Semaine du 21 au 27 août 2019 - Numéro 1287
Un grand homme s’est éteint
  Assaad Eid, directeur du petit collège du Caire des pères jésuites, est décédé le 13 août. Il était très apprécié de ses élèves et collègues.
Un grand homme s’est éteint
Hanaa Al-Mekkawi21-08-2019

« C’était un homme pas comme les autres, un homme qui a vécu pour et avec les autres ». C’est ainsi que l’on a décrit Assaad Ayoub Eid, ancien directeur du Petit Collège du Caire (PCC) des pères jésuites, décédé le 13 août à l’âge de 72 ans. Né en avril 1947, Eid a fait ses études au Collège de La Salle entre 1954 et 1968. En octobre 1968, il est engagé par le PCC en tant que surveillant et professeur de gymnastique pour le primaire. L’année sui­vante, en 1969, il devient enseignant de mathé­matiques et de sciences en plus des cours de gymnastique. Le 10 juillet 1985, Assaad est nommé directeur du PCC, une place qu’il conservera jusqu’au 6 août 2012.

En décembre 2013, il est nommé chevalier d’ordre national du Mérite par la France. En mars dernier, lors des célébrations de l’école à l’occasion de ses 140 ans en Egypte, il est honoré pour avoir passé 45 ans au service de l’établissement.

En tant que professeur ou en tant que direc­teur, Assaad a toujours été apprécié par ses élèves et ses collègues. N’ayant pas d’enfants, il considérait les élèves comme ses enfants, et il a toujours tenu à rester en contact avec eux génération après génération. Son décès a constitué un grand choc.

La Cathédrale greque catholique du quartier d’Al-Fagalla a été envahie par une foule de personnes venues présenter leurs condoléances et jeter un dernier regard sur leur pro­fesseur, ami et collègue. Des délégués des Eglises copte orthodoxe et catholique étaient présents aux funérailles. « M. Assaad était un homme qui a contribué avec générosité et sincérité à l’histoire des Jésuites. Il aimait et croyait au message édu­catif à tel point que celui-ci faisait partie de sa person­nalité. Alors il a tout donné à l’enseignement: son coeur, son âme et sa vie », affirme père Romani, ex-directeur du Petit Collège d’Héliopolis (PCH). L’acteur Mourad Makram, ancien élève de Assaad, a écrit sur sa page Facebook : « J’ai connu cet homme durant une grande partie de mon enfance, il était mon professeur de maths, puis le directeur de mon école. Je lui dois les principes qui m’ont guidé dans la vie ».

« C’était un homme inoubliable et irrem­plaçable. Il était l’ange gardien de notre famille, toujours à nos côtés dans les moments difficiles. Je ne peux pas oublier son regard tendre à un élève venu dans son bureau pour lui signaler une affaire. Sévère, mais modeste, il savait garder ce bel équilibre. Il était comme un père pour les élèves et un frère pour les professeurs et les ouvriers. Il portait leurs soucis et cherchait des solutions effi­caces à leurs problèmes. Il donnait beaucoup sans rien attendre en retour », affirme pour sa part Charbel Hechema, ancien élève. Julia Fayez, qui a travaillé avec lui, affirme qu’il était « le meilleur directeur qu’elle ait jamais vu ». « Il restera pour toujours dans la vie et les coeurs des gens », ajoute-t-elle. Karim Kamal, ancien élève, ne peut pas oublier son sourire et son regard. « C’est lui qui nous a appris la discipline. C’est pour nous une grande perte », conclut-il.


Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire