Semaine du 10 au 16 juillet 2019 - Numéro 1282
Une histoire vieille de 74 ans
  Créée à Paris en 1945 par décret du général De Gaulle, l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) avait pour but de démocratiser l’accès à la haute fonction publique de l’Etat, appelée à recons­truire la France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Une histoire vieille de 74 ans
Le siège de l'ENA à Strasbourg.
Amira Doss10-07-2019

La naissance de l’école visait à mener une réforme administrative et à élaborer le statut de la fonc­tion publique. C’est en 1991 que l’école déménage à Strasbourg. Grâce à des concours, elle assure la sélection objective et transparente ainsi que la for­mation des hauts fonctionnaires. Au fil des ans, les Enarques ont joué un rôle central dans la vie poli­tique française. Quatre présidents dont Jacques Chirac, François Hollande et Emmanuel Macron, huit premiers ministres, de nombreux ministres et secrétaires d’Etat sont passés par cette prestigieuse école et ce, sans compter les diplomates, les préfets et les cadres supérieurs en France.

Depuis 1945, l’ENA a formé plus de 6500 élèves et depuis 1949, 3650 élèves étrangers.

Pour sélectionner ces élèves, l’ENA organise trois concours. Le premier est externe accessible à tous les candidats titulaires d’un diplôme. Un deu­xième concours est ouvert aux candidats possédant au moins huit ans d’expérience professionnelle en dehors de la fonction publique. Et un troisième concours international ouvert aux candidats étrangers. Et même si ce système de concours est le seul garant d’un recrutement impartial et fondé sur le mérite, il est actuellement critiqué.

Jouissant d’un certain prestige, l’ENA est de plus en plus associée à l’élitisme. On dit qu’elle est devenue le symbole d’une nouvelle aristocratie, qui serait décon­nectée de la réalité. Aujourd’hui, le président Macron appelle à une réforme de l’ENA qui, d’après lui, doit refléter plus de diversité sociale et de parité permettant aux élèves issus des classes populaires d’y accéder. En fait, depuis sa création, l’ENA a fait l’objet de plu­sieurs réformes. Le président Mitterrand avait ouvert un troisième concours, qui permet aux membres des syndicats et des entreprises du sec­teur privé, qui désirent occuper des postes dans la haute fonction publique, de se présenter. Pour plus de diversité, les concours étaient également ouverts aux habitants de toute la France, et non seulement de Paris.

Le débat actuel concerne le pourcentage très faible des étudiants issus des classes populaires et qui, d’après le président Macron, ne sont pas suffi­samment représentés.

Selon lui, l’administration française doit être une image de la population. Il faut donc réfléchir, élar­gir, et diversifier les origines sociales et géogra­phiques de l’ENA française .


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