Semaine du 27 novembre au 3 décembre 2019 - Numéro 1301
Ghada Wali, l’apogée d’une carrière
  La nomination de la ministre de la Solidarité sociale, Ghada Wali, à un poste de directrice à l’Onu vient récompenser son travail accompli en Egypte en matière de développement social. Un choix largement salué par ses confrères.
Ghada Wali, l’apogée d’une carrière
Le président Sissi et le premier ministre, Moustapha Madbouli, félicitent Ghada Wali pour son nouveau poste.
May Al-Maghrabi27-11-2019

Ses efforts remarquables dans l’amélioration des services sociaux et dans la lutte contre la drogue lui ont valu d’occuper un poste-clé à l’Onu. Ghada Fathi Wali, ministre égyptienne de la Solidarité sociale, vient d’être nommée, jeudi 21 novembre, directrice exécutive de l’Office des Nations-Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), comme l’a annoncé le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres. Wali sera également à la tête de l’Office des Nations-Unies à Vienne (ONUV). Elle succède à Youri Fedotov, de Russie, aux deux postes et devrait commencer son travail à Vienne dès le 1er janvier prochain. « Ghada Fathi Wali apporte à cette nouvelle fonction onusienne plus de 30 ans d’expérience dans les domaines du développement durable, de la réduction de la pauvreté et de la protection sociale, de l’autonomisation des femmes et des jeunes », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole de Guterres. Une nomination saluée par le président Abdel-Fattah Al-Sissi, lors de sa participation, samedi 23 novembre, au Forum de l’investissement Afrique 2019 : « Je vous félicite devant tout le monde pour vos efforts qui vous ont valu ce haut poste ».

Suite à sa nomination, la ministre a remercié Guterres pour la confiance qu’il lui porte et s’est engagée à mettre toutes ses capacités au service de l’Onu, de façon à contribuer à atteindre les objectifs liés au développement durable, à la paix et à la sécurité internationale. « Je remercie aussi le président Sissi et la diplomatie égyptienne qui ont soutenu ma candidature à ce poste. Cela met en relief l’importance du rôle égyptien sur la scène internationale », a loué la ministre, soulignant l’importance des dossiers qui l’attendent à son nouveau poste.

Créé en 1997, l’ONUDC, dont le siège se trouve à Vienne, est à la tête de la lutte mondiale contre les drogues illicites et la criminalité internationale. A cette fin, il a lancé toute une série d’initiatives, portant notamment sur les alternatives possibles à la culture illicite de drogues, au contrôle de ces cultures et à la mise en place de projets contre le blanchiment d’argent. L’ONUDC est en outre chargé d’appliquer le programme phare des Nations-Unies contre le terrorisme. Il s’emploie également à améliorer la prévention du crime et à contribuer à la réforme du système pénal afin de renforcer l’Etat de droit, promouvoir des systèmes de justice pénale stables et viables et lutter contre les menaces croissantes que sont la criminalité transnationale organisée et la corruption.

A la hauteur de la responsabilité

Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères a aussi félicité sa confrère. « Ghada Fathi Wali possède une grande expérience dans ces domaines et des compétences pour atteindre les objectifs de l’ONUDC et faire face aux défis découlant de crimes, y compris le crime organisé et la propagation de la drogue et de la toxicomanie », a affirmé le communiqué, louant la décision de l’Onu. Par ailleurs, le ministre a souligné que l’Egypte avait toujours tenu à soutenir le système de l’Onu et à renforcer la coopération multilatérale d’une manière qui contribue à la mise en oeuvre des principes et des objectifs de la Charte des Nations-Unies, faisant référence au rôle des Egyptiens qui ont occupé des postes à l’Onu (voir sous-encadré).

Un parcours honorable

Titulaire d’une maîtrise en sciences humaines et d’un baccalauréat en langues étrangères, Ghada Fathi Wali a étudié à la Colorado State University aux Etats-Unis et parle couramment l’arabe, l’anglais, le français et l’espagnol.

Elle avait occupé d’autres postes-clés avant sa nomination à la tête du ministère de la Solidarité sociale. Elle a été directrice générale du Fonds social pour le développement (2011-2014), représentante résidente adjointe au Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) en Egypte (2004-2011) et directrice du programme CARE International Egypt (2000-2004). Un programme international qui a mis en oeuvre en Egypte 962 projets de développement et d’aide humanitaire visant à lutter contre la pauvreté, atteignant plus de 80 millions de personnes.

Ministre de la Solidarité sociale depuis 2014, elle a pris en charge maint dossiers dont la lutte contre la pauvreté, l’autonomisation de la femme et la lutte contre la drogue. C’est Wali qui a élaboré la stratégie nationale de lutte contre la drogue, a mené auprès des jeunes une campagne nationale de sensibilisation et de prévention centrée sur la drogue et a lancé des programmes novateurs visant à réhabiliter et à réinsérer dans la société des personnes atteintes de troubles liés à l’utilisation de drogues. Par ailleurs, elle a accordé une importance particulière à la réforme du système des assurances sociales ainsi qu’à la protection sociale des classes défavorisées. Parmi les programmes qu’elle a lancés à cet égard figure le programme Takafol wa Karama (solidarité et dignité). Un programme d’aide sociale parrainé par la Banque mondiale qui apporte un soutien aux parents nécessiteux à condition que leurs enfants soient scolarisés. Plus de 10 millions de citoyens ont profité de ce programme, lancé en mars 2015 avec un budget de 66 millions de L.E. et qui est aujourd’hui à hauteur de 7,5 milliards de L.E. par an. D’ailleurs, elle a mis en place le programme des « enfants sans abris », ainsi que des programmes pour l’autonomisation économique des femmes rurales. Des efforts qui, dans leur ensemble, sont destinés à améliorer les conditions de vie des citoyens. Un parcours de réussite qui a mené Wali à sa nouvelle mission à l’Onu.

Egyptiens à l'Onu, une longue histoire

Boutros Boutros-Ghali : Né le 14 novembre 1922 au Caire et mort le 16 février 2016, il était professeur de droit International, ministre des Affaires étrangères, juriste et politologue. Il a occupé, de 1992 à 1996, le poste du secrétaire général de l’Onu et a aussi été nommé secrétaire général de la Francophonie de 1997 à 2002.

Abdel-Hamid Badawi : Né en 1887 et mort en 1965, ce magistrat éminent a été élu membre de la Cour Internationale de Justice (CIJ, principal organe judiciaire des Nations-Unies) en 1946 et l’a présidée dans la période entre 1955-1958.

Nabil Al-Arabi : Ancien secrétaire général de la Ligue arabe, il a été juge à la CIJ entre 2001 et 2006. Lors de cette période, il a accordé un intérêt particulier à la cause palestinienne et a émis plus d’avis judiciaire sur le statut des territoires palestiniens occupés.

Hazem Al-Beblawi : Actuel directeur exécutif du Fonds monétaire international et ancien premier ministre, il a été nommé vice-secrétaire général de l’Onu de 1995 jusqu’à 2001.

Mahmoud Mohieddine : Ancien ministre de l’Investissement, il occupe le poste de premier vice-président de la Banque mondiale depuis 2016 et son mandat devrait s’achever en janvier 2020.

Mervat Al-Talawi : Ambassadrice et ancienne présidente du Conseil national de la femme, elle a présidé le Comité de la femme à l’Onu en 1993.

Nadia Younès : Une diplomate égyptienne qui a travaillé à l’Onu et l’Organisation mondiale de la santé pendant 33 ans.


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