Semaine du 4 au 10 mars 2020 - Numéro 1314
Zoom sur le Kenya et les cinéastes de la diaspora
  « Des films africains du globe » est le slogan choisi par les organisateurs de la 9e édition du Festival du film africain de Louqsor (LAFF), qui se tient du 6 au 12 mars. Tour d’horizon. « Des films africains du globe » est le slogan choisi par les organisateurs de la 9e édition du Festival du film africain de Louqsor (LAFF), qui se tient du 6 au 12 mars. Tour d’horizon.
Zoom sur le Kenya et les cinéastes de la diaspora
The Way to Paradise. Fragile.
Hala El-Mawy04-03-2020

Pour les organisateurs du Festival du film africain de Louqsor (LAFF), le cinéma africain n’est pas seulement le produit de cinéastes vivant sur le continent, mais aussi de ceux qui n’y vivent pas et qui le portent dans l’âme, malgré la distance. Oui, la diaspora africaine continue de raconter l’Afrique, sous différents angles. Une cinquième section du festival a donc été créée cette année, à savoir « les Films de la diaspora ». Celle-ci regroupera 8 films tournés par des cinéastes africains qui ont réussi à se faire une place sur l’échiquier du cinéma mondial, dont Les Misérables, de Ladj Ly, Rattlesnake, de Julius Amedume, et Paris Stalingrad, de Hen Meddeb.

Le cinéma kenyan sera à l’honneur lors cette 9e édition, avec notamment une rétrospective et des membres du jury dans les différentes sections du festival. Les festivaliers pourront ainsi découvrir ou redécouvrir des films cultes, dont Nairobi demi-vie, de David Tosh, qui raconte l’histoire de Mwas, un jeune acteur en herbe originaire du Kenya et rêvant de devenir un comédien accompli. Pour réaliser ses rêves, il se rend à Nairobi, la ville des grandes opportunités, mais comprend vite pourquoi Nairobi est aussi surnommée « Nairrobery », car il sera dépouillé de tous ses biens et abandonné aux criminels de la ville.

David Tosh est un réalisateur basé à Nairobi justement. Sa filmographie comprend des longs métrages, des séries et des publicités. Il a commencé ses études en marketing, puis a été attiré par l’industrie cinématographique. Son film Nairobi demi-vie a été sélectionné pour représenter le Kenya aux Oscars du meilleur film en langue étrangère lors de la 85e cérémonie des Oscars. Il a remporté plusieurs prix locaux et internationaux. David Tosh sera l’un des membres du jury de la section courts métrages de cette édition de LAFF.

Soul Boy, de Hawa Essuman, raconte l’histoire d’Abila, un garçon de 14 ans qui vit avec ses parents dans le bidonville de Kibera, au sud de la capitale Nairobi. Il découvre la maladie de son père: quelqu’un a volé son âme. Choqué, il commence à chercher la sorcière avec l’aide de son ami Shikus. Elle lui confie alors sept tâches difficiles à accomplir pour sauver son père qui donnent lieu à un voyage aventureux.

The Cut (la coupe) de Peter Wangugi Gitau, raconte l’histoire d’un frère et d’une soeur, John et Jane, très solidaires malgré leurs conditions de vie déplorables. Le père veut marier Jane à un âge précoce afin de profiter de sa dot, mais John est décidé : il veut absolument sauver sa soeur du plan de son père et prévoit de s’évader avec elle pour s’installer en ville. Peter Wangugi Gitau est un cinéaste qui a travaillé sur des projets interdiscipli­naires. Il a réalisé plusieurs documentaires et films de fiction sur des questions socio-économiques en Ouganda, en Tanzanie et au Kenya.

Des premières internationales

Après une dizaine d’années d’absence, deux réalisateurs égyptiens font leur retour avec des films projetés en première au LAFF. Il s’agit de Emad Al-Baht et d’Ahmad Rachwan. Le premier retourne avec La Boîte de magie, avec à l’affiche des stars comme Rania Youssef, Khaled Al-Sawy et Bassem Samra. Dans le film, il est question de quatre intrigues qui nous permettent de voir l’étendue de l’extrême puissance et de l’absurdité de la ville au rythme impitoyable, inhumain et oppressant. Elle étouffe les rêves.

Après le succès de son premier long métrage Basra, qui a fait le tour de 14 festivals, Ahmed Rachwan participe au festival de Louqsor avec Fragile. Il y raconte l’histoire de Nancy, à qui il ne reste que trois jours avant d’émigrer au Canada. Elle doit faire ses adieux à ses amis ainsi qu’aux lieux de la ville du Caire qu’elle aime beaucoup. Elle doit également rompre avec tout ce qui est encore en suspens. Comment va-t-elle gérer tout cela en trois jours ?

Le Chemin du paradis du jeune comédien et réalisateur marocain Wahid Sanouji, projeté dans la section des films de la diaspora, décrit le parcours de Najib. Le jeune homme néerlandais d’origine marocaine a obtenu son diplôme en droit le jour où son frère aîné est arrêté pour son implication dans des activités criminelles. Dès lors, la vie de Najib bascule. Vulnérable et rongé par le désespoir, il rencontre Brahim qui lui propose une issue, en l’accompagnant vers le chemin du paradis. Un grand nombre de films à suivre donc lors d’une édition du LAFF qui s’annonce passionnante .


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