Semaine du 5 au 11 février 2020 - Numéro 1310
Ahli, une qualification sans éclat
  Après un match tendu, Ahli a concédé un nul, 1-1, à Khartoum face au Hilal du Soudan et s’est qualifié pour les quarts de finale de la Ligue d’Afrique. L’équipe égyptienne a montré certaines lacunes qui pourraient menacer ses ambitions d’un neuvième titre.
Ahli,
Karim Farouk05-02-2020

106 minutes de jeu, une interruption de presque 10 minutes suite à l’infiltration sur le terrain de quelques supporters et cinq cartons jaunes distribués des deux côtés, la tension a malheureusement primé sur le spectacle. Mais Ahli a fait preuve de réalisme et a décroché un nul de 1-1 face au Hilal du Soudan, à Khartoum, pour assurer son passage en quarts de finale de la Ligue d’Afrique.

La rencontre était très difficile et Ahli a dû attendre jusqu’à la 48e minute pour ouvrir le score par un but de Mohamad Magdi « Afcha » à la 48e minute. Un but qui a suscité l’agitation de plus de 40 000 supporters soudanais dans le stade de Hilal. Mais grâce à la nonchalance de la défense Rouge, Abdelrazig Omer a marqué le but d’égalité pour son équipe à la 95e minute. Un but de consolation pour les Soudanais qui ont terminé à la troisième place du groupe avec 10 points derrière l’Etoile du Sahel (12 points) et Ahli (11 points).

« Nous avons vécu des circonstances très difficiles avant, au cours et après le match. L’arbitre a dû laisser terminer le match bien que la pelouse ait été envahie. Et nous avons dû rester dans le stade pour plusieurs heures jusqu’à l’évacuation du stade. Je demande à la CAF d’appliquer son règlement et de nous attribuer le résultat de 2 à 0. Il faut être sévère dans ce genre de situation afin que cela ne se répète pas », a déclaré Sayed Abdel-Hafiz, directeur de la section foot d’Ahli.

C’est vrai qu’Ahli a réalisé l’essentiel, mais encore une fois sans panache. La réalité est que le ténor cairote, qui est une force dévastatrice sur la scène locale, ne gagne pas en Afrique, même face à une équipe qui a concédé 11 buts en 6 matchs, à savoir Zesco du Zimbabwe, et qui n’a décroché qu’un seul point lors de cette phase de poule, justement face à Ahli. Lors de ses trois sorties en phase de poule, les Rouges ont perdu contre l’Etoile du Sahel 1-0 et concédé 2 nuls sur un score identique de 1-1 face à Zesco et Hilal. Les hommes de René Weiler, bien que largement dominateurs lors de leurs confrontations, peinent toujours à concrétiser leurs grosses occasions comme celle de Mahmoud Abdel-Moneim, dit « Kahraba », qui a raté face à des filets vides après avoir dribblé le gardien du Hilal.

Casse-tête défensif

Mais ce sont plutôt les largesses du groupe défensif qui sont pointées du doigt, après avoir laissé passer beaucoup de points. Les méthodes de Weiler qui penchent vers l’offensive laissent la défense largement exposée et dévoilent ses failles. Face à l’Etoile à Sousse lors de la première journée, Yassin Chikhaoui a marqué après avoir reçu la balle seul dans la surface suite à un dégagement raté du défenseur Rami Rabia. Le Zimbabwéen Stanley Ngala, démarqué dans la surface, a marqué le but de Platinum suite à un contre rapide avant que Marwan Mohsen ne marque le but d’égalité en deuxième période. Dans le match décisif face au Hilal, Weiler a été plus prudent en positionnant son bloc défensif plus bas afin de fermer sa défense. Mais encore une fois il a été trahi par une erreur individuelle, lorsque Walid Mohamad a intercepté la balle dans la surface, fait jongler le ballon par-dessus Yasser Ibrahim avant d’assister Omer pour le but. Un but qui a coûté aux Rouges la tête du groupe. Ahli devra du coup affronter l’une des équipes du sommet lors des quarts de finale. « Il est clair qu’Ahli souffre lorsqu’on joue contre lui en profondeur. Je pense que si Al-Fateh Al-Nager, entraîneur du Hilal, avait utilisé deux attaquants pour jouer dans l’axe et mettre plus de pressions sur la défense centrale en envoyant plus de longues balles en profondeur, Hilal aurait pu gagner », a expliqué l’ancien gardien international tunisien, Abou Bakr Zitouni, lors de son analyse d’après match au micro de beIN Sport. L’axe de la charnière est le grand casse-tête de Weiler et est une sérieuse menace aux ambitions de l’équipe continentale. Le technicien suisse a utilisé plusieurs combinaisons, que ce soit Rami Rabia-Ayman Achraf, Rami Rabia-Yasser Ibrahim, Mahmoud Metwalli-Ayman Achraf, Rami Rabia et Mahmoud Metwalli, mais toutes se sont montrées vulnérables. D’ailleurs, il y avait des demandes pour le recrutement d’un solide défenseur en janvier, mais Weiler avait opté pour l’attaquant sénégalais Aliou Badji pour remédier à l’inefficacité offensive. « La défense ce n’est pas seulement le travail de quatre joueurs, mais de toute l’équipe. Si on encaisse des buts, c’est la faute de toute l’équipe, comme lorsque l’on marque, c’est le travail de tout le groupe. On a bien sûr des problèmes et l’on essaie d’y remédier », s’est exprimé Weiler.

Cette page est tournée et maintenant Ahli devra passer aux choses sérieuses où les erreurs ne seront plus permises. Le tirage au sort des quarts de finale aura lieu le mercredi 5 février et Ahli aura au menu l’une des trois autres têtes de groupes, à savoir l’Espérance de Tunis, double tenant du titre, les Mamelodi Sundowns d’Afrique du Sud ou le TP Mazembe de la RD Congo. « Nous n’avons pas le choix, alors nous ne se soucions pas du nom de notre adversaire en quarts de finale. Nous visons le titre et donc pour cela, nous devons battre tous nos adversaires quels qu’ils soient. Nous avons montré notre caractère, notre qualité et nous allons poursuivre notre rêve », a conclu Rabia.


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