Semaine du 27 novembre au 3 décembre 2019 - Numéro 1301
Collaborer pour transformer le continent
  La 4e édition du Forum Investment for Africa a eu lieu les 22 et 23 novembre dans la Nouvelle Capitale administrative. Au programme des discussions : l’intégration économique entre les pays africains, la promotion de l’industrialisation et la nécessité d’attirer davantage d’investissements.
Collaborer pour transformer le continent
Des délégations de plus de 35 pays africains ont assisté au forum.
Marwa Hussein27-11-2019

Une nouvelle édition du Forum Investment for Africa a eu lieu dans la Nouvelle Capitale administrative du Caire les 22 et 23 novembre. L’événement était orga­nisé pour la 4e année consécutive par Le Caire, signe de l’intérêt croissant de l’Egypte pour le continent. Le président égyptien Abdel-Fattah Al-Sissi a assisté à l’inauguration du forum. « Nous aurons des discus­sions annuelles pour parvenir au développement souhaité dans un monde plein de difficultés et de défis », a-t-il déclaré en s’adressant aux participants, dont des ministres et des hommes d’affaires africains ainsi que des représentants d’institu­tions internationales. Et d’ajouter : « Nous devons trouver des solutions basées sur l’intégration régionale pour transformer l’Afrique en une plaque tournante de l’industrialisa­tion mondiale, qui offre des emplois aux citoyens africains et attire les investissements étrangers ».

Des délégations de plus de 35 pays africains, des représentants d’organi­sations internationales et d’institu­tions financières — en tête des­quelles les Nations-Unies, la Banque mondiale, la Banque européenne pour la reconstruction et le dévelop­pement, la Banque européenne d’in­vestissement, la Banque islamique de développement et la Banque afri­caine d’import-export (Afreximbank) — ont participé au forum.

Malgré les difficultés qu’affronte le continent noir, son avenir semble prometteur. La Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) note que l’Afrique a échappé au déclin mon­dial des Investissements Directs Etrangers (IDE). En 2018, les flux à destination du continent ont ainsi atteint 46 milliards de dollars, soit une augmentation de 11 % par rap­port à l’année précédente, selon le World Investment Report 2019 de la CNUCED. Un facteur que Sahar Nasr, ministre égyptienne de l’Inves­tissement et de la Coopération inter­nationale, a souligné dans son inter­vention. « Au moment où les IDE ont baissé dans le monde de 13 %, ils ont augmenté en Afrique. C’est pourquoi nous avons organisé, avant le forum, un atelier de deux jours avec les ministres africains de l’Economie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Industrie, pour adopter un pro­gramme visant à mettre l’Afrique sur la carte des investissements interna­tionaux, avec le slogan Fabriqué en Afrique », dit-elle.

Le rapport de la CNUCED sou­ligne que « la demande croissante relative à certains produits de base et la hausse correspondante de leurs prix ainsi que la croissance des investissements non axés sur la recherche de ressources dans quelques économies ont été à l’ori­gine de cette hausse ». On y lit par ailleurs : « Alors que les IDE dans certaines grandes économies du continent — comme le Nigeria et l’Egypte — ont diminué, cette hausse a été compensée par une augmenta­tion des flux d’aide vers d’autres pays, principalement l’Afrique du Sud ». Le rapport note aussi que, malgré la contraction des IDE vers l’Egypte de 8 %, le pays reste le principal pays bénéficiaire d’IDE en Afrique. James Zhan, directeur de l’investissement auprès de la CNUCED, a rappelé lors du forum que les Etats-Unis avaient approuvé une loi sur l’investissement en Afrique. En outre, l’Union euro­péenne consacre des sommes pré­cises à être investies en Afrique.

Accord de libre-échange

Le forum, qui entend renforcer la coopération entre les pays africains, afin d’accroître la croissance écono­mique du continent, a mis l’accent sur l’implémentation des accords africains de libre-échange ainsi que le développement du secteur des énergies renouvelables et du capital humain, entre autres. L’accord de libre-échange continental a été men­tionné en tant que facteur inspirant pour l’avenir du continent par diffé­rents participants. « Il faut encoura­ger l’industrialisation pour générer de la valeur ajoutée, en encoura­geant la création de zones indus­trielles et économiques spécialisées. Il faut aussi tirer avantage de l’ac­cord de libre-échange africain, qui devrait permettre de doubler le com­merce régional, selon Afreximbank », a indiqué Sahar Nasr. Pour sa part, le président Al-Sissi a souligné que l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange pour le continent afri­cain constituait un jalon sur la voie de l’intégration continentale, l’Afrique étant l’une des plus grandes régions commerciales du monde, avec 1,2 milliard d’habitants et un PIB de 2,5 milliards de dollars.

Les pays africains visent le 1er juillet 2020 comme date pour la création de la zone, si tout se passe comme prévu. Ce marché unique s’étendra du Cap, en Afrique du Sud, au Caire et de Mombassa à Lagos, et réunira 55 pays. Les Etats aboliront, graduellement sur 5 ans, les droits de douane sur 90 % des marchandises. 54 pays africains ont signé l’accord de zone de libre-échange continen­tale africaine en 2018 et 28 l’ont déjà ratifié. Le commerce intra-africain est exceptionnellement faible, repré­sentant environ 13,5 % du commerce total du continent.

De manière générale, l’Afrique est surtout en manque d’investisse­ments. « L’Afrique abrite 17 % de la population mondiale, mais sa part du PIB mondial est de 3 % seule­ment, sa part d’exportations glo­bales de 3 %, de la production indus­trielle de 2 % et de sa production d’acier de 1 % », a indiqué Ebrahim Patel, ministre sud-africain du Commerce et de l’Industrie, lors d’une séance consacrée à l’industria­lisation. Pour améliorer ces chiffres, le continent noir a besoin d’attirer des investissements. Pour cela, il faudra éliminer les obstacles qu’af­fronte le secteur privé en Afrique, notamment le manque d’infrastruc­ture, de routes et la difficulté du transfert d’argent. « Les besoins de l’Afrique en infrastructure se situent entre 200 et 250 milliards de dollars pour les 15 prochaines années », a dit le président égyptien lors de la 2e journée de la conférence, ajoutant que le développement économique de l’Afrique n’aura pas lieu sans le développement de l’infrastructure du continent. « La collaboration entre les institutions financières interna­tionales, le secteur privé et les gou­vernements est indispensable », a-t-il ajouté.

Moustapha Madbouli, premier ministre égyptien, a donné l’exemple de l’Egypte pour attirer des investis­sements privés. Il a expliqué que les réformes en matière de législation et d’investissement ainsi que celles des secteurs de l’infrastructure et de l’énergie devraient encourager le secteur privé à injecter de nouveaux investissements dans l’économie égyptienne. « La contribution du gouvernement est importante pour attirer les investissements privés, comme dans le cas de la Nouvelle Capitale administrative. Le secteur privé n’aurait pas investi dans la Nouvelle Capitale administrative sans les efforts du gouvernement pour la préparation de l’infrastruc­ture destinée aux promoteurs immo­biliers », a-t-il expliqué.


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