Sokkar Ziyada (trop sucré), diffusé sur la chaîne MBC Masr et réalisé par Waël Ehsan, réunit pour la première fois deux anciennes stars-rivales qui ont connu une noto­riété dans les années 1980 et 1990, à savoir Nadia Al-Guindi et Nabila Ebeid. Pour plusieurs, ces comédiennes, qui ont dépassé les 70 ans, n’ont plus le même charme qui était derrière la réussite de leurs films essentiellement commerciaux. Elles étaient de vraies idoles du grand public, des sex-symbols de pas mal de générations, mais maintenant les choses ont beaucoup changé. Elles sont plutôt tombées dans les oubliettes pendant des années, et puis les revoilà en tête d’affiche dans le feuilleton Sokkar Ziyada (trop sucré), dont elles partagent la vedette, avec d’autres comédiennes d’un certain âge, telles Samiha Ayoub, la grande dame du théâtre, et Hala Fakher.

Inspiré d’un sitcom américain à succès, The Golden Girls (les craquantes), diffusé entre 1985 et 1992, Sokkar Ziyada est en tournage à Beyrouth jusqu’à mi-Ramadan. Le feuilleton parsemé d’humour a été égyptianisé, pour correspondre davantage au goût oriental.

L’histoire est simple. Il s’agit de trois dames qui achètent une villa et qui découvrent après qu’elles avaient été roulées par un escroc. Elles sont donc obligées de cohabiter ensemble, jusqu’à nouvel ordre. Et ce, après que chacune d’elles avait essayé à tout prix de faire fuir les autres, d’où une série de situa­tions comiques.

Les premiers épisodes ont bien introduit les personnages principaux, notamment Esmat, cam­pée par Nadia Al-Guindi, et Karima, campée par Nabila Ebeid. La première est une féministe spor­tive dont le mari l’a quittée au bout de 30 ans de mariage, pour épouser une plus jeune. Et la deu­xième est une femme d’affaires qui a géré pen­dant longtemps une entreprise familiale qu’elle avait héritée de son mari, puis elle a été virée par son fils qui a voulu prendre la relève. Bref, toutes deux se sont retrouvées du jour au lendemain des « persona non grata » et devaient se trouver une nouvelle maison.

Leurs histoires les rapprochent sur l’écran comme dans la réalité. D’ailleurs, le scénario ne cesse de faire des va-et-vient entre leurs vies de comédiennes et celles dans le feuilleton. D’où des séquences de films anciens lesquelles servent à pimenter les événements.

La comédienne Hala Fakher, dans le rôle de l’amie de Esmat, et la grande dame du théâtre, Samiha Ayoub, dans le rôle de la mère de Esmat, rendent le feuilleton beaucoup plus attrayant, à comparer avec la présence fade des deux stars Al-Guindi et Ebeid.

Le pari de l’âge mûr

Dès le départ, le producteur du feuilleton, Sadeq Anwar Al-Sabbah, a misé sur l’ancienne rivalité de ces dernières pour attirer le public. Il a consacré 50 millions de L.E. à la production du feuilleton, étant presque sûr de pouvoir intéresser pas mal de spectateurs et de susciter la nostalgie des uns et des autres.

Le scénario est le résultat d’un atelier d’écri­ture, ayant regroupé de jeunes noms, à savoir Amin Gamal, Ibrahim Mohsen, Ahmad Abou-Zeid et Mohamad Fathi Abdel-Maqsoud.

Ceux-ci ont essayé aussi de tirer sur la corde de la nostalgie, en insérant des extraits de films à succès et les parodiant parfois. La chanson du générique, interprétée par la Libanaise Nancy Agram, insiste sur le fait que l’âge n’est qu’un chiffre sans importance et que la vie est un voyage qui comporte tant de hauts et de bas. Et par respect au parcours des comédiennes en vedette, plusieurs stars d’aujourd’hui ont partici­pé au feuilleton en tant qu’invités d’honneur, comme Ahmad Al-Saqqa, Ahmad Fahmi, Injy Ali, Joumana Mourad et d’autres.

Mais en dépit des personnages bien dessinés, le jeu des deux comédiennes principales les a tra­hies. Leurs visages, à force de subir des chirur­gies esthétiques, ne les aident pas à exprimer les émotions requises. Ils sont figés, avec des joues et des lèvres gonflées ou crispées.

Seules les interprétations de Hala Fakher et Samiha Ayoub sauvent relativement le feuilleton, qui risquait d’être plat et monotone. La première est connue pour son sens de l’humour, et la deu­xième possède une belle expérience, notamment sur les planches. Cette dernière sait donner un élan à l’interprétation et gérer les situations comiques auxquelles elle participe. Elle aide également les autres comédiennes à atteindre un certain équilibre, à même de sauver l’oeuvre.


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