Semaine du 21 au 27 août 2019 - Numéro 1287
Pour en finir avec l’abattage dans les rues
Alaa Sabet21-08-2019
 
 

Nous devons reconnaître notre échec dans l’éradication du phénomène de l’abattage des animaux de sacrifice dans les rues. La plupart des rues d’Egypte sont devenues un abattoir à ciel ouvert où sont abattus des moutons, des chèvres, des buffles et des vaches. La scène est horrible sur les plans psychologique, environnemental et hygiénique. Sans parler de l’image non civilisée que véhicule ce genre de pratiques. Alors que le gouvernement ouvre les abattoirs gratuitement les jours de la fête non seulement pour éviter l’abattage dans la rue, mais aussi pour profiter des restes d’animaux tout en réduisant la pollution.

Je ne sais pas comment nous pouvons déguster la viande après avoir assisté à ces scènes néfastes. Il n’existe aucun contrôle sanitaire pour s’assurer que les animaux ne sont pas porteurs de maladies et que la viande est propre à la consom­mation.

En fait, l’abattage échappe à tout contrôle. Certains n’hésitent pas à trem­per leurs mains dans le sang des animaux abattus avant de les appliquer fièrement sur les murs et les portes, comme s’ils cherchaient ainsi une béné­diction.

Les étangs de sang et les restes d’animaux restent dans les rues et se transforment rapidement avec cette chaleur d’été en sources de virus et de bactéries dégageant des odeurs nauséabondes. Mais cela n’interpelle personne, tellement nous sommes habi­tués à la laideur. Ces images horribles peuvent rapidement circuler, et tout le monde verra comment on ne fait aucun cas des règles d’hy­giène les plus élémentaires. Et il ne faut pas s’étonner en voyant baisser le nombre de touristes, parce qu’un touriste qui voit ces spec­tacles déconseillera à ses proches et amis de visiter l’Egypte.

Nous devons faire des efforts pour nous débarrasser de ce phénomène non civili­sé. Ce n’est pas une tâche facile, mais elle n’est pas impossible non plus. Promulguer des lois applicables est un pas sur le che­min, mais il n’est pas suffisant. Pour éradiquer le phénomène, il faut surtout sensibiliser les gens. Nous devons orga­niser des campagnes pour expliquer les dangers de cette tradition, afin que les gens réalisent l’ampleur des risques qu’ils encourent. Il faut aussi leur propo­ser des alternatives faciles et accessibles, par exemple, en assurant un abattoir dans chaque quartier. Ensuite, ceux qui sont convaincus devront s’enga­ger dans la poursuite et la dénonciation de ceux qui gar­deront cette pratique, parce qu’il s’agit d’une responsabi­lité collective.

L’abattage des animaux de sacrifice dans les rues est l’un des phénomènes négatifs les plus répandus. Nous devons commencer dès main­tenant pour empêcher qu’il ne se reproduise l’année pro­chaine.

Quiconque tolère ces scènes renonce à son droit à la santé, qui est parmi les droits les plus importants. Nous ne devrions pas laisser notre santé et celle de nos enfants exposées à tous ces dangers et continuer à vivre comme si de rien n’était .



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