Semaine du 6 au 12 mai 2020 - Numéro 1323
La course aux vaccins continue
May Atta06-05-2020
 
  Plus d’une centaine de laboratoires mondiaux rivalisent pour mettre au point un vaccin contre le nouveau coronavirus, moins d’une dizaine ont pour l’heure engagé des essais sur l’être humain.

Sinovac, un laboratoire au nord de Pékin où l’un des premiers vaccins expérimentaux contre le coronavirus serait en préparation. Le groupe a assuré avoir obtenu des résultats encourageants chez le singe, avant d’administrer son sérum pour la première fois à 144 volontaires à la mi-avril.

Sans se prononcer sur la date éventuelle de commercialisation de son injection, le laboratoire affirme espérer obtenir, fin juin, les premiers résultats quant à la sécurité de son produit.

Outre Sinovac, Pékin a approuvé l’essai clinique de 3 autres vaccins expérimentaux : l’un lancé par l’Ecole militaire des sciences médicales et le groupe de biotechnologie CanSino, l’autre par l’Institut de produits biologiques et l’Institut de virologie de Wuhan, la ville où le coronavirus a fait son apparition, et un dernier par le groupe China Biotics, qui a engagé des essais mardi auprès de 32 volontaires.

La prestigieuse London School of Hygiene & Tropical Medicine répertorie près de 120 projets différents de vaccins contre la maladie provoquée par le coronavirus.

Huit projets en sont arrivés au stade des essais cliniques de phase I sur des hommes. Le but principal des essais de phase I est de tester la sécurité, et dans une moindre mesure l’efficacité d’un produit médical. Les essais de phase II puis de phase III, conduits à plus large échelle, ont surtout pour but d’en évaluer l’efficacité, avant une éventuelle autorisation de mise sur le marché par les autorités sanitaires.

Ailleurs qu’en Chine, on compte un projet britannique conduit par l’Université d’Oxford et un autre allemand mené par le laboratoire BioNTech, tous deux entrés en phase I.

Les Etats-Unis comptent deux projets de vaccin qui sont en phase I d’essai : l’un conduit par l’entreprise de biotechnologie Moderna en partenariat avec les Instituts nationaux de santé américains (NIH) et l’autre par la biotech Inovio Pharmaceuticals.

La mise au point de vaccins efficaces et sûrs est un point-clé de la bataille contre la pandémie qui a fait près de 250 000 morts. Un délai de 12 à 18 mois au minimum a souvent été avancé par des organisations sanitaires comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et par de grands laboratoires pharmaceutiques, mais de nombreux laboratoires pharmaceutiques et scientifiques travaillent sans relâche à la mise au point d’un vaccin dans les plus brefs délais.

Et s’il faut parfois des années pour qu’un nouveau vaccin soit homologué pour un usage général, face à la pandémie du Covid-19, des vaccins expérimentaux jugés sûrs et efficaces pourraient vraisemblablement être utilisés en urgence.

Des pistes de traitement

En attendant, de multiples traitements contre le Covid-19 sont en cours d’évaluation en Asie, en Europe et aux Etats-Unis.

L’Agence américaine du médicament (FDA) a accordé, vendredi, une autorisation d’utilisation en urgence de l’antiviral expérimental remdesivir, sur la base d’un grand essai américain ayant conclu qu’il écourtait de plusieurs jours le rétablissement des patients les plus gravement atteints du Covid-19.

L’autorisation permet au remdesivir d’être utilisé par les hôpitaux pour les malades graves, par exemple sous respirateurs artificiels, sans avoir besoin de participer à un essai clinique.

« Etant donné qu’il n’existe pas de traitements alternatifs adéquats, approuvés ou disponibles, les avantages connus et potentiels pour traiter ce virus sévère et mortel sont supérieurs aux risques connus et potentiels posés par l’utilisation du médicament », a déclaré la FDA.

L’hydroxychloroquine, un médicament contre le paludisme, avait été autorisé en urgence par la FDA le 28 mars, mais depuis, la FDA et un panel gouvernemental ont publié des mises en garde en raison d’effets secondaires graves sur le coeur.

Parmi les autres pistes thérapeutiques figure la conjonction de l’hydroxychloroquine et d’un antibiotique, pour laquelle les études sont de qualité inférieure et discordantes.

Idem pour la piste des médicaments visant à prévenir la flambée inflammatoire apparemment causée par le coronavirus. Le tocilizumab est efficace, selon une étude française, mais une molécule similaire utilisée contre l’arthrite a échoué à aider les malades dans un autre essai avec placebo.


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